Bercy Charenton, arrêtez de tergiverser!

Bercy Charenton, arrêtez de tergiverser!

 

 

 

 

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Chers Collègues,

En introduction, je voulais déjà remercier le Président de la 5e Commission pour l’organisation de l’audition d’un expert qui a animé cette commission, et c’était très intéressant.

Tout d’abord, je voulais revenir sur la délibération DU 64, parce qu’elle mentionne 2 projets qui concernent le 12e arrondissement : la ZAC de Bercy-Charenton et la ZAC de la porte de Vincennes.

Concernant la porte de Vincennes, je déplore que le projet s’étiole petit à petit, que la programmation s’appauvrisse. Je regrette notamment l’abandon du gymnase pont qui devait relier la ville de Saint-Mandé à Paris, au-dessus du périphérique. Parce que l’on s’aperçoit petit à petit que toutes vos volontés de la ville du quart d’heure ou encore de faire le lien entre Paris et la banlieue, sont plutôt des incantations et ne se traduisent pas par des faits.

Concernant la ZAC de Bercy-Charenton, je suis tout à fait consciente qu’il s’agit du vote du bilan financier 2019, mais je déplore qu’il y ait un paragraphe entier sur les perspectives et les points d’actualité de ce dossier, et qu’à aucun moment ne soit mentionnée la remise à plat du projet de Bercy-Charenton. Il est mentionné l’actualité telle que la crise du Covid, mais qu’il n’y ait pas une seule mention, aussi bien dans ce rapport que dans l’exposé des motifs, me laisse vraiment dubitative sur les soi-disant engagements de campagne qu’il a pu y avoir entre le Groupe Paris en commun et les écologistes.

D’ailleurs, je mets aussi en doute vos bonnes intentions – et je m’adresse en effet au Groupe Ecologiste de Paris – parce que l’on voit dans cette 5e Commission de nombreux vœux ou amendements qui demandent dans les faits plus d’espaces verts ou plus de dédensifications, notamment dans un projet immobilier de halte urbaine Belliard. Par contre, il n’y a jamais d’objectifs. Je sais qu’en commission, vous m’avez expliqué que vous manquiez d’éléments techniques. Mais, enfin, tout de même, vous êtes au pouvoir. Je pense qu’en effet, vous avez plutôt du mal à assumer vos positions sur les sujets d’urbanisme, qui sont très pointilleux et demandent un équilibre politique compliqué entre vos deux groupes. Mais, voilà, nous, on attend des positions beaucoup plus claires sur ces sujets d’urbanisme.

Je voulais, enfin, aborder le bilan annuel des grandes opérations urbaines pour vous rappeler, dans le cadre de « Paris fait Paris », qu’il y a tout de même une différence de plus de 65 millions d’euros entre les coûts qui étaient prévus et les coûts actuels des projets d’urbanisme. Ce sont 20 % d’explosion des coûts. C’est énorme. Ce ne sont pas simplement les coûts qui explosent, mais aussi les délais. Vous savez très bien que lorsque les délais se prolongent, c’est aussi une dégradation de qualité de vie des Parisiens. Dégradation de qualité de vie, dégradation des finances, et cela concerne l’ensemble des projets urbains. On ne pourrait pas simplement dire que ce sont des cas isolés, c’est l’ensemble des projets urbains.

C’est pourquoi notre groupe a déposé un vœu pour vous demander – on est en pleine période d’orientation budgétaire – de prendre les outils et les procédés nécessaires pour une meilleure maîtrise des coûts et une meilleure évaluation des projets en amont. J’espère que ce vœu de bon sens sera accepté.

En guise de conclusion – je n’avais pas forcément l’intention de parler du projet Trocadéro parce que de nombreux collègues se sont exprimés – mais, moi, je ne peux pas laisser passer la comparaison de votre projet à Gustave Eiffel. Honnêtement, vous ne manquez pas de toupet. Je crois qu’en guise de conclusion, j’ai juste envie de vous répondre une citation d’Alphonse Allais, qui disait : »Une fois que l’on a passé les bornes, il n’y a plus de limites ».

Merci.

Visite des tunnels Baron-Le-Roy avec Rachida Dati

Visite des tunnels Baron-Le-Roy avec Rachida Dati

Avec ses 70 hectares, le territoire de Bercy-Charenton qui se déploie tout autour des tunnels méconnus de Baron-Le-Roy représente la dernière grande opportunité foncière de Paris.

