MIE des Bois parisiens

MIE des Bois parisiens

La réalité du changement climatique se fait sentir à Paris, amplifiée par l’urbanisation dense et le déficit d’espaces naturels. Conscient de ces enjeux et des fortes attentes des Franciliens en matière d’activités sportives, culturelles et événementielles, le groupe Changer Paris a lancé une MIE sur le rôle et la gestion des Bois de Boulogne et de Vincennes.

Les objectifs de notre groupe : 

  • Instaurer une vision ambitieuse pour ces bois, souvent considérés par certains, y compris Anne Hidalgo, comme de simples « fourre-tout » pour des projets sans autre localisation identifiée ou comme des espaces de location pour l’événementiel.
  • Redonner aux Parisiens le désir et les moyens de fréquenter ces lieux en améliorant leur accessibilité, leur sécurité, et la qualité de leurs installations, tout en préservant la nature

La mission 


Les 21 élus (issus de tous les groupes politiques du Conseil de Paris) ont examiné en détail ces espaces naturels, mobilisant un record de contributions — plus de 81 écrits et 144 interventions d’experts et acteurs locaux. Cette collaboration a mené à 68 préconisations, fruit d’un consensus entre tous les groupes politiques du Conseil de Paris. Le rapport a été remis au Premier adjoint de la Maire de Paris ce lundi 29 avril 2024.

Les principales préconisations envisagées par la MIE sont : 

  • Arrêter le morcellement des Bois et créer un protocole d’étude d’impact environnemental pour les grands événements.
  • Favoriser les pratiques sportives, avec la réhabilitation de terrains délaissés et l’installation d’éclairages adaptés pour étendre les heures d’utilisation.
  • Expérimenter une gestion forestière dite de « futaie irrégulière », moins invasive que les coupes rases de parcelles entières.
  • Améliorer l’accessibilité et la mobilité dans les bois, avec la création d’un plan de mobilité dédié aux bois, le renforcement des mobilités douces, la fréquence des transports en commun, et l’offre de navettes écologiques.
  • Renforcer les dispositifs existants, tels que le soutien accru aux acteurs œuvrant dans le secteur de l’aide aux sans-abri et aux personnes en situation de prostitution. De plus, la MIE appuie le renforcement de la police municipale avec la formation des agents aux enjeux spécifiques des bois.

Notre groupe Changer Paris aurait souhaité aller plus loin dans les engagements et propositions afin de :

  • Mieux préserver les espaces naturels en limitant notamment les événements de grande envergure dans les bois, comme le festival We Love Green, afin de minimiser leur impact environnemental et prévoir aussi le démantèlement des constructions dites « temporaires mais qui durent ».
  • Utiliser les nouvelles technologies : La MIE a proposé diverses initiatives pour concilier les activités humaines avec la préservation de la nature. Toutefois, notre groupe considère que ces mesures sont trop frileuses et préconise des nouvelles technologies qui pourraient significativement améliorer le suivi de la biodiversité, lutter contre les nombreuses incivilités telles que le dépôt de gravats, ou encore améliorer les pratiques sportives pour les usagers.
  • Réformer la gestion forestière : nous recommandons de cesser totalement les coupes d’arbres dans des parcelles entières pour adopter une approche de sylviculture plus douce, qui respecte davantage l’équilibre naturel et répond ainsi aux exigences climatiques et à la fréquence croissante des phénomènes de canicule.

En matière de gouvernance, la mission a conclu sur la nécessité d’améliorer la concertation avec les communes riveraines et divers acteurs des bois, en renforçant le mode de gouvernance à plusieurs niveaux et en révisant les chartes pour aboutir à un Schéma Directeur des Bois. Nous souhaitons aller plus loin en établissant une structure dédiée pour chaque bois pour coordonner leur gestion avec un budget propre et transparent.

Si les revenus générés dans les bois étaient entièrement réinvestis, cela garantirait leur protection, valorisation et sécurisation de manière durable

Retrouvez le rapport dans son intégralité en cliquant ici

 

Absence d’évaluation de la Politique d’aménagement

Absence d’évaluation de la Politique d’aménagement

Retrouver mon intervention relative aux Portes de Paris

Mes chers collègues, le rapport de la C.R.C met en évidence qu’une fois de plus, la Ville ne procède pas à une évaluation de sa politique, et cette fois-ci de sa politique en matière de choix d’aménagement. La C.R.C souligne que le budget pour l’aménagement des sept places à Paris a explosé, passant de 30 à 50 millions d’euros, bien au-delà du budget initial.

Cette situation aurait dû justement vous inciter à présenter un bilan en Conseil de Paris, mais cela a été esquivé. Les erreurs commises sur les places parisiennes auraient dû aussi vous inciter à faire ce bilan objectif. Il s’agit notamment, et vous le savez, de la minéralité de certaines places, des conflits d’usage qui souvent d’ailleurs se font au détriment des piétons, des reports de circulation mal anticipés, du ralentissement de la vitesse commerciale des bus, ou de la difficulté d’entretien des rares espaces végétalisés.

Ce bilan aurait pu aussi servir de base pour les futurs projets. Bénéficier de la sagesse des erreurs passées pour s’améliorer est une vertu qui ne semble pas vous inspirer.

