Budget 2021: le déni en terme de politique du logement

Budget 2021: le déni en terme de politique du logement

Retrouvez mon intervention en séance du Conseil de Paris de décembre 2020, dédiée au débat budgétaire

Madame la Maire, Mes chers collègues,

Ce budget traduit une politique du logement dans sa continuité. En effet, rien ne change malgré son inefficacité. On

aurait pu attendre un changement en ce début de mandature, surtout qu’il y a des éléments externes qui se déroulent. Mais, non, rien ne fait évoluer votre politique du logement. Ni la réalité du terrain, parce que l’on voit que 12.000 habitants quittent Paris chaque année depuis 2011, sans compter les fermetures de classes. Ni les changements structurels. Vous avez dû tous remarquer qu’il y a eu le développement du télétravail. Ce mouvement de fond a été antérieur au confinement et s’est bien sûr accéléré avec la crise sanitaire. Mais, là encore, aujourd’hui, on dénombre à peu près 800.000 mètres carrés de bureaux inoccupés, et vous n’utilisez ce dispositif que pour la création d’à peu près 400 logements par an. Nous vous proposons donc d’augmenter et d’accélérer cette transformation de bureaux en logements, et de tripler les objectifs actuels.

Vous ne vous saisissez pas non plus des arsenaux législatifs qui sont à votre disposition. En effet, la loi Elan favorise l’accession à la propriété pour les familles de revenus moyens. Mais, là encore, par idéologie, vous refusez toute accession sociale à la propriété. Nous vous proposons de consacrer à peu près 1 % de vente dans le parc social – cela représente à peu près 2.500 logements – pour justement développer l’accession sociale à la propriété. Je crois que je ne peux même pas parler du montant alloué à l’accession sociale à la propriété dans le parc privé, puisqu’il s’agit à peine de 100.000 euros que vous dédiez à votre dispositif « Paris Logement », qui est un prêt à taux zéro.

Alors, oui, ce budget fait toujours la part belle à la préemption, à hauteur de 148 millions d’euros. Je vous rappelle que la préemption ne crée pas de logement et que vous préférez continuer ce levier, alors qu’à peu près au même montant égal de 148 millions d’euros, on pourrait espérer la rénovation de 5.800 logements. Quand on voit la situation du parc social, je pense qu’on le doit non seulement aux locataires pour améliorer leur cadre de vie, mais aussi pour des raisons de transition écologique, puisque, vous le savez, ce sont des véritables passoires énergétiques.

Ce budget montre aussi, hélas, votre dépendance au dispositif des loyers capitalisés, pour encore un montant de 54 millions d’euros. Notre groupe est constant sur ce sujet puisque nous considérons que d’affaiblir la trésorerie et la capacité d’investissement des bailleurs sociaux, n’est pas une chose raisonnable. Et donc, nous continuerons à le dénoncer.

Je trouve assez cocasse que le groupe de la majorité présidentielle dénonce aussi ce procédé, puisqu’il faut quand même rappeler que, chaque année, ce sont les ministres du Gouvernement « En Marche » qui donnent un blanc-seing à la Maire de Paris pour pouvoir continuer à utiliser ce procédé. C’est pourquoi nous avons du mal à cautionner une telle situation.

Enfin, nous vous proposons aussi de développer un plan de logement intermédiaire et d’axer le logement vers les classes moyennes, donc P.L.S. et P.L.I. Car, souvent, vous avez tendance à trop axer sur du très social dans les catégories P.L.U. et P.L.U.S. Notamment, à ce sujet, nous vous proposons de développer un dispositif qui serait axé sur les agents aussi bien de la fonction publique territoriale et hospitalière. Car, vous le savez, mes chers collègues, les services qui sont rendus aux Parisiens, que ce soit par les policiers, les pompiers, les enseignants ou les soignants, il est temps de passer de la parole aux actes et de passer des applaudissements à des actes concrets, notamment pour aider tout ce personnel et ces agents à se maintenir et vivre à Paris.

Je vous remercie.

Débat sur la conférence du logement

Retrouvez ci dessous mon intervention en Conseil de Paris de juillet 2019 au sujet de la Conférence du logement. Alors que je faisais remarquer que dans ce rapport de 104 pages, il n y avait pas un mot sur les plateformes de locations touristiques, la réalité des sous-locations dans le parc social a rattrapé l’exécutif avec cet article du journal Le Parisien: Logements sociaux loués sur Airbnb : des centaines d’annonces suspectes à Paris