Le Grand Paris doit s’incarner par des projets ambitieux qui participent au rééquilibrage en faveur de l’Est de Paris.  La crise sanitaire nous a aussi rappelé l’importance de relocaliser des activités sur nos territoires

Au 86 de la rue Baron Le-Roy, Les tunnels Baron-Le-Roy appelée aussi « gare réfrigérée de la Râpée » sont la mémoire vivante de l’ancien Bercy

Les tunnels accueillaient une centaine d’artisans qui font vivre au quotidien ce lieu : ferronniers, tailleurs de pierre, forgerons, négociants en vins, maraîchers de proximité, traiteurs, et même un studio de tournage, … Il faut dire que les qualités du site sont innombrables : régulation naturelle de la température, qualité de la construction, possibilité d’y développer des activités génératrices de nuisances sonores, se mêlent à une véritable beauté de ces constructions durables d’un autre siècle. Et pourtant, cela semble être oublié par l’équipe en place, qui veut dénaturer ce lieu porteur d’une partie de l’histoire de notre ville, de notre arrondissement !

Mais durant toute la mandature qui s’achève, la ville de Paris a sommet ses entreprises de quitter les lieux pourtant tellement adaptés à leur activité.

Nous avons échangé avec un primeur qui stocke des denrées alimentaires et utilise ainsi la froideur naturelle du tunnel. Certains de ses confrères qui exerce la même activité et qui ont dû quitter les lieux pour s’installer en surface témoignent de l’utilisation d’installations énergivores. Quel gâchis !

 

 

De même un commerçant dans le secteur vinicole utilise également les températures et l’humidité des tunnels qui sont idéales pour la bonne conservation des vins et spiritueux. Aucun lieu ne peut être mieux que celui-ci à Paris. En plus d’une évidence écologique, c’est aussi un gain d’efficacité et en trésorerie pour ces clients car la proximité à Paris permet de faire une gestion des stocks sur mesure. La ville de Paris ne leur a jamais rendu visite, ne connait pas leurs difficultés et ne se préoccupe pas de la précarité provoquée par la non-reconduction de leur contrat de location. La majorité socialiste n’a jamais perçu la potentialité de ce lieu exceptionnel et la beauté patrimoniale.

Les entreprises ont effectué de nombreux investissements, mais sont dans l’incertitude totale sur leur avenir et ne peuvent pas se projeter. Le lieu est aussi central en termes de logistique

Avec Rachida Dati, nous avons réaffirmé notre soutien aux entreprises qui exercent leurs activités et notre volonté de faire de ce site un haut mieux de la création et des savoir-faire français

Notre projet pour les tunnels est nécessaire pour préserver l’âme de notre arrondissement, et pour en conserver la vie. Nous voulons faire de ces tunnels un endroit de rencontre, un lieu de convivialité et de travail, autour de 3 thèmes : un tunnel dédié à la gastronomie, un autre au travail des artisans, et un dernier à des activité liées au divertissement.

Nous défendons un projet respectueux de l’histoire et du patrimoine du site tout en étant tourné vers l’avenir.

 

 

Ma contribution en l’enquête publique sur le projet de baignade du lac Daumesnil

Ma contribution en l’enquête publique sur le projet de baignade du lac Daumesnil

Le projet de baignade dans le lac Daumesnil  illustre parfaitement la distorsion qu’il peut exister ente le lancement d’une idée séduisante au premier abord et la réalité et les contraintes de sa mise en place.
La faisabilité et les impacts écologiques sur le site, méritent une attention particulière et impliquent de ne pas se retrancher derrière des certitudes ou des postures.
La réalisation du projet de baignade naturelle dans le lac Daumesnil  est loin d’être aussi écologique que ce que la majorité municipale tend à faire croire.
Au fur et à mesure de l’avancée du dossier, il s’avère que les impacts écologiques sur le site ainsi que les prévisions sanitaires pour les futurs baigneurs ne sont pas aussi anodins que prévus.

