par vm2017 | Juil 24, 2026 | Conseil de Paris Ecologie
Quand on parle de végétalisation à Paris, chacun sort ses chiffres. Il manque un thermomètre commun.
L’indice de canopée, celui que la Ville utilise, ne mesure qu’une chose : l’ombre projetée par les arbres, vue du ciel. C’est une photo. Un arbre mort, un arbre malade, un arbre qui souffre de la canicule compte exactement comme un arbre en pleine santé. Une prairie, un buisson, une pelouse : cela ne compte pas du tout.
L’indice NDVI, lui, mesure par satellite la vitalité réelle de la végétation. Une plante vivante ne réfléchit pas la lumière comme une plante desséchée. Ce n’est plus une photo, c’est un film : l’évolution se suit année après année, saison après saison, et même pendant un épisode caniculaire comme celui de fin juin, où les 40 degrés ont été dépassés.
Ce vœu avait déjà été adopté par le Conseil de Paris en 2021. Cinq ans plus tard, l’engagement n’a pas été suivi d’effet. D’où la nécessité de le redéposer aujourd’hui.
La situation actuelle illustre le problème : en pleine canicule, les débats s’échauffent en même temps que la ville, et s’opposent des chiffres et des ressentis. Une mesure incontestable de ce qui verdit vraiment et de ce qui grille rendrait ces échanges constructifs plutôt qu’inflammables.
Assez de mots, assez d’incantations : il est temps de se doter d’un thermomètre. Pendant que Paris surchauffe et que les Parisiens en pâtissent, le seul indice qui grimpe est celui des désaccords, faute d’un chiffre que personne ne puisse contester.
Ce vœu ne demande qu’une chose : le courage de se faire mesurer. Un bilan réellement vert n’a rien à craindre de la mesure.
Ci-dessous mon vœu :
par vm2017 | Avr 20, 2025 | Conseil de Paris Ecologie
Mes chers collègues,
Je n’avais pas forcément prévu de revenir sur la dernière votation, mais en vous entendant, Madame la Maire, la qualifier d' »exemplaire », ou encore, en entendant M. FÉRAUD dire que les résultats étaient « sans appel », je ne peux rester silencieuse. Avec 4 % de participation, il n’y a pas de quoi pavoiser. Les Parisiens n’ont pas voté. Ils ont boudé. Pourquoi ? C’est parce qu’ils ont bien compris : avec une question floue, avec une question infantilisante, il ne s’agissait pas d’un véritable exercice démocratique, mais plutôt d’une manipulation orchestrée pour mieux instrumentaliser les résultats.
Nous sommes à la dernière année de mandature et toujours aucun plan d’investissement de la mandature présenté. Ce document pourtant structurant, essentiel à toute action sérieuse, n’a jamais vu le jour. Pourquoi ? C’est parce qu’il obligerait la majorité à se confronter au réel, à des chiffres, à un calendrier, à une méthode. A défaut, on se réfugie dans la communication et l’incantation. Ce nouveau plan Biodiversité s’inscrit dans la même ligne : pas de budget clair, pas de calendrier, pas de méthode : une belle vitrine sans boutique.
La biodiversité à Paris, ce sont d’abord les bois de Boulogne et de Vincennes. Je pense que nous en conviendrons tous. Pourtant, rien ou presque des travaux de la M.I.E. des bois n’a été repris dans ce plan. Les préconisations qui, je le rappelle, ont été votées par l’ensemble des groupes qui représentaient la M.I.E., ne sont pas du tout visibles dans ce plan. Pourtant, elles ont été en effet unanimes et elles ont fait chou blanc. Elles n’ont même pas germé dans le terreau municipal.
Quelques exemples concrets des préconisations de la M.I.E. qui auraient dû se retrouver dans le plan. Tout d’abord, nous avions évoqué les mares artificielles. La M.I.E. avait demandé qu’elles soient réalisées en argile, et non plus avec des bâches plastiques. Cette préconisation n’apparaît pas. A la publication des autopsies animales en cas de pathologie suspecte pour prévenir les risques sanitaires, rappelez-vous les manquements qu’il y a eus lors de la gestion des cyanobactéries dans les lacs. C’était une demande vraiment forte de la part des associations de défense de l’environnement. Là encore, dans ce plan, nous aurions pu y remédier. La M.I.E. y avait travaillé et de nouveau, voilà un acte manqué.
