Madame la Maire, mes chers collègues, nous avons une responsabilité : garantir que les financements publics versés aux associations respectent les fondements mêmes de notre République. Le tissu associatif parisien est une richesse, un levier formidable d’engagement, de solidarité et de culture. Cette confiance ne peut exister sans cadre, car, oui, certaines dérives existent : propos contraire des lois de la République, visuels provocateurs, ou encore actions en rupture avec les principes de neutralité que nous devons à nos concitoyens, en particulier pour les plus jeunes.
L’épisode récent de l’affiche controversée de la Marche des fiertés illustre la nécessité d’instaurer un cadre clair. Ce visuel, à la fois violent et porteur de symboles choquants, a été perçu comme une incitation à la violence, portant atteinte à la dignité et aux principes qui fondent notre Pacte républicain.
Plus inquiétante encore était la cacophonie totale au sein de la majorité municipale. Certains élus ont condamné l’affiche, d’autres l’ont soutenue mordicus. Ce double langage, cette ambiguïté permanente, fragilise aussi le Pacte républicain et la parole publique qui ne doit souffrir d’aucune ambiguïté sur ces sujets.
A l’image de la Région Île-de-France, nous proposons la mise en place d’une charte obligatoire. J’insiste aussi sur le caractère obligatoire, des valeurs de la République et de la laïcité pour toutes les associations subventionnées par la Ville de Paris. Cette charte devra garantir le principe de laïcité, la lutte contre toutes les formes de discrimination ou de séparatisme. L’adhésion explicite au principe de notre République, notamment l’égalité entre les hommes et les femmes. C’est une mesure de bon sens, de cohérence et de respect des valeurs qui nous rassemblent.
Nous demandons que cette charte devienne préalable à tout soutien municipal et qu’en cas de non-respect, la Ville puisse suspendre son financement.
Le projet de délibération soumis à ce vote concerne, en effet, la signature d’une convention d’occupation du domaine public entre la Ville de Paris et l’association « Cité Caritas », pour l’usage de l’annexe de l’ancien lycée Théophile Gautier, situé au 49, rue de Charenton, dans le 12e. Ce site, qui est propriété de la Ville, a été fermé à la rentrée 2023 par la Région Île-de-France pour des raisons structurelles et de sécurité, avant d’être officiellement désaffecté par arrêté préfectoral en mai 2024.
Je voulais apporter quelques précisions.
Il est important de rappeler que cette fermeture, régulièrement mentionnée dans le projet de délibération, résulte de constats objectifs. Le site présentait de graves insuffisances : absence d’ascenseur, non-conformité P.M.R., installation de restauration inadaptée et une configuration générale empêchant toute autonomie de fonctionnement. Parallèlement, la Ville continue de perdre des habitants et des élèves. Les chiffres de la démographie sont, hélas, sans appel. La Région a donc fait le choix responsable de réaffecter les élèves vers des établissements mieux adaptés.
Concernant les travaux d’aménagement du centre d’hébergement d’urgence, ceux-ci ont généré de nombreuses nuisances pour l’école voisine. La communauté éducative et les parents ont été particulièrement mobilisés. Des incohérences ont été relevées : des plans d’évacuation sans escalier, une réduction des ouvertures plus importante que prévu dans certaines classes, ou encore la diminution du nombre de classes allouées à l’école.
Si la situation semble aujourd’hui stabilisée, avec mon collègue Franck MARGAIN, nous regrettons le manque de garanties sur le suivi de l’équipement et sur les modalités de sa gestion. Nous avons, en effet, longtemps été interpellés par les différents acteurs pendant l’installation des travaux du centre. Ils nous ont fait part des améliorations ayant été réalisées, mais nous attirons votre attention sur la nécessité d’obtenir des garanties concernant la gestion future.
Enfin, la durée de la convention, fixée à 10 ans, nous interpelle. Elle nous semble particulièrement longue pour un centre d’hébergement d’urgence dont la vocation est, par définition, temporaire et adaptable. L’argument avancé, fondé sur les montants d’investissement réalisés, ne nous paraît pas entièrement convaincant.
