par vm2017 | Juin 10, 2026 | Conseil de Paris logement, Non classé
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Mes chers collègues,
à vous entendre, on pourrait croire qu’être propriétaire à Paris est une faute morale. Dans votre récit, le propriétaire parisien n’est jamais un ménage qui a épargné pendant 30 ans. C’est toujours un spéculateur organisé, un collectionneur d’appartements ou encore un amateur d’Airbnb. Oui, c’est vrai, les abus existent et il faut les combattre, mais la réalité est aussi différente pour la majorité des propriétaires et vous fermez les yeux sur les difficultés du marché.
Un propriétaire parisien, c’est aussi quelqu’un qui a épargné toute sa vie, qui rembourse encore son crédit, qui subit des normes qui changent tous les six mois et qui essaie simplement de conserver un logement dans un contexte devenu extrêmement instable. Entre l’accompagnement et la sanction, vous avez choisi la sanction. Entre la confiance et la suspicion, vous avez choisi la suspension, et entre la coopération et la responsabilité partagée, vous avez choisi la fiscalité. La création d’une nouvelle taxe sur la vacance tombe d’ailleurs à point nommé. Les finances de la Ville sont dans le rouge, la dette atteint des niveaux historiques – 1 milliard d’euros, je le répète – et il fallait bien trouver quelque part de quoi alimenter la machine. Oui, vous dites vouloir remettre des logements sur le marché, mais pour l’instant, vous avez surtout remis des taxes dans le circuit.
Monsieur le Maire, vous dites aux propriétaires : « Nous ne souhaitons pas que vous payiez cette taxe. » C’est un peu comme installer un péage en expliquant qu’on espère que personne ne passera. Si je devais résumer la situation, je dirais qu’à Paris, quand un logement est vide, vous créez une taxe, quand il est loué, vous créez une règle, et quand il disparaît du marché, vous brandissez la réquisition.
Vous évoquez ensuite, dans votre communication, les aides à la rénovation énergétique. Soyons sérieux. Elles sont très largement insuffisantes face aux coûts et aux volumes réels des travaux. Ce sont des dispositifs d’affichage, ce sont des dispositifs qui existent sur le papier mais beaucoup moins dans les copropriétés. Et quand les propriétaires ne peuvent pas financer les travaux, vous brandissez la réquisition.
Nous pensons qu’il existe une autre voie ; ce sont les propositions que nous allons vous faire. Nous proposons de développer un programme de baux à réhabilitation. La Ville finance des travaux lourds, remet des logements sur le marché et se rembourse sur plusieurs années grâce à l’encaissement de loyers plafonnés. C’est efficace, c’est constructif, car c’est un partenariat entre propriétaires et la Ville, et, surtout, cela remet rapidement des logements sur le marché sans opposer la Ville aux propriétaires. Cela permet en effet de remettre des logements de location pour les ménages de la classe moyenne, mais aussi pour ceux qui travaillent au service des Parisiens.
Il existe aussi des solutions simples et de flexibilité locative. Par exemple, permettre de combiner des baux étudiants pendant l’année universitaire avec deux mois de location saisonnière l’été. Cela permettrait aux propriétaires de proposer des loyers modérés toute l’année et de rééquilibrer leur investissement pendant la période estivale, afin de financer des travaux nécessaires. De la flexibilité et du bon sens seraient en effet les bienvenus, mais vous ne voyez trop souvent que la punition et le matraquage fiscal. De la même manière, le « coliving », lorsqu’il est encadré, est aussi une solution. Aujourd’hui, la communauté est devenue un mode de vie, et vous le savez : covoiturage, coworking, colocations intergénérationnelles et « coliving ». C’est aussi un choix de vie, ne vous en déplaise. Encore faut-il regarder les choses avec le prisme de la solution, et non celui de la suspicion.
Monsieur le Maire, la crise du logement ne se résoudra pas contre les propriétaires, elle se résoudra avec eux.
Je vous remercie.
par vm2017 | Juil 24, 2025 | Conseil de Paris Education et Culture
Avec ma collègue Inès de Raguenel, nous avons rappelé que ce drame n’est pas isolé : depuis 2019, plusieurs affaires similaires ont éclaté.
Nous soulignons que la Ville, en tant qu’employeur, a le devoir absolu de protéger les enfants.
Nous avons demandé à Anne Hidalgo de saisir l’Inspection générale de la Ville afin d’ouvrir une enquête administrative sur les violences sexistes et sexuelles dans le périscolaire parisien.
Objectif : identifier les failles et proposer des solutions concrètes.
Vous trouverez ci-joint le courrier adressé à la Maire de Paris cet été.