La lutte contre le braconnage, en lien avec la police et l’Office français de la biodiversité ? Evaporée. « Quid » des corridors écologiques pour la faune ? « Zappés ». La sanctuarisation de nouvelles zones de haute biodiversité des bois, là encore : rien. Nous avions beaucoup parlé, lors de la M.I.E., de la gestion forestière, et notamment obtenu qu’il y ait des expérimentations pour tout ce qui est sylviculture mélangée à couvert continu. Là encore, je ne vois rien dans ce plan Biodiversité, même pas une once d’expérimentation. Enfin, l’expérimentation des zones non-fumeurs, là aussi très consensuelle, que nous avions décidée aux abords des aires de jeu, notamment, pour limiter la pollution des sols et des nuisances à la biodiversité : aux oubliettes.
Nous avons ainsi présenté plusieurs amendements pour introduire toutes ces propositions constructives qui, je le rappelle encore une fois, avaient pourtant été actées par l’ensemble des groupes politiques, je le rappelle, et notamment par « Les Écologistes », dont M. Émile MEUNIER était le rapporteur.
Je voulais bien sûr mentionner aussi les festivals dans les bois. S’il y a bien une incohérence flagrante dans votre positionnement, c’est celle d’autoriser les festivals de grande ampleur au cœur même des principaux réservoirs de biodiversité que sont les bois. Revendiquer la défense de la biodiversité, tout en cautionnant ce genre d’événements, relève du grand écart. Les festivals comme We Love Green rassemblent plus de 100.000 personnes dans les espaces fragiles, et la faune et la flore en pâtissent. Le festival We Love Green a une programmation excellente, je tiens à le préciser, avec des artistes de renom et de qualité. Il n’y a rien à redire sur ce point. Cependant, le bois de Vincennes n’est pas une scène. C’est un écosystème. Le silence des pseudo-écologistes révèle une contradiction difficile à ignorer.
A force de recycler les mêmes éléments de langage, sans budget, sans planification, ce n’est pas un plan Biodiversité, c’est un trompe-l’œil que vous nous présentez. Quand les travaux de la M.I.E. disparaissent systématiquement, on se dit que le tri sélectif s’applique aussi aux préconisations, de façon dogmatique.
Je vous remercie.
par vm2017 | Mai 24, 2024 | Conseil de Paris Ecologie

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Mes chers collègues,
Je ne peux commencer mon intervention sans remercier chaleureusement les services. Je peux témoigner de l’efficacité, du professionnalisme, de l’écoute et de la réactivité de l’équipe de Michel DES BOSCS et je l’en remercie.
Cette mission aura été celle des records. Record dans le nombre de personnes auditionnées, plus de 144 personnes (experts, scientifiques, acteurs), sans compter aussi les 81 contributions écrites. Cela témoigne, en effet, de la transversalité des thèmes inhérents aux deux bois de Boulogne et de Vincennes. En effet, ce sont plus que des forêts, ce sont aussi des lieux d’épanouissement sportif, événementiel, mais aussi culturel et ce sont aussi, hélas, des lieux de vie avec des réalités contrastées et leurs difficultés.
Cette mission a été à la fois stimulante et enrichissante. Je crois pouvoir dire qu’elle s’est déroulée dans une atmosphère constructive débouchant sur plus de 68 recommandations. Je remercie d’ailleurs l’ensemble des élus et leurs collaborateurs pour leur assiduité, pour leur engagement. Je précise que l’ensemble des sessions étaient en présentiel, peut-être comme dans l’ancien temps, mais cela nous a permis d’être très constructifs. Bien sûr en présentiel, sauf les sessions internationales que nous avons eu l’occasion de mener avec nos homologues de la ville de Tokyo ou encore de Londres et de Bruxelles.
Je remercie enfin M. le rapporteur Émile MEUNIER, pour sa capacité de consensus et sa contribution à la bonne atmosphère qui a prévalu, je crois pouvoir le dire, tout au long de cette mission.
Depuis la remise du rapport au premier adjoint Emmanuel GRÉGOIRE, il m’est souvent demandé si je suis satisfaite de la mission. Ma réponse est double, c’est oui, mais il y a aussi un petit non.
Oui, parce que je sens que nous avons étudié toutes les facettes et toutes les questions et que nous n’avons rien mis de côté. Même les sujets sensibles ont été abordés dans ce rapport, et même lorsqu’il n’y avait pas consensus, nous avons été capables d’émettre des préconisations, certes parfois qui peuvent paraître timides, mais des préconisations tout de même demandant une expérimentation ou le lancement de réflexions.
Donc, rien n’a été écarté et d’ailleurs le consensus est bien là puisque nous allons aujourd’hui débattre des 68 recommandations que nous avons faites par consensus.
