Violences sexuelles dans le périscolaire : nous demandons l’ouverture d’une enquête administrative

Violences sexuelles dans le périscolaire : nous demandons l’ouverture d’une enquête administrative

Avec ma collègue Inès de Raguenel, nous avons rappelé que ce drame n’est pas isolé : depuis 2019, plusieurs affaires similaires ont éclaté.
Nous soulignons que la Ville, en tant qu’employeur, a le devoir absolu de protéger les enfants.
Nous avons demandé à Anne Hidalgo de saisir l’Inspection générale de la Ville afin d’ouvrir une enquête administrative sur les violences sexistes et sexuelles dans le périscolaire parisien.
Objectif : identifier les failles et proposer des solutions concrètes.
Vous trouverez ci-joint le courrier adressé à la Maire de Paris cet été.

Associations et financements publics : l’exigence du respect républicain

Madame la Maire, mes chers collègues, nous avons une responsabilité : garantir que les financements publics versés aux associations respectent les fondements mêmes de notre République. Le tissu associatif parisien est une richesse, un levier formidable d’engagement, de solidarité et de culture. Cette confiance ne peut exister sans cadre, car, oui, certaines dérives existent : propos contraire des lois de la République, visuels provocateurs, ou encore actions en rupture avec les principes de neutralité que nous devons à nos concitoyens, en particulier pour les plus jeunes.

L’épisode récent de l’affiche controversée de la Marche des fiertés illustre la nécessité d’instaurer un cadre clair. Ce visuel, à la fois violent et porteur de symboles choquants, a été perçu comme une incitation à la violence, portant atteinte à la dignité et aux principes qui fondent notre Pacte républicain.

Plus inquiétante encore était la cacophonie totale au sein de la majorité municipale. Certains élus ont condamné l’affiche, d’autres l’ont soutenue mordicus. Ce double langage, cette ambiguïté permanente, fragilise aussi le Pacte républicain et la parole publique qui ne doit souffrir d’aucune ambiguïté sur ces sujets.

A l’image de la Région Île-de-France, nous proposons la mise en place d’une charte obligatoire. J’insiste aussi sur le caractère obligatoire, des valeurs de la République et de la laïcité pour toutes les associations subventionnées par la Ville de Paris. Cette charte devra garantir le principe de laïcité, la lutte contre toutes les formes de discrimination ou de séparatisme. L’adhésion explicite au principe de notre République, notamment l’égalité entre les hommes et les femmes. C’est une mesure de bon sens, de cohérence et de respect des valeurs qui nous rassemblent.

Nous demandons que cette charte devienne préalable à tout soutien municipal et qu’en cas de non-respect, la Ville puisse suspendre son financement.

Je vous remercie.

Sport à Paris : entre rêves olympiques et réalité du quotidien

Sport à Paris : entre rêves olympiques et réalité du quotidien

Mes chers collègues, le sport n’est pas qu’un loisir, c’est un pilier de la santé publique, un facteur de cohésion sociale et un rempart contre la sédentarité. Ses bienfaits sont nombreux et reconnus, vous le savez : ils réduisent les risques de maladies chroniques, renforcent l’immunité, améliorent le sommeil et préservent l’autonomie à tout âge. Le sport est aussi un allié de santé mentale, il aide à lutter contre le stress, l’anxiété, la dépression et renforce l’estime de soi.

Dans un monde saturé d’écrans, il offre une alternative concrète et humaine. Enfin, le sport crée du lien, du lien social, il rassemble, inclut et construit des ponts entre générations, milieux et cultures.

A Paris, il y a la communication et la réalité. Les Jeux olympiques et paralympiques ont fait rêver. Pendant un mois, les images, les promesses, les paillettes, mais une fois la fête terminée, c’est le dur retour au quotidien du sport de proximité pour les Parisiennes et les Parisiens. La réalité, ce sont : des créneaux sportifs saturés, des associations contraintes de refuser des inscriptions faute de place, et notamment dans le rugby, des équipements et des terrains insuffisamment entretenus, des parcours pas assez sécurisés qui découragent la pratique, notamment celle des femmes, et des piscines vieillissantes, souvent fermées.

