Pour un réaménagement de la Place Daumesnil sur le modèle de la Place Nation

Pour un réaménagement de la Place Daumesnil sur le modèle de la Place Nation

Monsieur le Maire.
Mes chers collègues,

Depuis le lancement du projet de réaménagement de la place Daumesnil, les habitants et les usagers sont inquiets ; ils sont inquiets du projet de la configuration que vous avez présenté, et ils sont aussi inquiets de la concertation, ou devrais-je dire de la pseudo-concertation que vous menez.

Je rappellerai à notre hémicycle, lorsque la concertation a été lancée, qu’elle a été lancée sur un seul scénario, ce qui est assez limité lorsqu’on prétend vouloir faire de la concertation. Si vous aviez mené des réunions très ouvertes, très publiques, je mentionnerais par exemple la réunion de restitution de la concertation, la première réunion de restitution, qui était dans un nombre limité par rapport à la jauge de la mairie, mais tout de même. Vous n’avez même pas fait de retransmission en direct, alors que ce sont quand même des procédés qui, aujourd’hui, sont à développer. Beaucoup de gens n’ont pas pu s’exprimer, pendant la concertation ou lors de la restitution.

Si vous aviez mené cette concertation, de façon plus objective, vous auriez vu que les habitants et les usagers avaient des préoccupations quant à un partage mieux équilibré, entre les différents usages, soit à la sécurité des piétons, surtout en remettant les piétons au cœur du système, à une fluidité des transports en commun, à une protection du patrimoine ou encore qu’ils étaient très attachés au maintien du marché, à sa localisation et à sa fréquence.

Vous auriez vu qu’ils sont prêts et qu’ils veulent un réaménagement. Ils ne sont pas butés au statu quo. Au contraire, ils veulent un réaménagement sur le modèle de la place Nation, c’est-à-dire avec un agrandissement de l’îlot central, avec un accès facilité à la place, avec la conservation du sens giratoire et la végétalisation.

Je vous rappelle, même si cela est douloureux, dans le programme de campagne du deuxième tour de M. GRÉGOIRE, boité à l’ensemble des habitants du 12e, qu’il était marqué noir sur blanc – je le dis parce qu’au Conseil d’arrondissement, on a essayé de me faire croire que ce n’était pas vraiment cela – qu’un réaménagement de la place Félix Éboué était sur le modèle de la place Nation. Nous la réaménagerons au profit des piétons et des modalités douces. Nous la végétalisons pour en faire un vrai lieu de vie.

Pour toutes ces raisons, nous vous demandons de bien vouloir mener une étude du réaménagement de la place Daumesnil, sur le modèle de la configuration de la place Nation. Je vous remercie.

Rétablir la vérité sur Bercy Charenton

Rétablir la vérité sur Bercy Charenton

Monsieur le Maire. Mes chers collègues, c’est une délibération qui traite du bilan de concertation sur la Z.A.C. Bercy Charenton, suite à la remise à plat du projet.

On aurait pu penser que c’était une délibération qui allait simplement retraduire la consultation faite auprès des habitants, mais la majorité en a profité pour réécrire l’histoire, pourquoi pas. Je comprends que vous ayez besoin de gommer un passé douloureux, parce que c’est un dossier qui remonte à 2011. On a perdu beaucoup de temps, beaucoup d’argent du contribuable parisien.

Voilà peut-être la raison du pourquoi vous décidez de réécrire l’histoire. Pourquoi ? Parce que je vais vous citer une phrase qui revient plusieurs fois, une notion qui revient plusieurs fois dans le bilan : « La modification du projet urbain Bercy Charenton s’est imposée avec la révision du plan local d’urbanisme lancée en 2020. Il s’agissait de traduire sur ce vaste territoire les ambitions du futur P.L.U. bioclimatique pour en faire un démonstrateur de la ville de demain ».

Toute personne qui était là la mandature précédente ou qui s’intéressait déjà à ce projet sait pertinemment que la révision du projet n’a pas été faite en raison du P.L.U. bioclimatique. Elle est bien antérieure.

Dès 2011, nous avions déjà dit que ce projet était obsolète. Obsolète, car vouloir faire des tours de 180 mètres de haut enclavées entre le périphérique, les voies ferrées, et l’échangeur de Bercy était un non-sens historique et écologique bien sûr.