Pourquoi alors un non ? Un non parce qu’en tant que membres du groupe Changer Paris, il y a de nombreux sujets sur lesquels nous aurions voulu aller plus loin. Je pense notamment à la propreté, la sécurité, la gouvernance, mais aussi la gestion arboricole. Nous avons auditionné de nombreuses personnes, de nombreux usagers des bois, et il est vrai qu’ils ont des préoccupations fortes dans ces domaines. Cela rejoint d’ailleurs le rapport de l’APUR établi en 2019, qui pointait déjà les faiblesses principales des bois, c’est-à-dire les activités liées à la prostitution, l’entretien aussi et la propreté des bois.
Je voulais souligner aussi que l’urgence climatique, notamment les épisodes de canicule que nous connaissons de plus en plus, nous oblige à prendre des décisions courageuses, et là aussi nous pensons que l’urgence climatique nous oblige à arbitrer sur certains points.
Alors oui, nous avons réussi à nous accorder sur un consensus pour protéger et valoriser ce patrimoine naturel, culturel et historique des bois…
Nous avons en effet accordé de l’importance à ce patrimoine naturel, culturel, mais aussi historique des bois pour le valoriser, grâce notamment à des parcours et un volet pédagogique pour mieux le faire connaître et apprécier, et donc pour le faire préserver.
Nous avons également convenu de la nécessité de recenser les 750 bâtiments qui existent dans les bois et qui sont dans un état assez inégal. Nous avons proposé qu’il y ait un inventaire précis, qu’il y ait aussi une évaluation de leur potentiel, afin de les entretenir, notamment lors des périodes intercalaires où ils ne sont pas utilisés, mais aussi de trouver de nouvelles méthodes pour leur trouver un rôle utile aux Parisiens.
La pratique du sport a aussi été assez consensuelle dans la reconnaissance de la nécessité d’améliorer les conditions sportives. Pour cela, nous nous sommes entendus sur la nécessité d’une reconquête des terrains délaissés, notamment grâce à des dispositifs innovants, que ce soit sur des surfaces hybrides ou sur les éclairages dits intelligents, qui permettent d’allier l’attente des sportifs qui demandent des créneaux supérieurs à la présence actuelle pour pouvoir pratiquer leurs activités sportives, et bien sûr en préservant la biodiversité et notamment la trame noire.
En matière d’accessibilité et de mobilité, nous avons soulevé dans la M.I.E. une lacune manifeste, à savoir que le plan de Mobilité que nous avions débattu en séance en février dernier n’était pas dédié à un volet spécifique sur les bois. La M.I.E. va donc préconiser que ce plan de Mobilité soit aussi inclusif pour les bois et à partir de ce plan nous aurons l’opportunité de décliner plusieurs mesures que nous avons décidées de façon consensuelle, du moins préconisées. Il s’agit de renforcer tous les parcours et les déplacements en mode doux comme les pistes cyclables, la rénovation aussi de la voirie et de l’accessibilité.
Et enfin, des mesures très pragmatiques telles que la signalétique, les parkings à vélo ou encore des navettes écologiques, mais sur ce point, ma collègue Brigitte KUSTER aura l’occasion de le développer en détail.
Concernant la question difficile du sans-abrisme, bien que la compétence relève majoritairement de l’Etat, la mission a préconisé un renforcement des dispositifs actuels auprès du monde associatif qui œuvre déjà auprès des sans-abri. Nous avons également préconisé de développer des établissements tels que le pavillon La Terrasse, qui ont vraiment cet objectif de sortir ces personnes qui sont très marginalisées et de leur permettre de remettre un pied dans la société.
C’est dans le même état d’esprit que nous avons abordé les sujets liés à la prostitution en renforçant les dispositifs des acteurs qui œuvrent déjà auprès de ces personnes, mais aussi en proposant de créer un observatoire de la prostitution dans les bois, ce qui permettra une meilleure coordination des différents intervenants.
Oui, l’ensemble de ces mesures fait consensus et j’espère que nous aurons l’occasion, bientôt, de voter justement dans cet hémicycle ces mesures ainsi qu’un plan d’investissement. Bien sûr, nous serons aussi très vigilants à l’application de toutes ces préconisations.
Maintenant, comme je l’ai dit en préambule, il y a des sujets sur lesquels nous aurions voulu aller plus loin. En matière de gestion forestière, le débat reste vif. Notre groupe souhaiterait qu’il y ait un moratoire sur les coupes, quelle que soit d’ailleurs la surface des parcelles. Les coupes rases, en effet, pour nous sont inadaptées, notamment à l’urgence climatique dont je faisais état en préambule. Nous prônons une approche beaucoup plus douce, plus moderne, préconisée par de grands acteurs tels que l’O.N.F. ou encore l’Agence régionale de biodiversité en Ile-de-France. Sur ce sujet, mon collègue Franck MARGAIN aura l’occasion de revenir plus en détail.
