Municipalisation du logement

Municipalisation du logement

Ce n’est pas moins de 101 millions d’euros qui vont être consacrés à la préemption de cet immeuble, situé au 25-31 avenue Netter, auxquels s’ajoutera aussi la bagatelle de 13 millions d’euros supplémentaires pour les travaux et honoraires divers, donc 113 millions d’euros. Si certains Parisiens se demandent encore où passent les 62 % d’augmentation de la taxe foncière, ils ont une partie de la réponse.

Malgré nos nombreuses interventions lors des délibérations concernant les préemptions, le constat reste le même : vous n’ajoutez aucun logement supplémentaire à l’offre existante dans les opérations de ce type, et vous poursuivez l’accélération de la municipalisation du logement à Paris, sans aucun recul critique. Une étude réalisée par Newmark la semaine dernière met en relief ce que nous ne cessons de dénoncer. Entre janvier 2023 et octobre 2024, la Ville de Paris a acquis 84 actifs immobiliers, dont 69 par préemption. Le paradoxe est aussi frappant : plus vous livrez de logements sociaux, plus la Ville se vide de ses habitants. Les plates-formes de locations meublées ne suffisent pas à expliquer cet exode. La détérioration du cadre de vie, des mobilités et l’exclusion des classes moyennes de votre politique du logement en sont les raisons. Vous ne vous remettez jamais en question, jamais en question votre politique. Le vote du P.L.U. bioclimatique illustre une nouvelle fois cette fuite en avant, sans introspection ni correction.

Nous serons particulièrement vigilants sur plusieurs points concernant cette opération immobilière. Tout d’abord, le maintien des locataires actuels, sans l’application de surloyer, puis les attributions des logements vides qui sont, sauf erreur de ma part, de 50 unités. Lors du conseil d’arrondissement, il a été évoqué la priorité pour les soignants de l’hôpital Trousseau, qui est à proximité. J’espère que cet engagement sera tenu, car, trop souvent dans les discours, vous mettez en avant les soignants, les policiers, les enseignants, les puéricultrices ou autres travailleurs essentiels, mais dans les faits ces logements ne leur sont pas attribués, les obligeant à s’installer loin de Paris et à subir de longs trajets, rendus encore plus difficiles par les horaires décalés de leurs professions.

Les préemptions et les conventionnements s’accumulent dans le 12e arrondissement, mais jamais dans vos plans de programmation ne figurent des projets de logements intermédiaires. Vos promesses en la matière ne sont qu’une façade, une tentative de donner l’illusion que vous vous souciez encore des classes moyennes.

J’attire votre attention sur la nécessité de préserver un équilibre dans la sociologie des quartiers et, par ricochet, dans les établissements et les écoles. Par réelle mixité, j’entends : où les catégories socioprofessionnelles différentes se côtoient et vivent ensemble, quelles que soient leurs origines et leurs confessions. Cette situation, hélas, tend malheureusement à disparaître dans certains quartiers de la Capitale.

Nous voterons donc contre cette délibération.

Merci.

Renforcer la police municipale

Renforcer la police municipale

Mes chers collègues, Madame la Représentante du Préfet,

Au nom de mon groupe, je tiens à réaffirmer notre reconnaissance pour le travail et les moyens déployés par la Préfecture de police afin d’améliorer la sécurité dans notre ville. Nous avons déjà eu l’occasion de souligner vos efforts et les réussites notamment lors des Jeux Olympiques et Paralympiques, mais également en matière de renforcement de la sécurité au quotidien dans les quartiers difficiles, ou encore au bois de Boulogne à la suite du meurtre intolérable de la jeune Philippine.

Le vœu que je présente aujourd’hui souligne la nécessité d’un renforcement des effectifs de la police municipale, particulièrement en tenant compte des engagements pris lors de sa création. Je rappelle d’ailleurs que, sans les voix des élus de droite, cette police municipale n’aurait jamais pu voir le jour.

Au-delà des effectifs, ce vœu appelle surtout à une montée en compétences de la police municipale à Paris dans les missions de tranquillité publique et de lutte contre les incivilités. L’objectif est clair : permettre à la police nationale de se concentrer davantage sur la lutte contre la délinquance.

Nous attirons également votre attention sur le déséquilibre actuel. La proportion des missions de lutte contre les incivilités, pourtant essentielles à la tranquillité publique, reste faible au sein de la police municipale. Sur 1,3 million de procès-verbaux dressés en 2023, moins de 6 % concerneraient les incivilités, si bien que, oui, un rééquilibrage s’impose.