Je voulais faire un focus particulier sur les piscines. Prenons l’exemple du 12e arrondissement, avec 140.000 habitants et seulement deux piscines. L’une d’elles, la piscine Jean Boiteux, est régulièrement fermée, que ce soit pour travaux, pour problèmes techniques ou pour grèves. Elle était d’ailleurs encore fermée ce week-end. Les usagers sont à bout. Pour couronner le tout, souvent, ces fermetures inopinées ne sont pas signalées sur le site, si bien qu’il y a des déplacements pour rien, encore et encore.

Créer une nouvelle piscine dans le 12e, c’est une promesse de campagne de 2001. Nous sommes aujourd’hui en 2025, soit un quart de siècle, et la promesse de campagne a été oubliée au fond du bassin. Quel manque total de vision ! Cela devient criant en période de canicule, où les piscines peuvent apporter de la fraîcheur aux Parisiens. Les températures ont baissé aujourd’hui, mais nous risquons d’autres vagues de chaleur dans les semaines à venir, et toujours plus fortes au fil des années, et vous le savez.

Nous voyons venir les canicules, mais comment anticipez-vous ? Huit piscines fermées sur les 41 municipales, aucune extension des horaires classiques. C’est pourtant censé être prévu dans votre stratégie « Paris Frais ». Avec mes collègues du groupe Changer Paris, nous avons écrit à la Maire de Paris pour organiser une réponse adaptée et au plus vite.

Ce manque de vision se retrouve d’ailleurs dans Paris, mais sur d’autres sujets que les piscines. Prenons le débat de la petite ceinture. Vous avez toujours eu une vision fragmentée et parcellaire de son potentiel. Pourquoi ? Parce que vos partenaires communistes veulent à tout prix conserver une réversibilité ferroviaire, au cas où, vous allez me dire, nous relancerions des trains. La petite ceinture pourrait pourtant devenir, dans sa totalité, un véritable espace sportif de proximité, mais, faute d’ambition, elle reste sous-utilisée.

La mission d’information et d’évaluation des bois de Boulogne et de Vincennes a fait un travail sérieux sur le sujet du sport, puisque c’est un usage important dans le bois, notamment en auditionnant les acteurs du terrain. Ses préconisations étaient claires : la mise en valeur de terrains sportifs, avec des expérimentations sur des titres de pelouse, qui permettrait de mieux accueillir les sportifs ; la mise en place d’un éclairage intelligent, respectueux de la biodiversité, afin d’étendre les horaires d’accès aux équipements sportifs ; et, enfin, développer dans les bois des parcours sportifs.

Pourtant, un an après, aucune de ces recommandations ne semble aujourd’hui mise en œuvre.

Pendant ce temps, notre groupe Changer Paris, autour de Rachida DATI, n’a pas attendu pour être force de proposition.

Voici les vœux que nous avons portés et qui ont été rejetés.

  • En octobre 2024, création de partenariat entre les écoles et les clubs sportifs, rejeté.
  • En décembre 2020, lutte contre le prosélytisme religieux dans le sport, rejeté.
  • En juin 2025, création de la maison « Sport Santé », rejeté.
  • En novembre 2024, généralisation des parcours « Handi-rando » et adaptation P.M.R. pour toutes les courses à pied, rejeté.
  • Demande de créneaux réservés aux personnes en situation de handicap, rejetée.
  • Même vœu pour proposer, dans les E.H.P.A.D., des consoles de jeux, notamment « e-sport », adaptées aux seniors, rejeté.

A défaut d’un véritable plan d’investissement sportif qui aurait dû être lancé en début de mandature, nous avons donc une belle communication en fin de mandature. Le sport, ce n’est pas que la lumière une fois tous les quatre ans. C’est un effort constant, quotidien, pour rendre la Ville plus juste, plus saine, plus viable. Cet effort, mes chers collègues, vous l’avez trop souvent laissé sur le banc.

 

Centre d’hébergement d’urgence

Le projet de délibération soumis à ce vote concerne, en effet, la signature d’une convention d’occupation du domaine public entre la Ville de Paris et l’association « Cité Caritas », pour l’usage de l’annexe de l’ancien lycée Théophile Gautier, situé au 49, rue de Charenton, dans le 12e. Ce site, qui est propriété de la Ville, a été fermé à la rentrée 2023 par la Région Île-de-France pour des raisons structurelles et de sécurité, avant d’être officiellement désaffecté par arrêté préfectoral en mai 2024.