La Conférence du logement à Paris, c’est un satisfecit de 104 pages avec un format assez consanguin!  Et c’est bien dommage!
Il y a beaucoup de satisfactions, mais on voit tout de même un marché du privé toujours aussi tendu. Il y a aussi des habitants, 12.000 exactement en moyenne chaque année, qui quittent la capitale, et des quartiers qui hélas n’ont parfois plus de mixité sociale.
Tout cela se fait au détriment de la classe moyenne, qui petit à petit est invitée à partir en banlieue, ou lorsque les familles grandissent, à s’exiler. Mais, tout ceci hélas est la conséquence de la politique de Mme HIDALGO et de M. BROSSAT, qui ont continué les opérations de conventionnement, 14.000 tout de même, qui continuent leur course effrénée sur la préemption, qui est très coûteuse et ne crée pas de nouveaux logements, sans compter la préemption de non diffus qui est simplement une idéologie.
La production particulièrement déséquilibrée que l’on voit dans cette conférence, à raison de plus de 70 % de P.L.A.I. et de PLUS. En effet, c’est simplement en mettant plus de P.L.S. que l’on arrivera à maintenir la classe moyenne dans la capitale.
A cela s’ajoute une faible rotation des logements sociaux, qui n’aide pas à plus de mixité ou à résoudre les tensions ; aussi, une faible livraison de logements intermédiaires. Je vous rappelle que sous cette mandature, vous aviez un engagement de 3.000 livraisons de logements intermédiaires, or on en est simplement à 10 %, et ce n’est pas avec le conventionnement des logements intermédiaires et des logements libres que petit à petit nous arriverons à cet objectif.
Je voulais attirer votre attention sur deux mots tabous de cette conférence. Il y a 104 pages, et le premier mot tabou c’est l’accession sociale à la propriété. Il n’apparaît, pour être honnête, qu’une seule fois dans le cadre de l’O.F.S., nous venons d’avoir un débat, je ne reviendrai pas dessus. Je vous rappelle que la loi Elan donne la possibilité aux bailleurs sociaux de vendre des logements aux locataires du parc social et que cela, vous ne le souhaitez pas, malgré plusieurs tentatives dans cet hémicycle. Vous avez toujours refusé les vœux qui permettraient cette accession sociale à la propriété.
Il y a aussi un autre mot tabou, je trouve assez étrange d’arriver à faire 104 pages sans parler des plateformes de location touristique. On sait que c’est un véritable problème. Quand on parle d’orientations, on pourrait avoir un paragraphe dédié. Même si l’on n’en parle pas pour le logement privé, c’est un problème dans le parc social de la Ville de Paris. Il y a hélas des logements du parc de la Ville qui se retrouvent sur ces plateformes.
Je dénonce le fait que la Ville ne puisse pas muscler plus ses effectifs pour le contrôle des irrégularités, parce que c’est pour moi la seule marge de manœuvre que nous avons pour lutter sur toutes les dérives des plateformes de location touristique.
Nous avons déposé un vœu pour essayer d’améliorer ces orientations pour annuler d’abord les conventionnements, relancer le logement intermédiaire pour la classe moyenne, doubler le plan de transformation des bureaux en logements, et puis utiliser le fonds dédié à la préemption, à l’accélération de la réhabilitation des ensembles sociaux. 2060 pour arriver à une réhabilitation, cela fait loin.
Nous souhaitons en effet flécher cet argent, qui était dédié à la préemption, sur la rénovation du Plan Climat et cela rejoint ce que nous avons débattu lundi sur l’urgence climatique. Merci.

Prévenir les dégradations dans les résidences de logements sociaux

Prévenir les dégradations dans les résidences de logements sociaux

Tout d’abord, cette délibération « Réparer et Embellir » tombe à pic puisqu’elle est débattue en même temps que le budget 2019. Je voulais faire un parallèle entre la capitalisation des loyers, que nous avons eue l’occasion de mentionner tout à l’heure lors d’un débat, qui rapporte encore 155 millions d’euros pour combler le trou du budget, et de l’autre côté, cette délibération d’un montant de 14,5 millions d’euros qui a pour objet de faire des rénovations dans le parc social.

Je voulais souligner cette hypocrisie qui, à ce même Conseil, cumule, d’un côté, cette capitalisation des loyers pour le montant de 155 millions d’euros, et d’un autre côté, 14,5 millions d’euros, soit à peine 10 % du montant. Dans ce même Conseil de Paris, finalement, lors du vote du budget, vous compromettez la qualité de vie des locataires que vous prétendez, par ailleurs, vouloir défendre à travers cette délibération.

Cette parenthèse étant fermée, je voulais souligner l’importance de protéger aussi ce qui a été « Réparer et embellir ». En effet, cette délibération traite de rénovation et d’embellissement. Mais voilà, il se trouve aussi qu’il y a des résidences dans le logement social où la dégradation a lieu alors que les rénovations n’ont pas encore été totalement terminées.

Je prends pour exemple la résidence Erard Charenton, très illustratrice de cette situation. D’un côté, il y a un large projet de rénovation, de l’autre, au fur et à mesure que la rénovation est effectuée, il y a des dégradations en raison d’un manque de sécurité, notamment à l’accès à la résidence et à ses parties communes.