Il vous aura fallu beaucoup de temps. Je voulais rappeler que dès 2018, lorsqu’il y a eu le vote dans cet hémicycle, à bulletin secret, de la délibération cadre, elle a été adoptée à simplement 3 voix près.

En effet, avec le groupe Les Ecologistes, nous avions demandé un scrutin public, parce que nous savions que ce projet était loin d’être accepté. Vous voyez bien qu’à 3 voix près, ce projet avait déjà du plomb dans l’aile.

Je voulais vous rappeler ce petit point historique. Et si le projet a été remis à plat, c’est surtout parce que notre groupe, de façon constante, s’est opposé à un projet qui était obsolète.

Je voulais aussi revenir sur l’enquête publique qui a eu lieu en 2016. Cette enquête publique, certes, était sur un projet qui a été remis à plat, mais beaucoup d’objectifs avaient été maintenus. Tout d’abord, celui, par exemple, des logements sociaux. Je vous rappelle que vous projetez 57 % de logements sociaux. Pourtant, lors de cette enquête publique, il y a eu une très forte mobilisation des Parisiens et habitants qui ont dit que la concentration de logements était trop importante.

Cette forte mobilisation a conduit notamment le commissaire enquêteur à faire une recommandation. Je la cite : « La commission d’enquête recommande de plafonner le pourcentage des logements sociaux imposés au profit de logements disponibles à la vente et au logement en accession de propriété, à un taux de 50 % ».

Vous êtes largement au-dessus. Là encore, bien sûr dans le bilan de concertation, il n’y a rien qui fait référence aux logements sociaux. Je suis assez étonnée qu’une observation qui a été très fortement portée lors de la commission d’enquête, large au public en 2016 pendant plus d’un mois, n’ait pas été soi-disant énoncée dans la consultation nouvelle que vous avez faite.

Je voulais aussi revenir sur la forme de cette concertation. Vous avez choisi et annoncé sur le site de la Ville, « proposer des ateliers de concertation en non-mixité ».

Je voulais vous dire que j’avais écrit à la Maire de Paris, le 26 septembre 2022, pour l’alerter que ces pratiques étaient pour nous contraires aux valeurs de la République, et à l’article 1er de la constitution du 4 octobre 1958 qui dispose : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens, sans distinction d’origine, de race ou de religion ».

Aucun habitant ne doit être discriminé, y compris en raison de son sexe ou de son genre, plus encore dans le cadre d’une procédure de concertation par principe ouverte à tous, de surcroît organisée par une collectivité territoriale.

Je regrette que la Maire de Paris n’ait pas répondu et qu’elle ait cautionné finalement ces formes d’ateliers qui créent une assignation identitaire, tout le contraire de l’universalisme que nous défendons, nous, au groupe Changer Paris.

Si je reviens aux objectifs qui sont énoncés au bilan de cette concertation, les quatre objectifs sont très larges. Un des objectifs est écologique, de recoudre Paris avec la banlieue. Bien sûr que nous adhérons à ces objectifs. J’ai envie de vous dire, ce sont ceux que nous soutenons depuis 2011. Nous avons donc perdu beaucoup de temps et de concertations pour en arriver finalement à quelque chose d’évident.

Ces objectifs sont très généraux, mais ont au moins le mérite de porter un projet qui est un peu plus raisonnable que celui que vous aviez fait précédemment.

Je voulais quand même revenir sur un point dans un des objectifs, le premier énoncé, c’est l’enjeu métropolitain, qui est vu dans ce projet. Je suis très étonnée que récemment, lorsque j’ai fait une demande aussi bien par courrier que par vœu, au premier adjoint, en demandant que soit porté l’intérêt métropolitain pour ce projet, cette demande ait été rejetée.

Je ne comprends pas, avec les caractéristiques d’un projet qui a tout pour être métropolitain, qu’on ne demande ni l’expertise ni les aides financières à la Métropole. C’est totalement incohérent, mais peut-être que vous allez évoluer sur le sujet dans le futur.

Je vais rapidement commenter l’amendement déposé par Les Ecologistes. Monsieur MEUNIER, si vous faites cet amendement, c’est parce que je sens que vous êtes très mal à l’aise. C’est une sorte de mea culpa. Avec tout ce que vous défendez à la porte de Montreuil ou autour du périphérique, vous dites qu’il ne faut plus construire.