Je voulais apporter quelques précisions.

Il est important de rappeler que cette fermeture, régulièrement mentionnée dans le projet de délibération, résulte de constats objectifs. Le site présentait de graves insuffisances : absence d’ascenseur, non-conformité P.M.R., installation de restauration inadaptée et une configuration générale empêchant toute autonomie de fonctionnement. Parallèlement, la Ville continue de perdre des habitants et des élèves. Les chiffres de la démographie sont, hélas, sans appel. La Région a donc fait le choix responsable de réaffecter les élèves vers des établissements mieux adaptés.

Concernant les travaux d’aménagement du centre d’hébergement d’urgence, ceux-ci ont généré de nombreuses nuisances pour l’école voisine. La communauté éducative et les parents ont été particulièrement mobilisés. Des incohérences ont été relevées : des plans d’évacuation sans escalier, une réduction des ouvertures plus importante que prévu dans certaines classes, ou encore la diminution du nombre de classes allouées à l’école.

Si la situation semble aujourd’hui stabilisée, avec mon collègue Franck MARGAIN, nous regrettons le manque de garanties sur le suivi de l’équipement et sur les modalités de sa gestion. Nous avons, en effet, longtemps été interpellés par les différents acteurs pendant l’installation des travaux du centre. Ils nous ont fait part des améliorations ayant été réalisées, mais nous attirons votre attention sur la nécessité d’obtenir des garanties concernant la gestion future.

Enfin, la durée de la convention, fixée à 10 ans, nous interpelle. Elle nous semble particulièrement longue pour un centre d’hébergement d’urgence dont la vocation est, par définition, temporaire et adaptable. L’argument avancé, fondé sur les montants d’investissement réalisés, ne nous paraît pas entièrement convaincant.

D’autres structures comparables, notamment l’exemple de la convention « Adoma-Porte Dorée », montrent que ces conventions sont souvent de courte durée, renouvelables, alors que les investissements de départ étaient beaucoup plus importants, puisqu’il s’agissait de construire un immeuble en entier. Cette souplesse aurait permis, par exemple, de mieux concilier l’engagement associatif et le pilotage public.

Nous allons voter favorablement ce projet de délibération, car nous reconnaissons l’intérêt social de ce projet. Néanmoins, nous attirons votre vigilance sur tous les points évoqués précédemment.

Je vous remercie.

 

 

L’école, lieu d’unité, pas d’idéologie


À Paris, la majorité municipale ne cherche plus à convaincre par des résultats concrets — propreté, sécurité, cadre de vie — mais préfère afficher des symboles. C’est le cas à l’école Lamoricière, dont le nom sera remplacé par celui de Léonie Wanner et Robert-Jean Longuet.

Il est légitime d’interroger certaines figures du passé. Le général Lamoricière joua un rôle central dans la conquête coloniale, marquée par la répression et la brutalité. Il ne s’agit pas d’occulter les violences de cette époque. Il servit son pays dans le contexte de son temps, avec ses contradictions. On ne peut pas en dire autant du duo choisi, dont les engagements furent idéologiques, parfois hostiles à la nation. Wanner, militante communiste, subordonna les intérêts français aux causes révolutionnaires internationales. Longuet, intellectuel d’extrême gauche, exprima souvent sa défiance envers la France.
Ce ne sont pas des choix qui rassemblent. Ce sont des marqueurs partisans projetés sur deécoles dédiées à l’éducation, au civisme, à l’universel.
Ce que nous dénonçons également, ce n’est pas le changement de nom en soi, mais le prisme de la repentance. À ne voir que l’ombre, on efface aussi la lumière, et avec elle, la fierté, la transmission, le désir d’appartenance à la France.
Nous appelons à des choix de noms qui unissent, qui inspirent, qui parlent à tous. L’école mérite mieux qu’un champ idéologique. Des figures plus fédératrices, porteuses de valeurs partagées, auraient reflété l’universalité que l’école doit incarner.

Valérie Montandon