D’autres structures comparables, notamment l’exemple de la convention « Adoma-Porte Dorée », montrent que ces conventions sont souvent de courte durée, renouvelables, alors que les investissements de départ étaient beaucoup plus importants, puisqu’il s’agissait de construire un immeuble en entier. Cette souplesse aurait permis, par exemple, de mieux concilier l’engagement associatif et le pilotage public.
Nous allons voter favorablement ce projet de délibération, car nous reconnaissons l’intérêt social de ce projet. Néanmoins, nous attirons votre vigilance sur tous les points évoqués précédemment.
Mes chers collègues, ce vœu n’a pas vocation à ré-ouvrir le débat sur le bien-fondé du voyage de la Maire de Paris à Tahiti, ni d’ailleurs sur le montant, qui est peut-être de 30.000, de 20.000 ou de 10.000 euros. La réalité, c’est que le montant reste élevé et qu’il est important de sensibiliser notre hémicycle, n’est-ce pas, au fait que ce sont les deniers des contribuables qui sont utilisés dans ces cas-là. Et l’objectif, en effet, est de sensibiliser, de mieux comprendre et d’anticiper, car il est évident qu’il y a eu un manque d’anticipation, qu’il y a eu une négligence par rapport à ce déplacement.
Aujourd’hui, ce que nous aimerions savoir, c’est quelle procédure interne a été mise en place dans la Ville de Paris. Dans n’importe quelle structure, que ce soit une entreprise privée ou une entreprise publique, de tels dérapages mettraient en place une procédure afin d’anticiper et d’éviter que cela ne se reproduise dans le futur, puisque, je vous le rappelle, il s’agit bien des deniers des contribuables parisiens.
Ainsi, nous vous demandons en effet de nous communiquer les procédures internes qui ont été mises en place depuis cet incident pour éviter de tels dépassements et assurer une gestion responsable des ressources publiques.
Comme vous le savez, en 2024, nous avons conduit la M.I.E. des bois de Boulogne et de Vincennes. C’était un travail collectif. Nous avons réussi à établir 68 préconisations. Parmi celles-ci, je vous en conviens, certaines demandent des budgets ou des moyens et nécessitent donc des délais pour les mettre en application. Il y a aussi des préconisations qui ne coûtent rien et qui auraient dû être lancées très rapidement.
Je pense notamment à la préconisation n° 68, qui demandait la mise en place d’un récapitulatif dans les comptes administratifs, avec les recettes, les dépenses et les investissements qui sont inhérents aux bois de Boulogne et de Vincennes. Au dernier budget, j’étais assez surprise de ne pas voir cette préconisation simple, qui ne coûte rien, dans les comptes administratifs.
Ce vœu a justement pour objet de vous demander que cet engagement soit pris en compte. Pourquoi ? Déjà, cela permettrait d’améliorer la visibilité des engagements financiers dans les bois, et de faciliter le pilotage stratégique de ces deux poumons verts parisiens.
Je vous le rappelle, vous le savez très bien, pendant la M.I.E., et pendant les débats que nous avons dans ce Conseil de Paris, nous savons à quel point il est difficile de concilier les différents usages, qu’ils soient sportifs, de loisir, ou culturels, avec l’enjeu de la préservation de la biodiversité. Un des préalables, c’est bien de connaître en effet les dépenses, les investissements, qui sont faits dans ces bois.
J’espère que ce vœu consensuel, et je le rappelle, qui ne coûte rien, qui est préalable à toutes nos décisions stratégiques dans ces poumons verts, sera adopté, c’est-à-dire la mise en place d’un encadré avec les recettes, les dépenses, et les investissements engagés. Bien sûr, il s’agirait que cet encadré soit présenté lors du budget chaque année, lors du Conseil de Paris.
La Cigale, en son Hôtel de Ville,
Chantait, guidée par des ambitions futiles,
Pas d’économies, mais des dépenses folles,
Bétonnant les rues et creusant son sol.
Quand vint la saison des recettes amoindries,
La Fourmi, lucide, prédit la faillite à l’horizon flétri :
« Vos recettes surestimées ne suffiront pas,
Et votre dette explose, déjà 10 milliards en fracas. »
« Que faisiez-vous ces vingt-trois dernières années ? »
Dit-elle à la Cigale, en sa tour dorée.