Là, il se trouve que le projet de Bercy Charenton, vous avez validé un projet qui construit fortement tout le long du périphérique, et vous le savez. Forcément, vous commencez à faire une sorte de mea culpa avec cet amendement qui dit, attention à la santé environnementale. En effet, les gens qui vont travailler ou vivre à côté vont avoir des problèmes.

Je trouve que vous musclez, vous bombez du torse beaucoup lorsqu’il s’agit de défendre des projets sur lesquels vous n’avez pas forcément la main. Mais dans le 12e arrondissement, vous avez une mairie écologique, et là vous avez plutôt tendance à mettre tout sous le paillasson.

Le Périphérique et la fable du boulevard urbain

Le Périphérique et la fable du boulevard urbain

Mobilité : Périphérique, la fable du boulevard urbain

Les propositions radicales d’Anne Hidalgo et de David Belliard qui visent la transformation du périphérique en un boulevard urbain, sont toutes déconnectées des réalités socio-économiques de Paris, de l’Ile-de-France et des besoins des Parisiens et Franciliens.

Dans la réalité, ce sont les permis de construire qui fleurissent sur les talus du périphérique et non les arbres comme le déclare la majorité.

Je suis intervenue pour formuler des propositions concrètes – notamment un calendrier cohérent –  pour améliorer la vie des habitants et des usagers et pour demander que tous les acteurs, notamment État, Région et Métropole, soient associés.

Retrouvez mes interventions en séances du Conseil de Paris:

 

 

 

Mes chers collègues,

l’exercice est assez périlleux pour l’Exécutif, parce qu’il s’agit de faire croire que vous allez verdir un territoire, alors que vous avez souvent tendance à le rendre plus gris. La réalité actuelle sur le périphérique, c’est que, pour l’instant, sur les talus, ce sont les permis de construire qui fleurissent plutôt que les arbres. Aujourd’hui, les espaces verts sur le bord du périphérique représentent 11 % de la surface totale des espaces verts parisiens. Nous sommes entièrement d’accord sur le fait qu’il faille les revaloriser, les pérenniser, notamment afin de créer une véritable trame de biodiversité.

C’est dans le cadre du P.L.U. bioclimatique que, j’espère, vous vous engagerez à corriger toutes les erreurs du P.L.U. 2016 qui ont permis, justement, tous les permis de construire et les constructions aux abords et sur les bretelles du périphérique. Mais, pour l’instant, ce sont les constructions que vous avez choisies.

Tout dépend de la possibilité et de la volonté de la Ville de bien vouloir changer son braquet. Pourrez-vous le faire en raison des finances de la Ville ? C’est une question que je pose : est-ce que la Ville sera prête à faire table rase de toutes les mannes financières que représentent les abords du périphérique pour essayer de développer les trames vertes auxquelles elle aspire dans cette communication ?

Pour l’instant, il est assez cocasse de voir le vœu des verts demandant un moratoire, parce que, pour un moratoire, déjà, c’est très excessif, cela met de côté toutes les possibilités d’équipements publics. Je pense à la création d’un gymnase pont entre le 12e arrondissement et Saint-Mandé, qui est pour nous un équipement utile et va être abandonné pour des raisons financières. Mais, vous voyez, votre moratoire est trop excessif. Et surtout, je trouve cela assez cocasse que vous parliez de moratoire quand vous êtes en train de co-construire sur Bercy-Charenton un projet où se profilent des constructions tout le long du périphérique ainsi que de l’échangeur.

Il y a un vœu de l’Exécutif pour lequel nous allons souscrire parce qu’il est beaucoup plus mesuré, parce qu’il demande qu’il y ait des études au cas par cas, éventuellement aussi actionner le sursis à statuer selon les cas de figure. Mais, là encore, même si nous allons voter favorablement ce vœu, nous ne demandons qu’à y croire. Quand on voit simplement la tour Triangle, on peut avoir des doutes.

Madame la Maire, Paris n’est pas une île. Notre périphérique n’est pas la barrière de corail. Je vous ai entendu tout à l’heure très attentionnée sur votre volonté d’ouverture avec les différents acteurs, notamment la Région et la Métropole. Mais, permettez-moi quand même de douter parfois de cette volonté. Je vais prendre un exemple très factuel. Lors de la mandature précédente, la Région Ile-de-France a lancé un plan anti-bouchons, acte 1 et acte 2. Elle a mobilisé plus de 140 millions d’euros pour toute l’Ile-de-France, pour essayer de réguler des points noirs. Cet argent, ces 140 millions d’euros, était mobilisable aussi bien pour des revêtements antibruit que pour améliorer l’insonorisation du périphérique.