Pour l’organisation des grands événements, la M.I.E. préconise d’établir un protocole pour objectiver les études d’impact sur l’environnement. C’est un premier point, c’est une avancée, et pour moi cela sera très utile pour tous les événements intermédiaires. Mais lorsque les événements sont de grande envergure, nous considérons qu’il n’y a plus à arbitrer, il faut simplement les délocaliser parce que lorsqu’ils sont trop bruyants, lorsqu’ils sont trop fréquentés, ces événements abîment énormément la faune et la flore. Pour nous, il faudrait qu’ils soient en dehors de Paris ou à Paris, mais certainement pas dans les bois.
Un autre axe de divergence, c’est vrai que notre groupe aurait souhaité que l’on puisse utiliser davantage les nouvelles technologies à des fins d’optimisation des bois. Nous nous sommes aperçus que le traitement des données avait besoin d’être amélioré, parce qu’il y a des données, mais elles ne seront pas forcément exploitées, mais là encore, pour nous, les nouvelles technologies permettraient de mieux suivre la biodiversité et ainsi de la protéger. C’est aussi le cas pour améliorer les parcours sportifs grâce à des applications numériques ou encore pour lutter contre les incivilités.
Les incivilités, je ne prendrai qu’un seul exemple, celui des gravats qui est un véritable fléau au sein des bois : 612 mètres cubes pour Vincennes et 1.809 mètres cubes pour le bois de Boulogne. Si on cumule les deux, c’est l’équivalent d’une piscine olympique à remplir chaque année. A ce sujet, c’est vrai que l’O.N.F. nous avait proposé à la M.I.E. et mis à disposition des procédés qu’ils utilisent de capture photo qui permettent de lutter efficacement. Ils avaient donné tous les protocoles de sécurité pour les mettre en œuvre. Je regrette, en effet, que la mission ne se soit pas saisie de ce sujet.
En matière de propreté et de sécurité, nous arrivons rarement au sein de cet hémicycle à nous mettre d’accord, que ce soit sur l’intramuros ou sur les bois, et il se trouve que là aussi nous savons que la municipalité a tendance tout de même à s’autocongratuler assez facilement, alors que sur ces sujets les Parisiens attendent encore de nombreuses améliorations. Sur ces sujets, c’est ma collègue Véronique BALDINI qui aura l’occasion de revenir en détail.
En guise de conclusion peut-être, cette mission a permis de mettre en lumière la nécessité d’améliorer le processus de concertation notamment avec les communes riveraines. Je me réjouis que des préconisations aillent dans ce sens pour améliorer la fluidité et la prise de décision avec ces partenaires.
Enfin, cette mission a aussi montré à quel point des recettes sont générées dans les bois, mais ces recettes sont, hélas, fondues dans le budget global de la ville. Nous considérons que si des redevances qui se montent à peu près à 46 millions d’euros étaient fléchées pour la préservation, l’amélioration des bois, ils s’en porteraient beaucoup mieux.
En effet, pour l’instant, de l’autre côté, face aux 46,5 millions de recettes, c’étaient 9,8 millions qui étaient affectés à la DEVE pour les deux bois en 2014. Si nous arrivions à les flécher, ils pourraient être mieux utilisés. C’est pour cela que mon groupe proposait une structure dédiée avec un budget et une gestion autonome des bois afin que les 68 préconisations que nous allons présenter et débattre maintenant puissent être mises en place.
Je vous remercie.
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par vm2017 | Déc 30, 2023 | Conseil de Paris Ecologie
Retrouvez mon intervention lors du débat sur le Plan Climat et ma réponse à la Maire de Paris Anne Hidalgo:
Madame la Maire, mes chers collègues, je veux d’abord réagir, Madame la Maire, à la façon dont vous vous adressez aux élus de la droite de l’hémicycle. Au-delà d’une attitude condescendante depuis le début du débat, vous avez qualifié les élus de « les gens là-bas ». Les gens là-bas, ce sont aussi des élus de la République, ce sont des élus parisiens et nous méritons un minimum de considération à cet effet.
Vous avez aussi affirmé que nous vous reprochons de faire des plans, mais vous n’êtes pas allée jusqu’au bout de la phrase, parce que nous vous reprochons de ne faire que des plans de communication, à longueur de journée. Des plans de communication qui ne sont pas suivis d’actions ni de résultats concrets.