« de 27% dépenses de fonctionnement j’augmentais
Et des Parisiens, leur argent je saignais. »
« Vous dépensiez ? J’en suis fort aise.
Eh bien, réparez à présent vos fadaises. »
Mais la Cigale, dans l’effort bien trop absente,
Accusa l’État d’être seule cause des absences.
Aux Parisiens, elle dit : « Encore un effort !
Payez plus de taxes, videz votre trésor. »
Leur cadre de vie ? Délaissé, oublié,
Propreté, rénovation, écoles : budgets sacrifiés.
La Fourmi proposa : « Auditez vos comptes,
Cessez les excès, et redressez vos monts.
Stoppez les subventions biaisées,
Réduisez l’apparat, et sécurisez nos quartiers
Mais la Cigale, obstinée dans son chant,
Continue d’accuser et d’ignorer l’instant.
Et Paris s’efface : 132 000 âmes ont fui,
Désertant une ville qui délaisse sa vie.
Moralité :
Paris, vous dépensez un argent que vous n’avez pas,
Et toujours les Parisiens subissent vos faux pas.
Votre dette, multipliée par quatre en vingt ans,
Est une bombe à retardement pour les habitants.
Paris doit retrouver propreté, sécurité et durabilité,
Des espaces apaisés, mieux partagés, et de vraies priorités.
Il est temps de tourner la page d’une gestion affaiblie,
Indubitablement, il est temps de Changer Paris.
Retrouvez mon intervention lors du débat budgétaire 2025
Madame la Maire, mes chers collègues,
Lors de la mission d’information et d’évaluation sur les bois de Boulogne et de Vincennes, les membres ont formulé une préconisation claire et simple : créer un encadré spécifique dans la comptabilité administrative permettant d’identifier pour chaque bois l’ensemble des recettes, des dépenses et des investissements engagés. Force est de constater qu’aucune mesure de ce type n’apparaît dans le budget que nous examinons aujourd’hui.
Cette préconisation, qui a été acceptée par l’ensemble des groupes politiques de notre Assemblée et qui ne nécessitait aucun coût supplémentaire, aurait permis de donner une véritable visibilité sur la gestion de ces espaces boisés et sur les enjeux climatiques. Mais, une fois de plus, la Ville semble s’abstenir de prendre des mesures transparentes et structurées.
La réalité, c’est que les bois sont surtout des « cash machines », dont les recettes sont noyées dans le budget global de la Ville. Les 23 concessions dans les deux bois rapportent 22,4 millions d’euros, auxquels s’ajoutent les nombreuses recettes de tous les événements liés, par exemple « We Love Green », et d’autres redevances lucratives.
Face à ces recettes substantielles, le budget que vous allouez à l’entretien et à la valorisation des bois, lui, est beaucoup plus faible. Cette année, la Ville prévoyait un budget annuel de 9,77 millions d’euros, répartis entre le fonctionnement pour 4,45 millions d’euros et l’investissement pour 5,32 millions d’euros. Ces chiffres de recettes et de dépenses, bien qu’ils ne soient pas exhaustifs, mettent en lumière un écart abyssal entre les recettes que génèrent les bois et les montants investis pour leur entretien et leur valorisation.
Parallèlement, ce budget manque cruellement de stratégie et de méthodologie pour répondre aux ambitions affichées au travers des multiples plans : plan Arbre, plan Climat, P.L.U. bioclimatique, dont la création de 300 hectares d’espaces verts. Le dépôt d’un amendement relatif à un budget supplémentaire pour la plantation d’arbres par le groupe PEC « bricolé à la va-vite » illustre parfaitement cette impréparation et cette désinvolture face aux enjeux environnementaux.
Il est tout de même frappant de constater que, après le plan Climat, après le plan Arbre et après le P.L.U. bioclimatique, vous en êtes réduits à improviser, et même à gager les plantations d’arbres sur les dépenses dites imprévues. Oui, « imprévues », mes chers collègues.
La Ville communique beaucoup sur les plans ambitieux, mais, dans les faits, elle bricole des solutions au fil de l’eau, et ce budget ne respire ni la stratégie ni l’ambition, il transpire l’improvisation et l’absence de vision en matière environnementale.
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