Mieux protéger les arbres

Mieux protéger les arbres

La Ville de Paris dispose d’un patrimoine arboré d’environ 500.000 arbres. Je crois qu’une évidence nous rassemble tous, c’est celle de dire que la végétalisation joue un rôle thermorégulateur en milieu urbain, et que les espaces verts participent à la politique d’atténuation face au changement climatique et permet de lutter contre les îlots de chaleur urbains.

Je voulais attirer l’attention de notre Assemblée. Nous discutons souvent sur la qualité des arbres, sur leur caractère remarquable ou pas, et il se trouve que des travaux ont été réalisés par les baromètres de l’arbre, notamment l’association « Plante & Cité », ainsi que le Conseil de l’architecture, de l’urbanisme et de l’environnement. Ces travaux sont très intéressants et je voulais attirer l’attention de notre Assemblée sur ce baromètre qui est accessible librement et gratuitement sur le site Internet.

L’intérêt de ce dispositif est qu’il permet à la fois d’évaluer la valeur intégrale d’un arbre, en prenant en compte ses caractéristiques, notamment écologiques et environnementales, et ses protections réglementaires, mais aussi de fournir des données fiables pour protéger les arbres, sensibiliser à leur présence et savoir quoi faire en cas de dégradation.

Le système actuel en vigueur à la Ville de Paris pour déterminer la valeur d’un arbre ne prend pas suffisamment en compte l’aspect remarquable de certains spécimens. Il a une fonction purement technique, sans vocation de sensibilisation à l’entière population, contrairement justement au Barème de l’Arbre.

C’est pourquoi nous demandons que la Ville de Paris approuve et mette en pratique, dans ses activités et sur son territoire, le barème d’évaluation des arbres disponible sur le site Internet dédié, et que soit aussi mises en place les dispositions proposées par les promoteurs du Barème de l’Arbre, pour sensibiliser à la présence des arbres et se prémunir face aux dégradations qu’ils pourraient subir.

Jardin d’agronomie tropical

Jardin d’agronomie tropical

Le jardin d’agronomie tropicale est un lieu unique à Paris, aussi bien sur le plan patrimonial, environnemental et mémoriel. Il fut fondé en 1899 en tant que jardin d’essences exotiques provenant des colonies françaises d’Asie et d’Afrique, tel que les arbres à caoutchouc et les cacaoyers. Angkor était devenu une vitrine de l’empire français dans le cadre de l’exposition coloniale de 1907. Mais, voilà, plusieurs associations ont dénoncé, à juste titre, son état d’abandon et ont demandé la restauration du lieu. En effet, en dehors des pavillons d’Indochine et de Tunisie qui ont déjà été restaurés, le jardin souffre d’un entretien très aléatoire. Aussi, je vous rappelle que la Ville de Paris est propriétaire du site depuis 20 ans et qu’aujourd’hui, nous n’avons aucune visibilité sur sa remise en état global et sur la mise en valeur sur le plan patrimonial, environnemental et mémoriel, que j’ai déjà évoqué. Je vous rappelle l’importance de pérenniser et d’entretenir les jardins existants.

Nous vous demandons donc, à travers ce vœu, que la Ville de Paris présente un plan de réhabilitation et de mise en valeur des pavillons historiques particulièrement symboliques sur le plan mémoriel, ainsi que des serres du jardin d’agronomie tropicale.

Question à la Maire de Paris relative à l’abattage de 200 arbres dans le Bois de Vincennes.

QUESTION À LA MAIRE DE PARIS – Séance des 22, 23, 24 et 25 mars 2022  de Valérie MONTANDON et des élus du groupe Changer Paris

 Avec ses 995 hectares, le Bois de Vincennes est le plus grand espace vert parisien. Il est presque trois fois plus étendu que Central Park à New York et un peu plus vaste que le plus grand de Londres, Richmond Park. Ce lieu a connu plusieurs réaménagements d’ampleur au cours de sa longue histoire : au milieu du XVIIIème siècle, où sa surface boisée a été multipliée par dix, durant le Second Empire avec le réaménagement d’Adolphe Alphand ou après la Seconde Guerre mondiale avec la transformation des dernières emprises militaires. Comptant aujourd’hui près de 146 000 arbres, le Bois de Vincennes est classé au titre des sites naturels pittoresques depuis 1960.

