je tiens à commencer cette intervention en insistant clairement sur un point : il ne s’agit en aucun cas de remettre en cause le travail des agents de la Ville. Je sais leur engagement et leur présence sur le terrain, souvent dans des conditions difficiles. Ce que je remets en cause, ce n’est pas leur implication, mais bien les choix politiques qui les encadrent. Trop souvent, dès que l’on parle de dysfonctionnement en matière de propreté, on nous répond que nous stigmatisons les agents. C’est une posture facile, injuste et contre-productive, car dans toute organisation, même avec des personnels de bonne volonté, si le management est défaillant, s’il n’existe ni plan de carrière, ni politique de reconnaissance, ni évaluation objective, alors, les services manquent d’efficacité. Ce n’est pas une critique envers les agents, c’est une exigence envers nous, élus, qui devons leur donner les moyens de réussir.
Aujourd’hui, dans le 12e arrondissement, la situation de la propreté est très préoccupante. Les habitants nous alertent quotidiennement : dépôts sauvages, encombrements, présence accrue de rats, poubelles débordantes ou absentes. Pourtant, nous savons qu’avec une vraie volonté, un haut niveau de propreté est possible. Nous l’avons vu lors des Jeux Olympiques et Paralympiques. Il est temps que la Ville engage une vraie introspection, que l’on arrête de se satisfaire d’outils comme « DansMaRue », certes utiles, je le précise, mais qui ne suffisent plus. Nous devons franchir une étape supplémentaire, passer à une gestion réellement territorialisée dans la pratique, modernisée, avec des capteurs, des dispositifs connectés, un suivi en temps réel, bref, mettre la technologie au service du service public.
Ce vœu que nous portons vise à enclencher une refonte indispensable pour redonner aux agents les moyens d’agir et aux Parisiens la qualité de vie qu’ils méritent.
Le projet de transformation Netter aura un impact majeur sur la circulation du 12e arrondissement de Paris, en particulier sur les avenues Arnold Netter, Michel Bizot et les rues adjacentes.
Je rappelle que, parallèlement, l’augmentation du risque de congestion sur les axes majeurs, tels que l’avenue de Saint-Mandé ou encore le boulevard Picpus, pourrait compromettre la circulation des véhicules de sécurité et de secours, allongeant ainsi le temps d’accès à l’hôpital Rothschild, à l’hôpital Armand Trousseau et aux maternités environnantes.
Aucune étude d’impact claire et accessible au public n’a été communiquée. Ce projet a été élaboré sans concertation suffisante avec les habitants, les commerçants et les usagers. Quelques réunions que vous avez réussi à faire depuis le dépôt de ce vœu ont été obtenues aux forceps avec les riverains des rues les plus mobilisées autour de l’hôpital Trousseau. Cependant, qu’en est‑il de tous les autres ?
Lorsque nous avons eu ce débat en conseil d’arrondissement, Mme la Maire du 12e arrondissement m’a affirmé que tout allait bien et que la grande majorité des habitants du 12e arrondissement étaient pleinement satisfaits du projet. Madame la Maire, je vous invite à aller véritablement voir les habitants, car ils ne sont pas informés du projet ou sont vent debout.
Je ne pourrai pas relayer en deux minutes toutes les préoccupations et mécontentements, mais une commerçante très illustratrice m’a dit qu’elle reçoit à peu près 280 clients par jour, soit un panel significatif à l’échelle du quartier, et elle m’expliquait à quel point les gens sont mécontents.
Je vous invite aussi à lire les comptes rendus des conseils de quartier Bel-Air Nord et Vallée de Fécamp. Ils sont éloquents à ce sujet. Les conseils de quartier s’étonnent de l’impact de ce projet sur la circulation de l’ensemble du secteur et de ne pas avoir été consultés en amont de ce dossier. Ils demandent notamment de suspendre l’application des nouvelles modifications annoncées le 22 janvier, mais aussi de mettre en cohérence les différents projets en cours et de simuler leurs effets avant exécution. Vous savez que, des projets en cours, il y en a beaucoup.
Pour toutes ces raisons, nous vous demandons de suspendre la mise en œuvre du projet et de ne pas lancer les projets prévus en avril 2025. Nous demandons que ce projet retenu, en raison de l’impact structurant sur le quartier, fasse l’objet d’une votation municipale afin d’assurer une réelle consultation des habitants. Vous faites des votations souvent sur des questions très floues. En l’occurrence, il y a un projet défini. Pourquoi ne pas le soumettre, en effet, à la population ?
nous avons toujours défendu que le site de la gare de Bercy n’était pas du tout adapté au trafic actuel. Le parc de Bercy est devenu un hall de gare, ce n’était pas sa vocation, avec toutes les nuisances que cela implique, puisque les pelouses sont dévastées. Bien sûr, tout le site manque cruellement d’entretien, que ce soit au niveau de l’insalubrité des toilettes ou encore de l’ensemble du nettoyage, avec les nombreux graffitis qui s’y trouvent et la salle d’attente, qui n’est pas du tout adaptée.