J’avais déposé un vœu en juin 2019, qui demandait non seulement de solliciter ces fonds pour pouvoir expérimenter un axe à ultra-basses émissions sur les quais de Bercy, mais aussi pour expérimenter des véhicules propres et autonomes sur le périphérique. Vous avez bien sûr refusé ce vœu, mais vous n’avez jamais mobilisé les fonds régionaux qui allaient dans le sens de ce que vous prônez aujourd’hui.

Donc, voilà, encore des doutes qui s’installent en nous. Mais, bien sûr, vous ne pourrez pas vous priver d’un débat métropolitain et régional afin d’avoir une véritable réflexion sur le périphérique et aussi sur les autoroutes qui s’y déversent, parce que, là encore, c’est un véritable sujet que vous ne prenez pas à bras-le-corps.

Enfin, un débat métropolitain également afin d’avoir un plan de financement avec l’Etat, avec des fonds structurels européens, que vous devez mobiliser pour de telles envergures, pour de telles modifications, notamment sur les couvertures, sur les portes de Paris, que nous appelons aussi de nos vœux. Un travail sur lequel nous sommes prêts à travailler avec vous. Oui, au devenir du périphérique. Mais à condition que cette communication ne soit pas simplement un affichage qui permettrait d’obtenir l’absolution des Parisiens face à tout ce que vous êtes en train de faire aujourd’hui. Quoi qu’il en soit, je leur fais confiance parce qu’ils ne sont pas dupes et parce que, tout simplement, ils ont des yeux pour voir.

Mieux choisir les mobiliers dans l’espace public

Mieux choisir les mobiliers dans l’espace public

Il y a deux sortes de mobiliers urbains : il y a d’abord les mobiliers urbains de fonctionnalité assez classique, et vous pouvez très bien, dans le futur catalogue que vous allez créer dans le cadre du manifeste de l’esthétique, choisir avec les services ceux qui vous paraissent les plus adaptés, et puis il y a d’autres sortes de mobiliers, d’autres sortes d’équipements qui vont dans l’espace public et qui, eux, par contre, répondent à de nouveaux comportements et de nouveaux usages comme, vous le savez, les nouvelles technologies, les développements de l’intelligence artificielle, surtout du numérique, et vous avez aussi, bien sûr, les enjeux climatiques. Tout cela va créer de nouveaux comportements et donc de nouveaux usages.

Pour ces mobiliers urbains et ces équipements, oui, il faudra aller au-delà du catalogue que vous allez créer et il faudra faire appel à des personnalités qualifiées et extérieures, qui ont une réelle expertise, telles que des designers, des présidents d’association d’usagers, des professeurs, etc.

Il nous paraît très utile de faire la distinction entre les deux et c’est pour cela que notre groupe vous propose la création de cette Commission du mobilier et d’équipements dans l’espace public. Sachez que ce n’est pas nouveau. En 1977, la première année où Jacques Chirac avait été élu maire de Paris, il avait créé cette Commission du mobilier urbain, qui a d’ailleurs été reprise, et à bon escient, par Bertrand DELANOË. Il nous paraît vraiment essentiel d’avoir cette distinction pour pouvoir, justement, consulter des spécialistes lorsqu’il s’agit de nouveaux mobiliers qui répondent à de nouveaux usages.

C’est pourquoi notre groupe vous demande la création de cette Commission des mobiliers, une commission, bien sûr, qui soit ouverte aux élus de chaque groupe politique, mais aussi aux personnes qualifiées dont j’ai fait mention tout à l’heure, c’est-à-dire des présidents d’association d’usagers, des designers, des écologues, voilà, toutes les personnes qui pourront nous aider à avoir un avis éclairé sur ces sujets.

Retrouvez mon intervention en séance du Conseil de Paris de février 2022 en cliquant sur la vidéo

Plan d’Aménagement et de Développement Durable: méfiance!

Plan d’Aménagement et de Développement Durable: méfiance!

PADD

Le plan d’aménagement et de développement durable, ou PADD, est un élément clef dans l’élaboration du nouveau Plan Local d’Urbanisme bioclimatique. Malheureusement, ces premières orientations manquent d’objectifs chiffrés et engageants, qui pourraient garantir une sobriété foncière, une protection des espaces verts et une lutte contre le réchauffement climatique et ses effets.