C’est aussi un lieu majeur de détente et de pratique sportive. Ses multiples installations de loisirs, culturelles ou sportives, ses lacs ou tout simplement allées ombragées par des arbres plusieurs fois centenaires font le bonheur quotidien des Parisiens, des habitants des villes environnantes, des franciliens et même des visiteurs de passage.

Ses atouts sont donc incontestables et notre devoir – en tant qu’élus de Paris – est de préserver ce joyau naturel, historique et social de notre ville. Ces dernières semaines pourtant, 200 arbres anciens, durables et bonne santé ont été abattus afin de créer une « zone de reboisement » au grand étonnement des Parisiens et des médias. Alors que notre Conseil a voté en octobre dernier un plan avec un objectif de plantation de 170 000 arbres sur la mandature, vous continuez d’abattre des arbres sans aucun fondement scientifique. L’avis des experts est pourtant clair sur ce sujet : il faut tout d’abord prendre soin des arbres existants et les maintenir le plus longtemps possible, puis parallèlement et dans d’autres endroits, multiplier les plantations.

Un arbre c’est du temps long. C’est ce que prouve l’histoire pluriséculaire du Bois de Vincennes et de ces arbres que vous avez récemment abattus alors qu’ils avaient traversé les époques et l’Histoire de Paris. Les effets d’un arbre mature et coupé et ceux d’un jeune arbre tout juste planté ne sont pas les mêmes. Le taux de dépérissement des jeunes arbres est supérieur à 30%. Ainsi, une replantation va s’accompagner d’une longue et incertaine zone grise de 5 à 10 ans … dans laquelle l’arbre a une chance sur trois de devoir être replanté.

À ce titre, Valérie MONTANDON et les élus du groupe Changer Paris vous demandent :

quelles raisons véritablement valables (scientifiques notamment) vous ont poussé à choisir ce lieu plutôt qu’un autre et à abattre ces arbres afin d’établir cette « zone de reboisement » ?

L’oasis verte

L’oasis verte

Sur ce dossier, je ne sais pas à quoi jouent les Ecologistes. Pour rappel, il s’agit en effet d’un mur végétal qui est menacé, d’un mur végétal mais pas seulement, de toitures aussi, de nombreuses toitures qui sont laissées en friche et qui sont une véritable réserve pour les oiseaux ainsi qu’une réserve de biodiversité végétale.

Il est vrai que le devenir de ce projet immobilier dépend énormément des décisions juridictionnelles qui vont avoir lieu bientôt, et pour l’instant, les marges de manœuvre de la Ville de Paris ne sont pas très grandes, surtout qu’elle a laissé passer en 2017 la délivrance du permis de construire.

Quoi qu’il en soit, j’ai déposé une question orale au dernier conseil d’arrondissement pour savoir, justement, quelles étaient les marges de manœuvre et notamment si la Ville, dans le cadre du P.L.U. bioclimatique, avait l’intention de réserver cette parcelle pour un E.V.P. ou, du moins, pour un projet beaucoup moins dense et respectant cette oasis de verdure. Et je suis très étonnée du vœu des Ecologistes qui montre qu’il y a une marge de manœuvre qui est la préemption, qui n’avait pas été abordée jusqu’à présent. Je pensais honnêtement que le levier de la préemption était dépassé, puisque la délivrance du permis datait de 2017. Mais là où c’est beaucoup plus subtil, c’est que le vœu d’origine demandait la préemption, tout simplement, de cette oasis, et si c’est le cas, tant mieux, et puis, bien sûr, vous avez l’amendé moins de deux jours après pour totalement l’édulcorer, puisqu’il s’agit en effet d’étudier, voire de poursuivre l’étude éventuelle d’une préemption dans une commission…

En fait, on a l’impression que c’est le calendrier électoral qui vous fait réveiller sur ce sujet, mais pour l’instant, en effet, rien ne change ou, du moins, vous n’avez pas la volonté politique de le faire.

Retrouvez mon intervention en séance du Conseil de Paris en cliquant sur la vidéo ci dessous

Plan d’Aménagement et de Développement Durable: méfiance!

Plan d’Aménagement et de Développement Durable: méfiance!

PADD

Le plan d’aménagement et de développement durable, ou PADD, est un élément clef dans l’élaboration du nouveau Plan Local d’Urbanisme bioclimatique. Malheureusement, ces premières orientations manquent d’objectifs chiffrés et engageants, qui pourraient garantir une sobriété foncière, une protection des espaces verts et une lutte contre le réchauffement climatique et ses effets.