La Ville de Paris a demandé aux compagnies, aux opérateurs, de déménager de la porte Maillot pour atterrir dans le quartier de Bercy, mais c’est vrai qu’il n’y avait eu jamais une étude d’impact pour anticiper les flux que cela allait engendrer. C’est pour cela que, dans un premier temps, nous vous demandons que l’Inspection générale enquête sur la gestion du parc de stationnement Bercy-Seine par la S.A.E.M.E.S., notamment sur les missions de maintenance et de nettoyage pour savoir exactement quelles compétences sont déployées entre les trois parties.
Aussi, puisque vous avez annoncé, Monsieur le Premier adjoint, que la gare serait fermée après les Jeux Olympiques, « quid » de ce qu’il va se passer avant et pendant les Jeux Olympiques ? Il y aura un afflux de touristes et d’usagers encore plus important, et des mesures doivent être prises pour permettre l’accueil de tous ces touristes, mais aussi pour garantir une amélioration de la situation cette année pour les riverains. Dans ce cadre, nous vous demandons que la Ville de Paris, la S.A.E.M.E.S. et les compagnies d’autocar présentes à Bercy, c’est-à-dire Flexibus et BlaBlaBus, concluent une convention tripartite définissant le rôle de chacune des parties dans l’amélioration et dans l’entretien de la gare routière dans la perspective de l’accueil des visiteurs pour les Jeux Olympiques.
J’ai envie d’ajouter, Monsieur le Premier adjoint, que votre annonce n’est pas une fin en soi, puisque se pose la question de l’avenir pour les bus longue distance à Paris. Paris sera-t-elle la seule capitale d’Europe à ne pas proposer des voyages en bus ? Ils permettent, je le rappelle, de voyager à des prix abordables pour de nombreux usagers.
Mes chers collègues, Madame la Représentante de M. le Préfet, je souhaite vous alerter sur l’absence de plan de mobilité global dans le 12e arrondissement de Paris. Les aménagements de voirie sont fréquemment modifiés sans une vision globale, sans prendre en compte les conséquences sur les flux de trafic et les engorgements qui en résultent dans nos rues.
Je tiens à souligner que les élus du groupe Changer Paris du 12e arrondissement reconnaissent l’importance de limiter la place de la voiture pour un partage équilibré de l’espace public. Cependant, nous envisageons cette réduction de manière équilibrée, cohérente et pragmatique. Le souci, dans le 12e arrondissement, c’est que les aménagements actuels semblent uniquement motivés par une idéologie anti-voiture sans discernement, négligeant ceux qui n’ont pas d’alternative, que ce soient les personnes à mobilité ou à autonomie réduite, les familles ou les commerçants et les artisans.
Les conséquences de ces changements se ressentent dans certains quartiers, avec une augmentation du trafic, des embouteillages, des conflits d’usage qui nuisent à la qualité de vie des résidents. Ces préoccupations sont également partagées par le conseil de quartier qui, je cite, « demande que les évaluations soient faites des modifications de circulation après adaptation des usages avant d’entreprendre de nouveaux aménagements ». Un nouveau plan de circulation affectant directement le quartier semble avoir déjà été élaboré en secret par les services.
Je tiens particulièrement à souligner les problèmes d’accès aux différents hôpitaux du 12e arrondissement, tels que Saint-Antoine, les Quinze-Vingts ou encore l’hôpital Rothschild. Même si de nombreuses rues concernées ne relèvent pas directement des compétences de la Préfecture, je tiens à préciser que l’accumulation, et j’insiste sur ces termes, l’accumulation et la multiplicité des modifications sur les axes secondaires affectent l’ensemble du réseau, y compris les grands axes sous la responsabilité préfectorale.
Ce sont pour toutes ces raisons, Madame la Représentante du Préfet, que nous vous sollicitons pour émettre un avis sur les aménagements de circulation sur les voies secondaires qui ont un impact direct sur les axes essentiels qui relèvent de votre compétence, décider le cas de la mise en place d’un plan de circulation à l’échelle du 12e arrondissement qui s’appuierait sur une étude d’impact global et qui assurerait des aménagements harmonieux ainsi qu’une pacification de la circulation, tout en favorisant un partage équilibré des espaces.
Question orale relative aux mobilités dans le quartier Jardin de Reuilly
Présentée par Valérie MONTANDON et les élus du groupe Changer Paris 12 au Conseil d’arrondissement du 17 mai 2022.
La fermeture de plusieurs rues et les changements de circulation réalisés dans le quartier « Jardin de Reuilly » ont engendré plusieurs désagréments pour les riverains et les commerçants.
Une pétition a interpelé la Maire du 12ème sur des nuisances telles que l’engorgement de certaines rues en raison des reports de la circulation, l’augmentation de la pollution sonore et atmosphérique causée par les ralentissements et redémarrages des véhicules. Elle a déjà rassemblé 780 signatures au moment de la rédaction de cette question.