Pas plus tard d’ailleurs qu’au dernier Conseil de Paris, j’avais déposé un vœu pour qu’il y ait la création d’une commission. Cela m’avait été inspiré par des échanges qui avaient été faits lors de la commission du Vieux Paris. Je demandais la création d’un groupe de travail dédié aux espaces publics afin notamment, dans le cadre du projet de la place Félix Eboué, d’éviter les erreurs qui avaient été produites dans les anciens projets.

Il y a exactement le même constat aussi pour les portes de Paris, qui n’a fait l’objet d’aucun suivi global. La C.R.C mentionne et je cite : « la Ville ne possède pas de tableau de bord global de suivi de portes à réaménager. Elle fait valoir la diversité des outils juridiques, des plannings et sources de financement. Pour autant, il semble étonnant qu’il n’existe pas de document répertoriant les portes dont l’aménagement est programmé et comprenant les caractéristiques techniques des travaux à mener, ainsi que l’estimation financière prévisionnelle des sommes à leur consacrer, et ceci n’est pas rien ».

Derrière ces justifications de façade, il y a d’autres raisons qui expliquent pourquoi la Ville ne fait pas d’évaluation globale de l’aménagement des portes. Tout d’abord, il y a un dérapage budgétaire, si bien que la C.R.C précise aussi que la réalité des sommes engagées est très loin des estimations initiales. La C.R.C montre que sur l’ensemble de six projets de porte, la Ville a perçu presque la totalité des 47,870 millions d’euros sur les 48,559 millions d’euros, mais que ces recettes couvrent moins de 10 % des dépenses d’investissement.

Face à ces chiffres, je comprends votre réticence à communiquer davantage sur ce sujet.

Je rappelle également l’absence de P.I.M., les plans d’investissement de la mandature, alors que nous sommes à plus de quatre ans de mandat. La Ville en fait est en roue-libre, les finances aussi, et cela est visible à tous les niveaux : pas de plan d’investissement, pas de procédure de suivi, pas d’évaluation. Y a-t-il encore un pilote dans l’avion ?

Ce manque d’évaluation dévoile votre manque de vision pour les portes de Paris. Vous manquez d’une vision pour donner une identité à ces portes, ce qui serait pourtant une occasion à saisir.

L’absence de vision se traduit surtout par les changements réguliers de doctrine et de projet au gré des vents, au gré des rapports de force aussi entre groupes politiques, comme la porte de Bagnolet il n’y a pas si longtemps, ou par des renoncements comme le grand projet de rénovation urbain de la porte de Vincennes.

Ce G.P.R.U. était ambitieux au départ. Il prévoyait la couverture partielle de deux endroits, mais aussi bien dans le quartier de Lagny que dans le quartier de Courteline, il a été abandonné.

Il y avait aussi le projet de faire un gymnase-pont entre la ville de Saint-Mandé et Paris. Cela a été abandonné.

La seule chose que vous n’avez pas abandonnée dans ce G.P.R.U., c’est la bétonisation du talus. Vous avez bétonné le talus, vous avez accolé deux bâtiments si proches que l’on pourrait presque les enjamber.

Ceux qui parlent le mieux de la déception de ce projet de la porte de Vincennes, ce sont les habitants eux-mêmes, qui à chaque réunion publique se désolent de l’abandon de leur quartier et des renoncements de la Ville.

Il y a une absence de vision pour ces portes, mais aussi de vision métropolitaine. La C.R.C montre comment la ville se replie sur elle-même, au lieu de s’ouvrir aux communes riveraines, notamment par ses aménagements de voirie qu’elle qualifie de « stratégie de pansement de la voirie ».

Pourtant, la Chambre régionale des comptes montre de manière très argumentée que les portes de Paris relèvent bien de l’intérêt métropolitain, mais la Ville ne s’en donne pas les moyens. Je peux en témoigner, parce que je suis intervenue à de nombreuses reprises dans cet hémicycle, que ce soit lors du dernier rapport de la C.R.C sur la Z.A.C. de la rive gauche, ou encore à travers des vœux ou des courriers que j’ai adressés à l’ancien premier adjoint pour demander de solliciter l’intérêt métropolitain.

D’ailleurs, en ce Conseil, nous y viendrons dans quelques instants, j’ai déposé encore un vœu pour demander l’intérêt métropolitain sur la Z.A.C. de Bercy Charenton. La C.R.C le dit et le répète : « toutes les conditions sont réunies pour demander l’intérêt métropolitain pour la Z.A.C. de Bercy Charenton ». Vous devriez saisir cette opportunité, parce que vous pourriez bénéficier de l’expertise et du soutien financier de la Métropole.

D’ailleurs, la C.R.C insiste sur la nécessité de trouver un nouvel équilibre financier qui reste justement à trouver, selon elle, dans le nouveau projet urbain de Bercy Charenton. Donc, pas de boussole financière, demandez l’intérêt métropolitain.

Enfin, quel est l’enjeu des aménagements des portes de Paris ? C’est de repousser les frontières de la capitale en dépassant cette barrière artificielle tant symboliquement que physiquement, que représente le périphérique. L’aménagement des portes de Paris devrait être l’occasion de créer une identité de ces portes de Paris autour de la culture pour tous les Parisiens, de développer de nouveaux centres de vie parisiens grâce à l’ouverture d’espaces de création et de liberté.