 

 

Mme Valérie MONTANDON.- Merci, Madame la Maire.

Mes chers collègues, avant même de commencer mon intervention, je voulais réagir sur ce que je viens d’entendre. Émile MEUNIER a fait juste avant une intervention qui disait totalement le contraire, en disant, en effet, que l’on utilisait tous les espaces libres pour construire. Et vous nous dites qu’en fait, plus on construit, plus les Parisiens s’en vont, et que, donc, il faut continuer à construire. Enfin, il y a quelque chose de pas logique du tout. Je vous invite à vous mettre d’accord entre vous.

Je voulais vous dire que, comme mes collègues, je déplore que l’on commence ce débat sur les orientations du PADD sans avoir débattu ensemble au Conseil de Paris, mais aussi avec les Parisiens sur le bilan du diagnostic territorial et du diagnostic environnemental. Cela a été biaisé, tout a été bâclé. Et d’ailleurs, votre communication d’aujourd’hui est elle aussi bâclée, et je le regrette. Je le regrette parce que j’ai vraiment l’impression que vous voulez tourner la page très vite de l’ancien P.L.U. 2006 et de sa révision, notamment en 2016, où il comportait de nombreuses dérives, que vous avez du mal à assumer aujourd’hui.

Je n’avais pas forcément prévu de parler de Netter-Debergue, mais Mme la Maire de Paris, tout à l’heure dans son introduction, l’a cité comme exemple. Mais ce n’est pas un exemple à prendre, parce que la parcelle Netter-Debergue, justement, lors de la révision du P.L.U., a été déclassée. D’ailleurs, c’était un espace protégé pour du jardin à 100 % et cela a été déclassé pour construire. En plus, cela a été des constructions qui n’ont pas respecté l’existant : ni l’existant des arbres, puisqu’ils ont tous été abattus, ni l’existant que sont les riverains, parce que les constructions se sont faites au plus proche des bâtiments existants, provoquant même parfois des destructions de murs lors du début des travaux.

Je voulais vous dire que, face à l’urgence climatique que nous connaissons, face à l’augmentation du phénomène d’îlot de chaleur urbain, face aux prévisions météorologiques selon lesquelles on prévoit de plus en plus de périodes de canicule dans la capitale, notamment des nuits tropicales où l’on ne descendra pas en dessous des 25 degrés Celsius, où il va y avoir des inconforts, des dysfonctionnements de l’écosystème, face à tout cela, on ne peut pas avoir la main qui tremble lorsque l’on parle de sobriété foncière ou d’engagement sur les espaces verts. Hélas, je vous le dis, vous avez la main qui tremble.

D’abord, vous avez la main qui tremble parce que vous ne mettez aucun objectif chiffré. Le seul endroit où il y en a, c’est le logement. Et encore, c’est simplement pour répéter que vous avez comme objectif 30 % de logements sociaux en 2030. Lorsque l’on regarde dans le détail, vous n’expliquez pas comment vous souhaitez rééquilibrer les logements sociaux dans les quartiers. Je vous rappelle que, dans certains arrondissements, comme le 13e ou le 19e arrondissement, on atteint 42,50 % de logements sociaux, et vous continuez à construire du logement social dans ces arrondissements, et même dans certains quartiers, comme dans le 13e arrondissement, le quartier Jeanne-d’Arc, où l’on atteint les 60 % de logements sociaux. Là, j’aurais bien voulu voir comment vous comptiez rééquilibrer justement ces logements. Pareil, le logement intermédiaire, qui, pourtant, est un logement destiné aussi à la classe moyenne. « Quid » dans cette orientation ? Je ne vois rien du tout.

Concernant les espaces verts, là aussi, vous manquez énormément de clarté. On aurait pu s’attendre à ce que vous envoyiez un engagement fort sur le zéro artificialisation nette des sols. Pourtant, il n’y a rien. C’est un engagement que l’on a pris tous conjointement lors du vote du « Plan Biodiversité » en 2018. Pourtant, expliquez-moi, je ne vois rien. Il y a aussi les coefficients de biotope. Certes, c’est un peu technique, mais enfin, les coefficients de biotope, ce sont ceux qui permettent d’avoir une définition de ce qu’est la pleine terre. Aujourd’hui, la pleine terre, ce n’est pas la pleine terre telle qu’on l’entend. Cela prend en compte les jardinières, les murs végétalisés. Là encore, j’aurais pu espérer que, dans un tel débat d’orientation, nous ayons votre définition de la pleine terre. Ce sera peut-être une autre fois.