La fermeture de la rue Dubrunfaut a aussi provoqué les désagréments suivants :
le stationnement sauvage et récurent devant la barrière de fermeture de la rue Dubrunfaut engendre une difficulté pour manœuvrer et effectuer des livraisons dans le quartier ;
les usagers de scooter qui contournent la fermeture de la rue en passant sur le trottoir entrainent un conflit d’usage ;
certains commerçants estiment subir une baisse de chiffre d’affaires liée à cette fermeture.
Madame la Maire, comment envisagez-vous de prendre en compte les préoccupations ainsi que les propositions des commerçants et riverains impactés par l’ensemble des fermetures et modifications de circulation afin de pouvoir améliorer la situation dans le quartier Jardin de Reuilly ?
Illustration des conflits d’usages engendrés par la fermeture de la rue Dubrunfaut
Retrouvez mon intervention relative au rapport de la CRC concernant la prévention et le collecte des déchets à Paris
La Chambre régionale des comptes a rendu un rapport sur la prévention et la collecte des déchets. Ce que l’on peut voir, c’est que le rapport est assez sévère. Mais ce rapport, surtout, fait un effet de loupe sur la mauvaise gestion de la Ville de Paris, sur trois volets : tout d’abord, sur la gestion des ressources humaines ; ensuite, sur l’état des finances ; enfin, sur la politique en matière de propreté et environnementale.
On voit bien que la Ville a deux problèmes au niveau de la législation. En effet, elle a un problème avec la loi parce qu’elle était censée mettre en place une comptabilité analytique, et elle ne l’a pas fait. Cette comptabilité analytique aurait permis de vérifier et d’évaluer l’efficacité de la politique publique, et de suivre les coûts. Mais vous ne l’avez pas mise en place. Et aujourd’hui, on est dans l’ incapacité d’évaluer le travail des agents. Evaluer, c’est aussi définir des plans de carrière, augmenter la motivation des agents. Mais, l’évaluation, vous ne pouvez ni la faire pour vérifier les coûts, ni la faire pour vérifier l’efficacité de votre politique, ni non plus pour motiver vos agents. Il y a aussi un problème de conformité avec la loi par rapport au temps de travail. A ce sujet, il est vrai que cela ne concerne pas simplement les services de la propreté, puisque c’est l’ensemble des services de la Ville pour lesquels vous n’êtes pas en conformité concernant le temps de travail.
Deuxième effet de loupe : sur la gestion. Là encore, comme vous le savez, la collecte des déchets a lieu à moitié par la régie, c’est-à-dire gérée par la Ville directement, et l’autre moitié par des prestataires extérieurs. Le rapport montre aussi que les coûts engendrés par la Ville sont supérieurs à ceux des prestataires privés. A plusieurs reprises, notre Groupe vous a demandé d’avoir une étude et une réflexion sur comment optimiser ces coûts et peut-être, d’ailleurs, sur une externalisation plus importante. Mais, vous l’avez toujours refusé.
Enfin, toujours concernant la gestion, vous savez qu’il y a la taxe d’enlèvement des ordures ménagères. Le montant collecté est supérieur entre 7 % et 11 % au montant qui est alloué aux missions de collecte des déchets. J’ai envie de vous dire : si, en matière de propreté et de collecte, la Ville était irréprochable, cela ne poserait peut-être pas de problème. Mais, lorsque l’on sait que le montant est significatif – par exemple, en 2020, ce sont 74 millions d’euros qui sont concernés, donc collectés en plus par rapport à l’argent qui est alloué à cette mission – ce n’est pas concevable. Cet argent aurait dû être fléché à l’amélioration de la collecte des déchets. Mon collègue David ALPHAND reviendra sur ce point de façon plus précise.
Enfin, dernier volet que ce rapport démontre, ceux sont les lacunes, notamment en matière environnementale. Le rapport fait état qu’il n’y a pas de mise en place d’indicateurs qui permettraient d’évaluer les objectifs fixés. Le rapport pointe aussi qu’il y a eu, certes, un amorçage de la réduction du nombre de déchets, mais, à partir de 2016, c’est reparti à la hausse. Comme par hasard, ce sont un peu les effets de la politique de Mme HIDALGO. Quoi qu’il en soit, il y a une loi qu’il va falloir respecter de nouveau : c’est celle du 10 février 2020, qui est en rapport avec la lutte contre le gaspillage et l’économie circulaire. Nous espérons
que la Ville de Paris puisse notamment accélérer la gestion des biodéchets et leur valorisation pour se mettre en conformité avec la loi.
En guise de conclusion, j’ai envie de vous dire que si vous n’avez pas su vous mettre en conformité avec la gestion des ressources humaines et avec la comptabilité analytique, nous espérons au moins que vous pourrez vous mettre en conformité avec cette loi aux enjeux environnementaux, et ce, d’ici le 31 décembre 2023 qui est la date limite!