La votation sur les « rues-jardins » est avant tout une opération de communication visant à masquer le bilan négatif de la municipalité. En choisissant un sujet consensuel et déjà acté, la mairie de Paris cherche à détourner l’attention des critiques sur la bétonisation, la propreté, la sécurité ou encore la mobilité. La végétalisation est nécessaire, mais elle ne doit pas être instrumentalisée pour n’être qu’un simulacre de démocratie.
Les Parisiens ne sont d’ailleurs pas dupes : ils ont bien compris que la démocratie participative a été détournée par la municipalité, comme en témoignent les très faibles taux de participation aux précédentes votations (5 % et 7 %). Plutôt que de poser des questions floues, voire même infantilisante, la ville devrait consulter les habitants sur des sujets majeurs comme l’armement de la police municipale, la vidéoprotection, la ZTL ou encore les rythmes scolaires.

Preuve que tous les Ingrédients sont bien là pour décourager nos concitoyens de participer aux votations, voire à la politique en général, la dernière consultation dans le 12ᵉ arrondissement posait déjà la question en ces termes :

« Êtes-vous pour ou contre la création de nouveaux espaces piétonniers aux abords des équipements municipaux fréquentés par les enfants (crèches, bibliothèques, gymnases, etc.) ? »

Les habitants ont pourtant déjà voté et donné la réponse attendue par la municipalité. Mais visiblement, il faut bien les faire revoter, histoire de les occuper un peu. Après tout, pourquoi se contenter d’un vote quand on peut joyeusement les faire déplacer pour rien, sans même feindre le respect qu’ils méritent ?