Je voulais aussi rebondir sur les déclarations du premier adjoint. Cher Emmanuel, je pense qu’en ce moment, vous devez être très torturé vu le nombre des multiples injonctions contradictoires que vous avez faites. Tout d’abord, un jour, il y a des tours, un autre jour, il n’y en a plus. D’ailleurs, je ne sais pas comment vous faites, dans la même semaine, pour avoir une communication sur le fait que vous vous réjouissez de la tour Triangle, et puis, deux jours après, nous expliquer qu’il ne faudra plus de tours à Paris. D’ailleurs, je veux bien aussi avoir quelques éclaircissements sur Bercy-Charenton, dossier qui, vous le savez, me tient à cœur, parce que, là encore, j’avais cru comprendre que les tours étaient enterrées. Mais, non, je vois que, de nouveau, vous avancez le slogan que la verticalité permettra certainement d’éviter l’horizontalité. Sauf qu’avec vous, le problème, c’est que l’on a, et la verticalité, et l’horizontalité. On a les deux pour le prix d’un.

J’espère que vous allez bientôt nous rejoindre sur notre vision de Bercy-Charenton. Vous savez que ce territoire est complètement enclavé entre le périphérique, les voies ferrées, l’échangeur de Bercy, et que nous partageons une vision d’un territoire qu’il va falloir recoudre, avec un projet de bâtiments à taille humaine et, bien sûr, avec des espaces verts et des jardins conséquents. Mais je ne désespère pas qu’un jour vous nous rejoigniez.

En fait, je voulais vous dire que ne pas anticiper qu’il sera difficile de vivre bien en vivant serré, si vous n’arrivez pas à anticiper cela, c’est une erreur majeure. Ne pas reconnaître que la densité du bâti est un facteur majeur – je dis bien « majeur » – du phénomène d’îlot de chaleur urbain, là aussi, c’est irresponsable. Je vous invite à aller voir, dès 2016, lorsqu’il y avait la révision du P.L.U., nous avions déposé des vœux pour sanctuariser les espaces verts et les espaces de respiration. Mais, bien sûr, cela avait été refusé. Donc, quand on parle de sobriété foncière, je voulais vous dire que ce n’était pas mettre forcément Paris dans du formol, mais c’était surtout l’adapter, moderniser l’existant et faire en sorte que l’on puisse voir des nouveaux usages dans les bâtiments existants. Enfin, je vous invite aussi à avoir une vision métropolitaine, qui est totalement absente de votre communication.

Je donnerai rapidement les positions des vœux concernant certains vœux rattachés de votre groupe. D’abord, nous voterons favorablement les vœux qui demandent l’arrêt des projets de construction de tour. En revanche, nous aurons du mal à voter votre vœu, Madame SIMONNET, parce que 30 % d’emprise de pleine terre sur tout Paris – si c’est sur les nouveaux projets, oui, bien sûr – mais sur tout Paris, on ne voit pas comment c’est faisable. Nous sommes aussi d’accord avec vous sur le constat qu’il n’y a pas eu de débat préliminaire et de bilan. Mais, là encore, nous ne voulons pas retarder le débat sur le P.L.U., d’autant plus que nous souhaitons comme vous qu’il y ait bientôt un sursis à statuer.

Là encore, je regrette que les Verts retirent leur vœu au profit de celui de l’Exécutif, parce que le vôtre était vraiment engageant, Monsieur MEUNIER, alors que celui de l’Exécutif met des conditions qui sont totalement, je n’allais pas dire irréalisables, mais quand on me dit que c’est pour les projets de nature à compromettre ou à rendre plus difficile l’existence du futur Plan Local d’Urbanisme, je peux vous dire que votre vœu perd toute sa nature et son engagement.

En conclusion, je voulais vous dire que nous sommes très préoccupés par les sujets de santé et qu’en effet, comme le fait mon collègue Rudolph GRANIER dans le 18e arrondissement, nous sommes favorables à maintenir des activités de santé dans l’hôpital Bichat, mais que le vœu, hélas, est mal ficelé.

En conclusion, cette communication brasse beaucoup de vent. Vous allez me dire : le vent, c’est peut-être de l’énergie renouvelable. C’est peut-être un début.

