Pour la modernisation de la vie politique 

Un changement de cap

Le quinquennat de François Hollande aura été marqué par l’absence de trajectoire, mais aussi l’incohérence voire des rétropédalages en tout genre nous appelle à entamer un changement de cap.

L’affaire Léonarda, l’amateurisme dans la gestion du conflit sur la construction de l’aéroport Notre Dame des Landes et plus récemment les commandes de TGV dont le pays n’a pas besoin démontrent que c’est l’incompétence qui guide chaque action, chaque projet de loi et chaque déclaration.  Comment des ministres ou certains parlementaires peuvent-ils prendre des mesures en si grand décalage avec la réalité économique et sociale ?

Un changement de génération

Il faut préciser que le Président, le premier ministre, les deux tiers du gouvernement, 55% des députés, une large majorité des élus des collectivités locales sont issus de la fonction publique. Je peux en témoigner et prendre pour exemple mon arrondissement : 60 % des élus du 12ème arrondissement de Paris ont pour origine professionnelle la fonction publique.

Je tiens à préciser que je respecte entièrement le travail effectué par les fonctionnaires et la qualité du service public dans bien des domaines. Mais je m’interroge comment une part aussi grande de nos élus issus du secteur public peuvent représenter les français issus en majorité du secteur privé ou de la société civile, et comprendre les mécanismes de l’économie réelle ?

Il est indispensable de créer une passerelle entre ces deux sphères. Le monde politique est trop éloigné des préoccupations du secteur privé. Et le monde de l’entreprise qui est stigmatisé par les élites et qui subit une pression fiscale et administrative en crescendo, devient de plus en plus méfiant du politique.

Ces deux mondes doivent se décloisonner et apprendre à travailler ensemble. Cela repose sur une révision du statut de l’élu afin que nos représentants puissent facilement passer d’une sphère à l’autre, sans que ce soit le parcours du combattant ! Un élu issu de la fonction publique peut récupérer sans aucun problème son poste une fois son mandat électif terminé. Une égalité de traitement s’impose. Le monde politique se prive ainsi de compétences et d’une ouverture sur le monde l’entreprise, beaucoup plus au fait des réalités, des enjeux et des innovations de notre temps.

Un changement des règles

La loi sur le non cumul des mandats entrée en vigueur me paraît être une bonne loi, elle permet un renouvellement du personnel politique indispensable à la bonne santé d’une démocratie.

Je pense qu’il faut aller plus loin et limiter le cumul des mandats dans le temps en empêchant à un élu ayant déjà exercé deux mandats dans l’exécutif d’une collectivité d’en briguer un troisième. Encore une fois, cette mesure permettra de renouveler les profils, les méthodes et les idées en politique !