Cet aménagement conduit à excaver 8.450 m3 du lac Daumesnil , 1.800 m3 de l’Île de Bercy et 4.700 m3 de clairière, à construire 250m de mur de soutènement en béton, à poser 150 plots en béton et à construire un volume de béton de 208 m2 de surface et 8m de hauteur sous la berge.
L’ensemble des associations composant la commission départementale de la nature, des paysages et des sites ont voté contre ce projet,  et le premier dossier déposé auprès de la direction qui s’occupe de la protection des personnes à la Préfecture de Police a reçu un avis défavorable dans un premier temps. J’ajoute qu’il est à déplorer que les pressions exercées en commission des sites auprès des associations ne sont pas tolérables.
Parmi les remarques de l’inspectrice des sites de Paris, plusieurs éléments dévoilent le manque de sincérité des études présentées. Ci-dessous des extraits révélateurs des impacts écologiques indéniables sur le site:

« D’une part, la présentation du projet minimise les répercussions surle site du lac Daumesnil. L’ajout d’une série d’équipements brouille le dessin du lac. Les douches, les cordons-flotteurs, les platelages ne correspondent pas à l’esprit du site.
Les perspectives d’insertion ne renseignent pas en même temps les deux zones d’accès à la baignade. Or cette simulation authentique est importante pour comprendre la prégnance des installations sur la rive et l’effet de la densité humaine qui sera de 1000 personnes maximum prévues en simultanée.
D’une manière générale, les perceptions proposées sont édulcorées et ne sont pas représentées alors qu’elles seront visibles »

« En effet le projet n’anticipe pas  sérieusement le risque fort de dégradation de la végétation de l’île qui entraînera une modification substantielle de l’aspect du lac, avec un retour à l’état initial très hypothétique.

«  L’aménagement   aboutit   à   une   artificialisation   du   sol   et   du   sous-sol   par   la construction d’ouvrages de génie civil, à la fois sur l’île, dans les clairières et dans le lac »

« Conclusion : L’inspection régionale des sites a accompagné la Ville de Paris dans l’objectif de rendre le projet compatible avec le site classé. Si un progrès a été obtenu concernant certains aspects théoriques du projet, les pré-requis retenus par la Ville de Paris (création d’un bassin maçonné au sein du lac, machinerie de traitement…) conduisent à des aménagements lourds qui modifient substantiellement le site (artificialisation des sols, fragilisation du patrimoine arboré, altération du miroir d’eau, concentration de la fréquentation…), banalisant le joyau de l’art des jardins qu’est le lac »

De la même manière la délibération présentée en conseil de Paris minimise les impacts écologiques et sanitaires, et les élus du conseil de Paris n’ont ainsi pas disposé des éléments nécessaires pour être en mesure de voter ce projet
En séance du Conseil de Paris, j’ai demandé au nom du Groupe les Républicains et Indépendants  le retrait de cette délibération afin que les élus disposent d’informations plus sincères et complètes concernant les impacts écologiques sur le site et des études sanitaires pour les futurs baigneurs. Mais ma demande (sous forme de vœu rattaché à la délibération)  fut rejetée et la délibération a été adoptée par le vote de la majorité municipale.
L’insincérité du projet ressemble fort à la méthode déjà utilisée par la maire de Paris concernant le projet de piétonisation des berges de Seine. La commission d’enquête publique ainsi que la Haute autorité environnementale avaient pourtant émis un avis défavorable en raison notamment d’une étude d’impact incomplète. Le TA a annulé l’arrêté municipal et la délibération relative à l’aménagement des berges de Seine pour les raisons suivantes «  les études d’impact comportent des inexactitudes, des omissions et des insuffisances.

Il s’agit donc  ici de la même méthode d’insincérité et d’inexactitude qui prévaut dans ce projet.

Conclusion : En raison des impacts écologiques engendrés sur le site classé du bois de Vincennes,  je suis défavorable à ce projet de baignade dans le lac Daumesnil et propose qu’un tel aménagement soit programmé dans un autre lieu où les impacts écologiques sur le site seront bien moindres.
Le bois de Vincennes est un poumon vert de Paris et l’ile de Bercy surnommée l’ile aux oiseaux est un sanctuaire de biodiversité. Nous avons un devoir de préservation et de transmission. 

Valérie Montandon
Conseillère de Paris (XII)
Conseillère régionale Ile-de-France

Une charte du Bois de Vincennes à surveiller!

Une charte du Bois de Vincennes à surveiller!

Tous les documents et engagements qui vont dans le sens d’une meilleure protection du bois sont bien sûr les bienvenus. Cependant, il y a dans ces exposés des motifs et dans cette charte quelques zones d’ombre, notamment celles qui concernent toute la partie sur les activités et les partenariats dans le bois.

C’est pour cela que nous avons déposé un amendement, afin de protéger les bois et surtout d’éviter cette marchandisation. En effet, les Bois de Vincennes et de Boulogne sont des espaces de repos et il nous paraît essentiel de les protéger, d’où cet amendement.