par vm2017 | Juil 15, 2025 | Conseil de Paris Gestion
Madame la Maire, mes chers collègues, nous avons une responsabilité : garantir que les financements publics versés aux associations respectent les fondements mêmes de notre République. Le tissu associatif parisien est une richesse, un levier formidable d’engagement, de solidarité et de culture. Cette confiance ne peut exister sans cadre, car, oui, certaines dérives existent : propos contraire des lois de la République, visuels provocateurs, ou encore actions en rupture avec les principes de neutralité que nous devons à nos concitoyens, en particulier pour les plus jeunes.
L’épisode récent de l’affiche controversée de la Marche des fiertés illustre la nécessité d’instaurer un cadre clair. Ce visuel, à la fois violent et porteur de symboles choquants, a été perçu comme une incitation à la violence, portant atteinte à la dignité et aux principes qui fondent notre Pacte républicain.
Plus inquiétante encore était la cacophonie totale au sein de la majorité municipale. Certains élus ont condamné l’affiche, d’autres l’ont soutenue mordicus. Ce double langage, cette ambiguïté permanente, fragilise aussi le Pacte républicain et la parole publique qui ne doit souffrir d’aucune ambiguïté sur ces sujets.
A l’image de la Région Île-de-France, nous proposons la mise en place d’une charte obligatoire. J’insiste aussi sur le caractère obligatoire, des valeurs de la République et de la laïcité pour toutes les associations subventionnées par la Ville de Paris. Cette charte devra garantir le principe de laïcité, la lutte contre toutes les formes de discrimination ou de séparatisme. L’adhésion explicite au principe de notre République, notamment l’égalité entre les hommes et les femmes. C’est une mesure de bon sens, de cohérence et de respect des valeurs qui nous rassemblent.
Nous demandons que cette charte devienne préalable à tout soutien municipal et qu’en cas de non-respect, la Ville puisse suspendre son financement.
Je vous remercie.
par vm2017 | Juil 15, 2025 | Conseil de Paris Education et Culture
Mes chers collègues, le sport n’est pas qu’un loisir, c’est un pilier de la santé publique, un facteur de cohésion sociale et un rempart contre la sédentarité. Ses bienfaits sont nombreux et reconnus, vous le savez : ils réduisent les risques de maladies chroniques, renforcent l’immunité, améliorent le sommeil et préservent l’autonomie à tout âge. Le sport est aussi un allié de santé mentale, il aide à lutter contre le stress, l’anxiété, la dépression et renforce l’estime de soi.
Dans un monde saturé d’écrans, il offre une alternative concrète et humaine. Enfin, le sport crée du lien, du lien social, il rassemble, inclut et construit des ponts entre générations, milieux et cultures.
A Paris, il y a la communication et la réalité. Les Jeux olympiques et paralympiques ont fait rêver. Pendant un mois, les images, les promesses, les paillettes, mais une fois la fête terminée, c’est le dur retour au quotidien du sport de proximité pour les Parisiennes et les Parisiens. La réalité, ce sont : des créneaux sportifs saturés, des associations contraintes de refuser des inscriptions faute de place, et notamment dans le rugby, des équipements et des terrains insuffisamment entretenus, des parcours pas assez sécurisés qui découragent la pratique, notamment celle des femmes, et des piscines vieillissantes, souvent fermées.
Je voulais faire un focus particulier sur les piscines. Prenons l’exemple du 12e arrondissement, avec 140.000 habitants et seulement deux piscines. L’une d’elles, la piscine Jean Boiteux, est régulièrement fermée, que ce soit pour travaux, pour problèmes techniques ou pour grèves. Elle était d’ailleurs encore fermée ce week-end. Les usagers sont à bout. Pour couronner le tout, souvent, ces fermetures inopinées ne sont pas signalées sur le site, si bien qu’il y a des déplacements pour rien, encore et encore.
Créer une nouvelle piscine dans le 12e, c’est une promesse de campagne de 2001. Nous sommes aujourd’hui en 2025, soit un quart de siècle, et la promesse de campagne a été oubliée au fond du bassin. Quel manque total de vision ! Cela devient criant en période de canicule, où les piscines peuvent apporter de la fraîcheur aux Parisiens. Les températures ont baissé aujourd’hui, mais nous risquons d’autres vagues de chaleur dans les semaines à venir, et toujours plus fortes au fil des années, et vous le savez.
Nous voyons venir les canicules, mais comment anticipez-vous ? Huit piscines fermées sur les 41 municipales, aucune extension des horaires classiques. C’est pourtant censé être prévu dans votre stratégie « Paris Frais ». Avec mes collègues du groupe Changer Paris, nous avons écrit à la Maire de Paris pour organiser une réponse adaptée et au plus vite.
Ce manque de vision se retrouve d’ailleurs dans Paris, mais sur d’autres sujets que les piscines. Prenons le débat de la petite ceinture. Vous avez toujours eu une vision fragmentée et parcellaire de son potentiel. Pourquoi ? Parce que vos partenaires communistes veulent à tout prix conserver une réversibilité ferroviaire, au cas où, vous allez me dire, nous relancerions des trains. La petite ceinture pourrait pourtant devenir, dans sa totalité, un véritable espace sportif de proximité, mais, faute d’ambition, elle reste sous-utilisée.