 

 

Mme Valérie MONTANDON.- Merci, Madame la Maire.

Mes chers collègues, avant même de commencer mon intervention, je voulais réagir sur ce que je viens d’entendre. Émile MEUNIER a fait juste avant une intervention qui disait totalement le contraire, en disant, en effet, que l’on utilisait tous les espaces libres pour construire. Et vous nous dites qu’en fait, plus on construit, plus les Parisiens s’en vont, et que, donc, il faut continuer à construire. Enfin, il y a quelque chose de pas logique du tout. Je vous invite à vous mettre d’accord entre vous.

Je voulais vous dire que, comme mes collègues, je déplore que l’on commence ce débat sur les orientations du PADD sans avoir débattu ensemble au Conseil de Paris, mais aussi avec les Parisiens sur le bilan du diagnostic territorial et du diagnostic environnemental. Cela a été biaisé, tout a été bâclé. Et d’ailleurs, votre communication d’aujourd’hui est elle aussi bâclée, et je le regrette. Je le regrette parce que j’ai vraiment l’impression que vous voulez tourner la page très vite de l’ancien P.L.U. 2006 et de sa révision, notamment en 2016, où il comportait de nombreuses dérives, que vous avez du mal à assumer aujourd’hui.

Je n’avais pas forcément prévu de parler de Netter-Debergue, mais Mme la Maire de Paris, tout à l’heure dans son introduction, l’a cité comme exemple. Mais ce n’est pas un exemple à prendre, parce que la parcelle Netter-Debergue, justement, lors de la révision du P.L.U., a été déclassée. D’ailleurs, c’était un espace protégé pour du jardin à 100 % et cela a été déclassé pour construire. En plus, cela a été des constructions qui n’ont pas respecté l’existant : ni l’existant des arbres, puisqu’ils ont tous été abattus, ni l’existant que sont les riverains, parce que les constructions se sont faites au plus proche des bâtiments existants, provoquant même parfois des destructions de murs lors du début des travaux.

Je voulais vous dire que, face à l’urgence climatique que nous connaissons, face à l’augmentation du phénomène d’îlot de chaleur urbain, face aux prévisions météorologiques selon lesquelles on prévoit de plus en plus de périodes de canicule dans la capitale, notamment des nuits tropicales où l’on ne descendra pas en dessous des 25 degrés Celsius, où il va y avoir des inconforts, des dysfonctionnements de l’écosystème, face à tout cela, on ne peut pas avoir la main qui tremble lorsque l’on parle de sobriété foncière ou d’engagement sur les espaces verts. Hélas, je vous le dis, vous avez la main qui tremble.

D’abord, vous avez la main qui tremble parce que vous ne mettez aucun objectif chiffré. Le seul endroit où il y en a, c’est le logement. Et encore, c’est simplement pour répéter que vous avez comme objectif 30 % de logements sociaux en 2030. Lorsque l’on regarde dans le détail, vous n’expliquez pas comment vous souhaitez rééquilibrer les logements sociaux dans les quartiers. Je vous rappelle que, dans certains arrondissements, comme le 13e ou le 19e arrondissement, on atteint 42,50 % de logements sociaux, et vous continuez à construire du logement social dans ces arrondissements, et même dans certains quartiers, comme dans le 13e arrondissement, le quartier Jeanne-d’Arc, où l’on atteint les 60 % de logements sociaux. Là, j’aurais bien voulu voir comment vous comptiez rééquilibrer justement ces logements. Pareil, le logement intermédiaire, qui, pourtant, est un logement destiné aussi à la classe moyenne. « Quid » dans cette orientation ? Je ne vois rien du tout.

Concernant les espaces verts, là aussi, vous manquez énormément de clarté. On aurait pu s’attendre à ce que vous envoyiez un engagement fort sur le zéro artificialisation nette des sols. Pourtant, il n’y a rien. C’est un engagement que l’on a pris tous conjointement lors du vote du « Plan Biodiversité » en 2018. Pourtant, expliquez-moi, je ne vois rien. Il y a aussi les coefficients de biotope. Certes, c’est un peu technique, mais enfin, les coefficients de biotope, ce sont ceux qui permettent d’avoir une définition de ce qu’est la pleine terre. Aujourd’hui, la pleine terre, ce n’est pas la pleine terre telle qu’on l’entend. Cela prend en compte les jardinières, les murs végétalisés. Là encore, j’aurais pu espérer que, dans un tel débat d’orientation, nous ayons votre définition de la pleine terre. Ce sera peut-être une autre fois.

