Monsieur le Maire,
je tiens tout d’abord à saluer la persévérance et la constance de notre président de groupe, Grégory CANAL, ainsi qu’Inès de RAGUENEL, qui ont demandé, avec régularité et insistance, la constitution d’une mission d’information et d’évaluation. Je le dis et je le répète, parce que M. BELLIARD, tout à l’heure, semblait peu familier avec les exigences de la décence, puisque ce travail, c’est nous qui l’avons exigé, alors qu’il a justement essayé de se l’approprier ; et parce que c’est aussi un peu facile de se défausser de la responsabilité de la majorité actuelle et de tout remettre sur le soi-disant Gouvernement.
Cela dit, en effet, depuis janvier 2026, ce sont 132 agents qui ont été suspendus, dont 52 pour suspicion de violences sexuelles. Derrière chacun de ces chiffres, il y a un enfant ; un enfant victime ou un enfant témoin, marqué durablement par ce qu’il n’aurait jamais dû ni voir ni subir. Ce vœu, qui demande des brigades de psychologues, est une demande très forte des parents, notamment lors des réunions sur les violences dans le périscolaire, dans les écoles, dans les préaux ou dans les salles de nos écoles. Une question revient de façon récurrente : comment mieux détecter, en amont, les profils dangereux ? Soyons lucides, la vérification du casier judiciaire ou du F.I.J.A.I.S. est un préalable certes indispensable, mais elle ne dit en rien l’aptitude réelle d’un adulte à travailler auprès d’enfants. Un casier vierge n’est pas un certificat de sécurité, et la formation, j’insiste sur ce point, est certes indispensable, mais elle n’est pas suffisante. On peut former quelqu’un au bon geste sans jamais avoir évalué sa personnalité, son rapport à l’autorité ou son comportement sous tension.
C’est précisément ce que propose notre dispositif : des brigades de psychologues, rattachées à la DASCO, qui font passer des tests psychotechniques à chaque nouvel agent et qui mènent des contrôles aléatoires réguliers – j’insiste sur ce point – sur les animateurs déjà en poste. L’objectif est double : d’abord, mieux détecter les profils à risque, là où le casier est aveugle ; mais aussi, et c’est essentiel, donner aux animateurs eux-mêmes les clés pour repérer les comportements à risque au sein des équipes. Vous le savez, il faut donner les moyens à ces animateurs de les repérer et d’oser les signaler, car la sécurité d’un enfant, c’est l’affaire de toute une équipe, et pas simplement d’une case cochée à l’embauche. La transparence et le contrôle ne sont pas des options, ce sont des impératifs catégoriques pour restaurer la confiance des familles.
Lorsque ma collègue Inès de RAGUENEL a proposé ce dispositif, Madame BOUX, vous lui avez répondu avec une certaine légèreté. Or, je vous informe que nous avons co-écrit ce vœu avec les familles des victimes. En outre, de tels dispositifs, ces fameuses brigades de psychologues, existent aussi dans des institutions aussi sérieuses que l’armée. Monsieur le Maire, vous avez promis la tolérance zéro et un réexamen de fond en comble. Vous avez annoncé 20 milliards d’euros, sans détail, il est vrai. Aujourd’hui, nous ne vous demandons pas simplement un discours, nous vous tendons un outil concret. La seule question qui vaille, en ce moment, c’est : allez-vous accepter ce vœu de brigade psychologique – comme d’ailleurs les autres dispositifs -, encore une fois demandé par les familles parisiennes ? Je pense que celles-ci demandent des actes concrets, et pas simplement de vous croire sur parole.
Je vous remercie.