Nous avons aussi déposé des amendements au regard des normes, notamment les normes ISO 14001. Il faut savoir que les activités de la division du Bois de Vincennes et de la Direction des espaces verts et de l’environnement sont certifiées ISO 14001. Cette norme repose sur le principe d’amélioration continue de la performance environnementale par la maîtrise des impacts liés à l’activité des entreprises ou des associations. Il nous paraît évident et même obligatoire que ces normes soient mentionnées dans ces chartes, et c’est l’exposé des motifs que nous allons nous apprêter à voter aujourd’hui. Je trouve en effet très étonnant qu’il n’y ait pas une seule petite mention. Je ne dis pas forcément de rentrer dans la grande technicité de cette norme mais qu’il y ait quand même une mention car il paraît évident que les différents concepteurs ou organisateurs d’événements pourraient utiliser cette norme comme une référence pour organiser le bon déroulement de leurs activités. D’où un amendement pour ajouter cette norme mais aussi pour qu’elle soit une référence pour les entreprises.

Enfin, nous demandons un vœu, en effet, sur un bilan sur le bois de Vincennes. Ce n’est pas la première fois que nous avons ce débat en Conseil de Paris et en conseil d’arrondissement. J’avais eu l’occasion en 2015 de déposer un vœu pour demander justement un bilan sur la gestion du bois de Vincennes. Nous avons plusieurs chartes qui s’empilent, que ce soit la charte d’aménagement du bois de Vincennes, le Plan arboricole 2006-2020. Nous avons aussi voté, il n’y a pas très longtemps, un Plan Biodiversité mais il n’y a jamais de bilan effectué sur le bois de Vincennes.

C’est pour cela que je redépose ce vœu. Il faut savoir qu’en 2015 j’avais déposé un vœu pour qu’au moins un bilan soit effectué en 3e Commission. Ce vœu avait été amendé par l’Exécutif et voté. Six mois après, il n’y a pas eu, en 3e Commission, de bilan. Ainsi, 3 ans après, je redépose ce vœu. Il s’agit simplement d’un vœu pour faire appliquer le vœu voté dans cette même instance.

Plan Biodiversité: de la parole aux actes

Plan Biodiversité: de la parole aux actes

Mes chers collègues,

Les plans Biodiversité se suivent et se ressemblent, ils sont toujours remplis de bonnes intentions qui font consensus mais qui ne sont pas, hélas, forcément mis en place et leurs résultats ne sont jamais évalués concrètement.

Si l’on observe l’évolution dans l’un des deux poumons verts de la Capitale, que s’est-il passé dans le Bois de Vincennes depuis 2011, date de l’adoption du dernier plan de biodiversité ? Le Bois de Vincennes a continué à être utilisé comme réserve foncière avec la construction d’une aire d’accueil des gens du voyage impliquant la viabilisation du site et la construction de ce bâtiment. Il y a eu aussi le maintien du bâtiment Adoma, certes limitrophe au Bois de Vincennes, mais qui est tout de même le bâtiment dit temporaire et qui devient permanent, et le maintien de la Foire du Trône sur la pelouse de Reuilly avec aucune étude de relocalisation des activités. Enfin, l’exemple le plus flagrant et le plus récent est celui du projet de baignade du lac Daumesnil, dont les impacts sur le site en termes de biodiversité sont très négatifs.

La Ville a d’abord minimisé ces impacts jusqu’à ce que la pression des associations et des riverains soit trop forte lors de l’enquête publique qui vient juste de s’achever. Vous avez annoncé par voie de presse suspendre cet aménagement. Cependant, dans le Plan Biodiversité, il persiste des contrevérités sur le projet de baignade, par exemple page 22 où il est inscrit, je cite, que « les études réalisées montrent que la baignade aura peu d’effets sur la biodiversité ».

C’est pourquoi nous avons déposé un amendement qui vous demande de bien vouloir retirer ce passage et j’observe que sur table l’Exécutif vient aussi de réagir à ce sujet ; il était temps. Je souris aussi à la tentative de récupération politique du groupe les Ecologistes suite à l’abandon du projet de baignade. Ils avaient voté, je le rappelle, favorablement du début à la fin toutes les délibérations de ce projet et ils se félicitent aujourd’hui de son abandon.