La mission d’information et d’évaluation des bois de Boulogne et de Vincennes a fait un travail sérieux sur le sujet du sport, puisque c’est un usage important dans le bois, notamment en auditionnant les acteurs du terrain. Ses préconisations étaient claires : la mise en valeur de terrains sportifs, avec des expérimentations sur des titres de pelouse, qui permettrait de mieux accueillir les sportifs ; la mise en place d’un éclairage intelligent, respectueux de la biodiversité, afin d’étendre les horaires d’accès aux équipements sportifs ; et, enfin, développer dans les bois des parcours sportifs.
Pourtant, un an après, aucune de ces recommandations ne semble aujourd’hui mise en œuvre.
Pendant ce temps, notre groupe Changer Paris, autour de Rachida DATI, n’a pas attendu pour être force de proposition.
Voici les vœux que nous avons portés et qui ont été rejetés.
- En octobre 2024, création de partenariat entre les écoles et les clubs sportifs, rejeté.
- En décembre 2020, lutte contre le prosélytisme religieux dans le sport, rejeté.
- En juin 2025, création de la maison « Sport Santé », rejeté.
- En novembre 2024, généralisation des parcours « Handi-rando » et adaptation P.M.R. pour toutes les courses à pied, rejeté.
- Demande de créneaux réservés aux personnes en situation de handicap, rejetée.
- Même vœu pour proposer, dans les E.H.P.A.D., des consoles de jeux, notamment « e-sport », adaptées aux seniors, rejeté.
A défaut d’un véritable plan d’investissement sportif qui aurait dû être lancé en début de mandature, nous avons donc une belle communication en fin de mandature. Le sport, ce n’est pas que la lumière une fois tous les quatre ans. C’est un effort constant, quotidien, pour rendre la Ville plus juste, plus saine, plus viable. Cet effort, mes chers collègues, vous l’avez trop souvent laissé sur le banc.
par vm2017 | Juil 14, 2025 | Conseil de Paris Gestion, Non classé
Le projet de délibération soumis à ce vote concerne, en effet, la signature d’une convention d’occupation du domaine public entre la Ville de Paris et l’association « Cité Caritas », pour l’usage de l’annexe de l’ancien lycée Théophile Gautier, situé au 49, rue de Charenton, dans le 12e. Ce site, qui est propriété de la Ville, a été fermé à la rentrée 2023 par la Région Île-de-France pour des raisons structurelles et de sécurité, avant d’être officiellement désaffecté par arrêté préfectoral en mai 2024.
Je voulais apporter quelques précisions.
Il est important de rappeler que cette fermeture, régulièrement mentionnée dans le projet de délibération, résulte de constats objectifs. Le site présentait de graves insuffisances : absence d’ascenseur, non-conformité P.M.R., installation de restauration inadaptée et une configuration générale empêchant toute autonomie de fonctionnement. Parallèlement, la Ville continue de perdre des habitants et des élèves. Les chiffres de la démographie sont, hélas, sans appel. La Région a donc fait le choix responsable de réaffecter les élèves vers des établissements mieux adaptés.
Concernant les travaux d’aménagement du centre d’hébergement d’urgence, ceux-ci ont généré de nombreuses nuisances pour l’école voisine. La communauté éducative et les parents ont été particulièrement mobilisés. Des incohérences ont été relevées : des plans d’évacuation sans escalier, une réduction des ouvertures plus importante que prévu dans certaines classes, ou encore la diminution du nombre de classes allouées à l’école.
Si la situation semble aujourd’hui stabilisée, avec mon collègue Franck MARGAIN, nous regrettons le manque de garanties sur le suivi de l’équipement et sur les modalités de sa gestion. Nous avons, en effet, longtemps été interpellés par les différents acteurs pendant l’installation des travaux du centre. Ils nous ont fait part des améliorations ayant été réalisées, mais nous attirons votre attention sur la nécessité d’obtenir des garanties concernant la gestion future.
Enfin, la durée de la convention, fixée à 10 ans, nous interpelle. Elle nous semble particulièrement longue pour un centre d’hébergement d’urgence dont la vocation est, par définition, temporaire et adaptable. L’argument avancé, fondé sur les montants d’investissement réalisés, ne nous paraît pas entièrement convaincant.
D’autres structures comparables, notamment l’exemple de la convention « Adoma-Porte Dorée », montrent que ces conventions sont souvent de courte durée, renouvelables, alors que les investissements de départ étaient beaucoup plus importants, puisqu’il s’agissait de construire un immeuble en entier. Cette souplesse aurait permis, par exemple, de mieux concilier l’engagement associatif et le pilotage public.
Nous allons voter favorablement ce projet de délibération, car nous reconnaissons l’intérêt social de ce projet. Néanmoins, nous attirons votre vigilance sur tous les points évoqués précédemment.
Je vous remercie.