Cambriolages, agressions, vols à l’arraché, intrusions, squats, deals, multiples incivilités, non-respect du règlement intérieur, tout ceci est le lot quotidien des locataires dont le cadre de vie se dégrade.

C’est pour cela que j’ai déposé un vœu pour faire en sorte que l’enveloppe soit aussi destinée, en concertation avec les locataires, à des projets de sécurisation des résidences de logements sociaux, et aussi à l’installation d’une enveloppe pour le déploiement de la vidéo-protection. Merci.

Retrouver mon pour  voeu pour améliorer la sécurité des accès de la résidence Erard Charenton et le déploiement de la vidéo protection

 

 

Budget 2018, une politique du logement toujours aussi néfaste

Mon intervention en Conseil de Paris du 11,12 et 13 décembre 2017

En matière de politique du logement, ce budget 2018 incarne votre marque et puisqu’il se situe à mi-mandat, prolonge également un bilan aux effets désastreux, et auquel vous donnez cette année encore une impulsion toute aussi négative.
Un constat s’impose : vous avez organisé la pénurie du logement à Paris.

C’est une politique principalement ciblée sur le tout social, au détriment de  ce qui concourt à la prospérité et au rayonnement d’une capitale : une offre à la location comme à l’achat  répondant notamment à la demande des classes moyennes.

Ceci est vérifiable à travers 3 axes durs de votre politique :

-1er axe : toujours plus de préemptions couteuses, d’achats de logements occupés. Les chiffres parlent d’eux-mêmes, ce sont les vôtres, avant que vous ne décidiez de nous priver pour préparer convenablement ce débat, de « Bleu budgétaire Logement »  Le  montant des acquisitions immobilières a explosé entre 2014 et 2017, passant de 71 à 180 millions, et en 2018  sur 174 millions de compte foncier,  vous prévoyez au moins 142 millions pour les préemptions de logements.
Je n’oublie pas le droit de préemption urbain renforcé –vieille recette communiste d’après- guerre-pour imposer comme vous l’avez si bien défini-« la mixité sociale à l’échelle de la cage d’escalier » et imposer une gestion de logement social au sein de copropriétés privées, tout est bon pour décourager les investisseurs et déstabiliser le marché immobilier.

-2e axe : toujours plus de conventionnements de logements libres au sein du parc social, vous avez ainsi intensifié ces opérations, plus de 10 000 depuis 2014, et encore 2600 à cette séance, notamment  dans le 12e, des conventionnements qui ne créent pas un seul logement supplémentaire pour les parisiens, et qui accélèrent le départ des classes moyennes de la capitale.
La 2eme étape de ces opérations, tout aussi critiquable, c’est que vous imposez  aux bailleurs  de capitaliser les loyers sur 60 ans , permettant à la Ville pour renflouer le dérapage constant de son budget de fonctionnement, alors qu’il s’agit en fait de recettes d’investissement,  d’encaisser plus  de 860 millions sur trois exercices budgétaires, incluant celui de 2018 qui vous rapportera 225 millions. Il n’y a pas que la baisse des APL du gouvernement qui pénalisent les bailleurs votre politique aussi.
Cette fuite en avant irresponsable comporte  des effets particulièrement dommageables pour les bailleurs de la Ville et pour les locataires du parc, car vous privez les bailleurs d’une trésorerie et d’une capacité d’emprunt  pour investir efficacement au service de la qualité de vie du parc social et de ses locataires.

-3eme axe : toujours plus de financements déséquilibrés de logements très sociaux.
A cet égard, cette séance est très illustrative, je dirai même « collector », c’est du 80% de production de logements très sociaux contre 20% de PLS,  et seulement 126 logements intermédiaires pour vous donner bonne conscience, alors que le PLH prévoyait 3000 logements sur la mandature, on est bien loin du compte !
Quant à l’accession sociale à la propriété elle est quasiment au point mort et les échanges d’appartements dans le parc social sont bloqués avec un taux de rotation qui stagne à 4,5%
Je ne résiste pas à vous livrer les propos d’un maire d’une  ville de 52.000 habitants, tout proche de Paris, qui dit les choses  clairement surtout sans démagogie, et dont vous devriez vous inspirer pour infléchir en profondeur votre politique :
«  Il faut arrêter de penser que plus on fait du logement social, plus on protège les gens. C’est l’inverse : plus on en fait, plus on favorise la pénurie de logements privés, et donc les loyers du parc privé explosent ».

Et j’ajouterai  l’analyse complémentaire de la Fondation Abbé- Pierre, peu suspecte de positionnement anti-logement social, qui estime que « faute de logements intermédiaires, le social est embouteillé, les gens ne pouvant en sortir, tout se bloque et les parcours résidentiels ne peuvent se faire » !

Alors, il est grand temps de changer de politique du logement pour répondre enfin à cette priorité des parisiens, par des dispositifs équilibrés, bien gérés  et correspondant aux réalités des arrondissements.