En ce qui concerne Mme CORDEBARD, lorsque l’on est la maire de la place de la République, qui a été le lieu qui cet été a connu un pic de chaleur, le pic culminant de chaleur en raison de sa minéralité, vous auriez dû, lors de votre intervention, faire profil bas et ne pas avoir des propos aussi arrogants envers les élus de l’opposition.
Ce plan Climat, loin d’être une stratégie cohérente, ressemble à une mosaïque d’incantations. Le document souffre d’un manque flagrant de pédagogie, d’une analyse préalable des faiblesses, des moyens et du budget déployés, mais aussi des priorités à établir.
Les nombreuses répétitions contribuent à une confusion générale. Il semble que l’esprit de synthèse d’ailleurs ne soit pas le point fort des auteurs de ce plan. Le plan Climat est une série de promesses irréalistes telles que la création des forêts urbaines, que je devrais plutôt qualifier de bosquets, la plantation de 170.000 arbres, plutôt de jeunes pousses, et j’ai même lu dans la presse que vous considérez les plants comme des arbres. C’est sûr qu’à 170.000 plants, on va peut-être y arriver. J’ai aussi les 300 hectares d’espaces incluant les rues jardins.
Cette surenchère dans la communication suscite le scepticisme. Elle évoque, tout comme d’ailleurs votre intervention, une citation de Pierre Dac : « quand les bornes sont franchies, il n’y a plus de limite ». On se demande alors quelles seront les prochaines étapes sémantiques que vous allez utiliser. Est-ce que ce sera Paris en jungle urbaine ou encore en mangrove ? Vous allez me dire, au vu du chaos dans l’espace public, nous y sommes presque.
Pour y remédier, notre groupe a déposé un amendement pour une meilleure programmation des chantiers parisiens dans le but de réduire leur nombre et aussi de mieux contrôler les pollutions entraînées. Nous avons soumis un vœu à la Ville espérant des éclaircissements sur ces 300 hectares d’espaces verts annoncés, suivant d’ailleurs les recommandations de la Mission régionale d’autorité environnementale.
La communication de la Ville à ce sujet reflète une désorganisation totale et un manque de respect. Quelle surprise de découvrir que des cimetières figurent parmi ces espaces verts ouverts aux publics. Comptabiliser les cimetières, c’est une manière originale de fleurir les chiffres, mais surtout cela enterre définitivement mes espoirs de voir un plan Climat sérieux et bien fondé.
Notre groupe Changer Paris a proposé 64 amendements visant à mettre en œuvre des actions réalistes et efficaces. Nous recommandons une approche plus rigoureuse concernant les surélévations des immeubles. Le P.L.U. bioclimatique vous permet des surélévations des immeubles existants dans les voies de plus de 12 mètres de large. Il est essentiel d’examiner des configurations des dents creuses de façon individuelle pour éviter la formation des canyons urbains, sanctuariser des espaces de respiration, mais aussi préserver des bâtiments emblématiques et le patrimoine faubourien. Avec les acteurs locaux, nous suggérons de poursuivre le recensement des dents creuses débuté par la commission du Vieux Paris en 2006.
Concernant la lutte contre les îlots de chaleur urbains, des études doivent être menées pour réaménager les zones identifiées par l’APUR. Il est également important de choisir des matériaux de construction écologiques et esthétiques en privilégiant la pierre de taille, par exemple. C’est ce que nous proposons dans un amendement.
Nous avons déposé des amendements pour mieux concilier les techniques de construction avec l’esthétisme du paysage urbain parisien. Nous demandons aussi à la Ville de dissiper les imprécisions quant à la hauteur des bâtiments et de respecter strictement le règlement des hauteurs et les gabarits définis dans le plan local d’urbanisme de Paris, limitant les dérogations à des cas très spécifiques, en cas de travaux de rénovation thermique ou de végétalisation de toitures qui viendraient légèrement, je précise, légèrement dépasser ces plafonds.
L’approche actuelle néglige aussi l’importance de la gestion à l’échelle métropolitaine, notamment en matière de neutralité carbone, qui ne peut être évaluée de manière isolée.
Pour conclure, il est regrettable de constater que des mesures de ce plan se perdent dans les méandres de l’idéologie, qu’il s’agisse de dicter nos choix alimentaires ou de créer un bureau dédié, je cite : « au genre et à la transition écologique ».
Ce plan Climat semble plutôt une toile où le vert écologique n’est qu’une fine couche superficielle sur un fond rouge idéologique très profond. Cet écran de fumée écologique ne parvient pas à dissimuler aussi bien l’absence de progrès concrets que l’insuffisance de solutions pragmatiques. Je vous remercie.