Je voulais aussi rebondir sur les déclarations du premier adjoint. Cher Emmanuel, je pense qu’en ce moment, vous devez être très torturé vu le nombre des multiples injonctions contradictoires que vous avez faites. Tout d’abord, un jour, il y a des tours, un autre jour, il n’y en a plus. D’ailleurs, je ne sais pas comment vous faites, dans la même semaine, pour avoir une communication sur le fait que vous vous réjouissez de la tour Triangle, et puis, deux jours après, nous expliquer qu’il ne faudra plus de tours à Paris. D’ailleurs, je veux bien aussi avoir quelques éclaircissements sur Bercy-Charenton, dossier qui, vous le savez, me tient à cœur, parce que, là encore, j’avais cru comprendre que les tours étaient enterrées. Mais, non, je vois que, de nouveau, vous avancez le slogan que la verticalité permettra certainement d’éviter l’horizontalité. Sauf qu’avec vous, le problème, c’est que l’on a, et la verticalité, et l’horizontalité. On a les deux pour le prix d’un.

J’espère que vous allez bientôt nous rejoindre sur notre vision de Bercy-Charenton. Vous savez que ce territoire est complètement enclavé entre le périphérique, les voies ferrées, l’échangeur de Bercy, et que nous partageons une vision d’un territoire qu’il va falloir recoudre, avec un projet de bâtiments à taille humaine et, bien sûr, avec des espaces verts et des jardins conséquents. Mais je ne désespère pas qu’un jour vous nous rejoigniez.

En fait, je voulais vous dire que ne pas anticiper qu’il sera difficile de vivre bien en vivant serré, si vous n’arrivez pas à anticiper cela, c’est une erreur majeure. Ne pas reconnaître que la densité du bâti est un facteur majeur – je dis bien « majeur » – du phénomène d’îlot de chaleur urbain, là aussi, c’est irresponsable. Je vous invite à aller voir, dès 2016, lorsqu’il y avait la révision du P.L.U., nous avions déposé des vœux pour sanctuariser les espaces verts et les espaces de respiration. Mais, bien sûr, cela avait été refusé. Donc, quand on parle de sobriété foncière, je voulais vous dire que ce n’était pas mettre forcément Paris dans du formol, mais c’était surtout l’adapter, moderniser l’existant et faire en sorte que l’on puisse voir des nouveaux usages dans les bâtiments existants. Enfin, je vous invite aussi à avoir une vision métropolitaine, qui est totalement absente de votre communication.

Je donnerai rapidement les positions des vœux concernant certains vœux rattachés de votre groupe. D’abord, nous voterons favorablement les vœux qui demandent l’arrêt des projets de construction de tour. En revanche, nous aurons du mal à voter votre vœu, Madame SIMONNET, parce que 30 % d’emprise de pleine terre sur tout Paris – si c’est sur les nouveaux projets, oui, bien sûr – mais sur tout Paris, on ne voit pas comment c’est faisable. Nous sommes aussi d’accord avec vous sur le constat qu’il n’y a pas eu de débat préliminaire et de bilan. Mais, là encore, nous ne voulons pas retarder le débat sur le P.L.U., d’autant plus que nous souhaitons comme vous qu’il y ait bientôt un sursis à statuer.

Là encore, je regrette que les Verts retirent leur vœu au profit de celui de l’Exécutif, parce que le vôtre était vraiment engageant, Monsieur MEUNIER, alors que celui de l’Exécutif met des conditions qui sont totalement, je n’allais pas dire irréalisables, mais quand on me dit que c’est pour les projets de nature à compromettre ou à rendre plus difficile l’existence du futur Plan Local d’Urbanisme, je peux vous dire que votre vœu perd toute sa nature et son engagement.

En conclusion, je voulais vous dire que nous sommes très préoccupés par les sujets de santé et qu’en effet, comme le fait mon collègue Rudolph GRANIER dans le 18e arrondissement, nous sommes favorables à maintenir des activités de santé dans l’hôpital Bichat, mais que le vœu, hélas, est mal ficelé.

En conclusion, cette communication brasse beaucoup de vent. Vous allez me dire : le vent, c’est peut-être de l’énergie renouvelable. C’est peut-être un début.