Alors, je vous avoue, Monsieur NORDMAN, que j’étais assez inquiète ce mercredi sur le devenir de ce vœu. Puis, finalement, à la suite de vos déclarations de jeudi dernier auprès du Ministre délégué à la sécurité du quotidien, M. Nicolas DARAGON, je me suis sentie plus rassurée par vos engagements. Vous vous êtes, en effet, montré favorable au renforcement des prérogatives en matière de lutte contre les incivilités du quotidien, telles que les ventes à la sauvette, les empiétements sur les trottoirs, ou encore les nuisances sonores.

J’espère donc que vous apporterez un avis favorable à ce vœu, qui vise à renforcer les compétences de la police municipale parisienne pour qu’elle joue pleinement son rôle dans la tranquillité publique et la lutte contre les incivilités, pour permettre à la police nationale de concentrer ses efforts sur la lutte contre la délinquance.

le PLU n’a de climatique que son nom!

le PLU n’a de climatique que son nom!

Madame la Maire, mes chers collègues,

A la gauche de l’hémicycle, vous aimez souvent parler de déconstruction. Permettez-moi, à mon tour, de déconstruire le mythe du P.L.U. bioclimatique.

Commençons par les fameux 300 hectares d’espaces verts, les P300. Une promesse à l’ambition irréalisable qui finit par se réduire au recyclage d’espaces verts existants. Même les cimetières, ces lieux où reposent nos défunts, sont convoqués pour ressusciter cette mesure-phare. En bref, un enterrement de première classe pour une promesse qui n’a jamais vécu.

Les servitudes de mixité fonctionnelle et sociale imposées aux immeubles tertiaires, combinées au pastillage, illustrent un malus déguisé en vertu. Ces contraintes bloquent la modernisation et la rénovation thermique des bâtiments, allant à l’encontre de la transition écologique ainsi que de l’attractivité économique. A cela s’ajoute une dévalorisation de 30 %, voire 50 %, voire parfois 80 % des biens immobiliers. Ce n’est pas le grand capital qui trinque, comme pourrait le fantasmer la gauche, mais le propriétaire particulier et les organismes qui gèrent l’épargne des petits épargnants. Quant au pastillage, transformé de mesures exceptionnelles en armes de densification, il remet en cause le droit de propriété. Ironiquement, la ville, déjà ruinée, n’a même pas les moyens de garantir le droit de délaissement qu’elle impose à ses biens.

Que dire de la pleine terre ? Vous inscrivez la protection de la pleine terre dans ce P.L.U. comme une confession tardive. La réalité de vos actes, c’est que, la pleine terre, vous l’avez déjà toute « cramée ». Après l’acte 1 de Jean-Louis MISSIKA – soutenu par les écologistes, je le précise – qui a séché tous les terrains disponibles, voici l’acte 2 : densifier le bâti existant et surélever les dents creuses au détriment des espaces respirables, un véritable programme d’asphyxie urbaine.

Plutôt que de multiplier les règles contre-productives, nous proposons une vision d’un Paris aéré, vert et viable. Nos amendements visent à limiter les surélévations, notamment dans les rues étroites, et à interdire les dérogations pour les immeubles dépassant 37 mètres. Nous voulons protéger les habitants en évitant la transformation des rues en canyons urbains, que je qualifierais même de « canyons de béton ».

Nous proposons la protection de nouveaux espaces verts, comme les 7,5 hectares de l’héliport de Paris-Issy-les-Moulineaux, ainsi que le renforcement de la biodiversité sur la petite ceinture. Nous souhaitons aussi limiter les permis de construire autour du périphérique, qui fleurissent plus vite que les arbres, et utiliser des outils comme l’indice M.D.V.I., qui permet de suivre, de façon objective, la création des espaces verts. Loin de l’approche punitive du P.L.U. actuel, nous privilégions la coopération avec les acteurs économiques pour transformer l’existant : inciter plutôt que contraindre, encourager plutôt que stigmatiser.

Vous pouvez repeindre votre communication en vert, mais la réalité est implacable. Ce P.L.U. n’a qu’un seul objectif : la course effrénée aux logements sociaux à tout prix. L’environnement, lui, n’est qu’un faire-valoir. Pourquoi cette obsession ? Parce que le logement social est devenu l’assurance-vie électorale d’une municipalité qui a abandonné l’idée d’améliorer le cadre de vie des Parisiens.

Avec le groupe Changer Paris, nous proposons une alternative ambitieuse : un Paris qui respire, qui protège ses habitants et qui prépare un avenir réellement durable.

Les JOP et le sport de proximité

Les JOP et le sport de proximité

Retrouvez mon intervention lors du débat sur l’héritage des Jeux Olympiques et paralympiques

Monsieur le Maire. Mes chers collègues, les Jeux Olympiques ont été un véritable succès, que ce soit sur le plan de l’organisation, de la créativité, ou de la collaboration entre les collectivités et l’Etat. A cet égard, je tiens à remercier chaleureusement M. le Préfet, Laurent NUÑEZ, ainsi que l’ensemble des agents et des volontaires. Ce succès a également été celui de l’excellence sportive, notamment française.