Vous affichez aussi que la Ville de Paris doit être exemplaire et qu’elle applique la biodiversité à toutes les échelles, notamment dans ses documents administratifs. Sur ce point, vous avez encore une grande marge de progression. Dois-je vous rappeler que lors de la révision du règlement de la Foire du Trône sur la pelouse de Reuilly, votre majorité a totalement omis toutes les considérations écologiques sur ce site et que ce sont les amendements de notre groupe, que j’ai défendus en séance, qui ont rétabli que le règlement devait être nécessairement compatible et opposable avec toutes les orientations prises par le Conseil de Paris à travers l’adoption de la charte d’aménagement, du Plan arboricole ou encore du Plan Biodiversité ?

Dans le même esprit, vous fixez des objectifs d’inscrire la biodiversité dans tous les documents d’urbanisme et les plans environnementaux de la Ville. Nous souhaitons enrichir cette action par un amendement qui propose de sanctuariser les espaces verts existants, notamment dans les bois et tous les espaces pouvant être aménagés en espaces verts dans le P.L.U.

Qu’en est-il aussi, mes chers collègues, de toutes les normes de certification environnementale, notamment celles internationales ISO 14001 dans le Bois de Vincennes, qui ne sont jamais évaluées! Nous avons déposés des vœux à maintes reprises pour demander un audit ou une évaluation de leur application mais cela  n’a jamais, hélas, abouti à quelque chose de concret !

Enfin, le rapport de la C.R.C. sur la gestion des concessions dans les bois de Vincennes et de Boulogne est justement, sans jeu de mots, sans concession à votre égard quant au peu de suivi des activités dans les bois.

Bien sûr, nous sommes d’accord avec les orientations et les objectifs du Plan Biodiversité, mais ce que nous voulons par-dessus tout, ce ne sont pas des intentions mais des actes. Début 2016, la C.R.C. a relevé que 18 des 20 arrondissements parisiens étaient sous-dotés en espaces verts de proximité dans le cadre d’un rapport sur la politique régionale en la matière. Selon un classement publié par le M.I.T., Paris est la ville la moins verte parmi les 26 villes du panel. A titre comparatif, Singapour comporte près de 30 % de verdure alors que la Capitale n’en compte pas moins de 9 %.

Monsieur le Maire, la demande d’espaces verts et d’espaces de respiration n’a jamais été aussi forte à Paris et nous ne comprenons pas votre course à la bétonisation dans certains projets ou tentatives de projets, tels que le stade Ménilmontant ou encore les secteurs Léo-Lagrange ou Paul-Valéry. Nous ne comprenons pas non plus que des projets qui devraient être consensuels, comme par exemple l’extension du jardin Debergue, puissent être aussi mal conduits, puisque ce projet retenu consiste à condamner des fenêtres de logements déjà existants.

Nous avons déposé un vœu pour que cette programmation améliore l’intégration des bâtiments et respecte le cœur d’îlot en observant la continuité des espaces libres entre la cité Debergue, la cité du Rendez-Vous et les 71 et 77 avenue du Docteur-Netter.

Madame la Maire du 12e arrondissement, évitez les raccourcis insincères. Je vous rappelle que sur ce projet nous sommes d’accord sur les objectifs de création de jardins, de logements et de la crèche et qu’il suffirait juste d’une meilleure intégration des bâtiments pour obtenir l’unanimité sur ce projet.

Le Plan Biodiversité 2018-2024 ne prévoit pas l’achèvement d’un inventaire complet de la biodiversité avant son échéance. En 2024, l’objectif se limite à 40 % du territoire parisien alors qu’en 2014, 18 % étaient déjà couverts. Nous souhaitons aller bien plus loin car il est fondamental de réaliser des diagnostics et des inventaires pour connaître les effets du Plan Biodiversité et permettre d’en corriger les insuffisances au plus vite.

C’est pour cela que nous vous proposons que le calendrier de réalisation de l’action soit ainsi modifié : « pour 2020, 50 % du territoire parisien a fait l’objet d’un diagnostic ou d’un inventaire de biodiversité ou encore en 2024, 100 % du territoire parisien a fait l’objet d’un diagnostic ou d’un inventaire de biodiversité ».

La biodiversité se trouve au carrefour de nombreux enjeux : la protection de la planète, la qualité de vie, la pérennité des activités et le lien social. A travers nos observations et l’ensemble de nos amendements, nous nous inscrivons dans une démarche constructive pour vous aider à passer des paroles aux actes.