Plan arbre: qui peut y croire?

Plan arbre: qui peut y croire?

Plan Arbre

L’écologie est désormais un sujet majeur dans notre société, et la mairie de Paris l’a bien compris. Afin d’attirer des électeurs qui ne se concentrent que sur les paroles et les promesses hâtives, de nombreux plans verts sont développés, mais ne voient jamais le jour. Ainsi, entre images de synthèse et projets impossibles, tout cela n’est que de la poudre aux yeux. Pourtant, ce n’est pas faute d’offrir des solutions …

Mme Valérie MONTANDON.- Mes chers collègues, Madame la Maire, à quoi reconnaît-on que vous êtes en campagne ? En fait, les forêts urbaines rejaillissent de partout.

Je pensais honnêtement qu’après la déroute des annonces faites en 2019, vous n’oseriez pas remettre le couvert sur les forêts urbaines. Mais si, dans le Plan Arbres, vous le faites !

Je rappelle la séquence. Vous nous aviez bombardés en juin 2019 de belles images de synthèse, alléchantes. Je crois que la palme revenait à celle de l’Hôtel de Ville, on aurait dit le château de la Belle au bois dormant. En 2020, après les élections, le couperet était tombé, ce n’était pas réalisable techniquement.

Là, sur le Plan Arbres, vous recommencez. C’est sûr que ces images de synthèse n’avaient vocation qu’à verdir votre communication de campagne. C’est encore le cas aujourd’hui avec cette communication, qu’importe la faisabilité des projets.

Les forêts urbaines ne sont pas les seuls éléments qui empêchent et montrent que ce n’était pas faisable. Vous avez aussi l’annonce des 170.000 arbres, mes collègues sont revenus dessus. En effet, là encore ce n’est pas faisable.

Je vais vous soumettre un exemple à titre de comparaison. Sous la période Haussmann, sous les 17 ans de grands travaux, 80.000 arbres ont été plantés. Je vous laisse méditer sur ce chiffre.

Je vous laisse aussi méditer sur un autre chiffre qui vous trahit au sein de cette communication. Vous parlez d’un accroissement de l’objectif de l’indice de canopée de 2 %. Quand on sait ce qu’est l’indice de canopée, c’est la mesure de l’ombre portée des arbres, si cet indice ne monte que de 2 %, comment se fait-il que vous communiquiez sur 170.000 arbres qui représentent, eux, une augmentation de 34 % par rapport à l’existant ?

Vous le voyez bien, entre 34 % et 2 %, il y a un décalage énorme. Cela montre bien que votre objectif, c’est du pipeau.

Monsieur NAJDOVSKI, je vais vous interroger et vous demander peut-être d’avoir une certaine honnêteté intellectuelle. Le Plan Arbres que vous nous présentez aujourd’hui, ce n’est pas un plan arbres, c’est un plan jeunes pousses. Les forêts urbaines, ce ne sont pas des forêts urbaines, ce sont des arbres dans des pots.

Je voulais aussi réagir sur la charte des droits de l’arbre proposée par le groupe les Ecologistes. Vous appartenez quand même à une majorité qui ne cesse d’abattre les arbres pour assouvir tous les projets denses urbains. Vous nous brandissez une charte des droits des arbres pour essayer de vous faire pardonner. On a l’impression que vous cherchez une certaine absolution. Nous n’en sommes pas dupes. C’est d’ailleurs pour cela que nous allons nous abstenir.

Je voulais enfin revenir à quelque chose de plus réjouissant. Nous vous avions proposé d’expérimenter l’indice N.D.V.I., qui mesure la végétalisation. C’est un indice de végétalisation par différence normalisée. Il permet d’avoir une mesure beaucoup plus dynamique de la végétalisation, par rapport à un indice de canopée qui ne mesure que les ombres portées. Nous vous demandons de l’expérimenter.

J’ai vu un amendement qui va accepter de développer cet indice au niveau de tout Paris. Je voulais vous dire que je m’en réjouis. Si je ne l’avais pas proposé au niveau de Paris, c’est parce que dans le 12e on m’avait dit que c’était simplement utilisé sur les terres agricoles. Je me réjouis que l’on puisse disposer bientôt de cet outil, notamment dans le plan local d’urbanisme bioclimatique. Je vous remercie.

Vous l’aurez compris, en guise de conclusion nous vous demandons beaucoup plus d’actions et moins de communication. Merci.