Cependant, il ne faudrait pas que ces Jeux Olympiques ne deviennent qu’une carte postale éphémère, une sorte d' »Émilie in the Olympic Games ». Permettez-moi d’exprimer une certaine inquiétude face à l’aveuglement de certains membres de la majorité qui semblent nier les réalités quotidiennes des Parisiens en les abordant avec une certaine condescendance que je trouve préoccupante. L’héritage de ces Jeux doit être bien plus qu’une parenthèse, notamment sur le plan sportif.

Chers collègues de la majorité, je vous ai écoutés avec beaucoup d’attention et je trouve que vous parlez très peu de sport, notamment de sport de proximité. Pourtant, pour beaucoup de Parisiens, faire du sport à Paris est un véritable parcours du combattant. Pourquoi ? C’est déjà à cause de l’accessibilité. Les créneaux disponibles pour les associations sportives sont rares et difficiles à obtenir, créant une pression constante sur les associations et les usagers. Puis, il y a le coût. Les tarifs sont souvent trop élevés pour les familles, rendant la pratique régulière du sport difficile pour un grand nombre de Parisiens.

Comment expliquer aux jeunes Parisiens émerveillés par les Jeux Olympiques et Paralympiques, les yeux encore pleins d’étoiles, qu’ils ne pourront pas pratiquer le sport au quotidien près de chez eux ? Le sport ne peut avoir deux vitesses : d’un côté, la grandeur des Jeux Olympiques et Paralympiques, de l’autre, la réalité d’un sport difficilement accessible au quotidien. Cela créerait une fracture profondément injuste, décourageante pour de nombreux Parisiens.

A Paris, nous manquons cruellement d’espaces pour la pratique sportive. Le bois de Vincennes peut être un levier essentiel pour améliorer l’offre sportive. Pourtant, de nombreux terrains sont impraticables, en raison, et vous le savez, de l’état déplorable des pelouses, ou encore du manque d’éclairage et des dégradations fréquentes des installations comme les filets, les poteaux, ou les vestiaires.

C’est précisément pour répondre à ces enjeux que nous avons formulé des propositions, afin que les préconisations émises à l’unanimité de nos groupes au Conseil de Paris lors de la mission d’information et d’évaluation sur les bois soient rapidement mises en œuvre. Nous avons su faire preuve de créativité pendant ces Jeux Olympiques. Faisons de même en innovant avec des éclairages innovants, adaptés, et des pelouses de nouvelle génération. Un calendrier clair et une méthodologie concertée avec les associations sportives doivent être rapidement mis en place pour garantir que l’héritage sportif des Jeux Olympiques ne soit pas une promesse vaine, mais une réalité durable au bénéfice de tous les Parisiens. Je vous remercie.

 

PLU et établissements scolaires

PLU et établissements scolaires

Depuis plusieurs mois, nous dénonçons en effet le pastillage des établissements scolaires. Nous avons eu l’occasion à plusieurs moments, aussi bien dans cet hémicycle que lors des réunions, de vous dire à quel point nous ne comprenions pas pourquoi vous aviez choisi ces parcelles d’établissement privé pour faire des réserves sur la production de logement social. C’est une façon de compromettre l’avenir des écoles, puisque lors d’une éventuelle restructuration, que ce soit une modernisation de leurs locaux ou encore éventuellement une rénovation même thermique, cela pouvait compromettre leur projet.

La mobilisation a été très forte au niveau aussi bien des parents que de la communauté éducative, puisque sur les 14.000 contributions de l’enquête publique, 9.000 concernaient les emplacements réservés des établissements scolaires. De plus, lorsque nous avons lancé une pétition, avec mes collègues, elle a recueilli plus de 14.000 signatures. Nous ne nous sommes pas trompés puisque, dans la réserve principale de la commission d’enquête, les emplacements réservés pour les écoles et les établissements scolaires ont été, bien sûr, pointés du doigt, et la commission est sévère face à cette mesure. Je citerai par exemple un passage où elle dit que « les établissements scolaires publics et privés sont essentiels pour la vie des quartiers, assurant une diversité de choix pour les familles, une mixité sociale et un dynamisme local » et que « les emplacements réservés sur des écoles empêchent les projets d’agrandissement sans aucun bénéfice tangible en termes de logement ». Quelque chose, donc, de totalement inutile.

Nous espérons que sur ce point au moins, vous allez entendre aussi bien les réserves de la commission d’enquête que la mobilisation des parents, des Parisiens, ainsi que de notre groupe politique Changer Paris, et que vous vous engagez à lever les réserves que la commission d’enquête a faites dans son rapport, en supprimant les emplacements réservés sur les établissements scolaires.