Débat organisé par le MEDEF Paris à l’AMIF

Débat organisé par le MEDEF Paris à l’AMIF

Je remercie le Medef Paris pour son invitation à débattre sur les stratégies de collaboration entre collectivités et acteurs privés au salon de l’AMIF ( Association des Maires d’Ile-de-France). J’ai eu l’occasion de confronter nos points de vue  avec des collègues du Conseil de Paris et candidats aux prochaines municipales de 2026 : Maud Gatel, Pierre-Yves Bournazel et Emmanuel Grégoire.

Avec le Groupe Changer Paris au Conseil de Paris, nous portons une volonté politique claire : renforcer les partenariats entre acteurs publics et privés. Ce n’est pas seulement une ambition, c’est une exigence. L’attractivité économique est essentielle pour l’avenir de notre capitale.
J’ai eu l’occasion de partager plusieurs propositions concrètes :

🔹 La création d’un Conseil d’évaluation économique des politiques publiques, indépendant, réunissant économistes, entrepreneurs, syndicats. Objectif : chiffrer, anticiper et évaluer les effets des politiques sur l’emploi, l’investissement et l’attractivité de Paris.

🔹 La création de comités d’experts publics/privés – réunissant acteurs économiques, institutionnels et techniques – est une démarche essentielle pour enrichir la décision publique grâce à une expertise concrète issue du terrain.
La Région Ile-de-France a été très active  en la matière, avec la mise en place de conseils stratégiques qui guident l’élaboration des politiques publiques.
Je peux en témoigner à travers mon expérience au sein du Conseil stratégique du design. La région accompagne aussi l’innovation des entreprises avec des dispositifs d’accompagnement financier et d’expertise. Ceux sont 130 PME industrielles qui en ont bénéficié depuis 2024.

🔹 La promotion des SCIC – Sociétés Coopératives d’Intérêt Collectif, un outil de gouvernance partagée. Elles fédèrent partenaires publics, privés et citoyens autour de projets à fort impact local ou sectoriel, dans la durée.

Enfin, nous avons réaffirmé deux priorités fortes :

✅ La mise en place d’un plan de mobilité spécifique pour Paris, dans une logique de co-construction avec les acteurs concernés.
✅ Une refonte ambitieuse de la politique du logement, pour permettre à celles et ceux qui travaillent à Paris – notamment la classe moyenne et les apprentis – de ne plus être contraints de vivre loin de leur lieu de travail. Aujourd’hui, 60 % des salariés qui travaillent à Paris n’y résident pas.

PLU et Economie ? Débat au SIMI

PLU et Economie ? Débat au SIMI

Invitée par le Medef Paris, j’ai participé à un débat au Salon de l’Immobilier d’Entreprise (SIMI), aux côtés de mes collègues du Conseil de Paris : Fatoumata Koné, présidente du groupe Les Écologistes, Geoffroy Boulard, maire du 17ᵉ arrondissement, et Emmanuel Grégoire, député de Paris et principal artisan du nouveau Plan Local d’Urbanisme (PLU) bioclimatique de la capitale.

Face à Emmanuel Grégoire, j’ai exprimé une opposition claire à ce PLU, dont je dénonce les effets contre-productifs sur l’attractivité de Paris et sur l’environnement. J’ai plaidé pour une politique du logement plus équilibrée, en faveur des classes moyennes, avec un effort accru pour développer le logement intermédiaire – un enjeu majeur aujourd’hui ignoré par la majorité municipale.

Alors que 60 % des salariés travaillant à Paris vivent en dehors de la ville, la pénurie de logements intermédiaires pousse les jeunes actifs et les familles à revenus moyens vers la périphérie. Le logement intermédiaire est devenu l’angle mort du PLU conçu sous la responsabilité d’Emmanuel Grégoire.

Les contraintes imposées par ce PLU bioclimatique, telles que la servitude de mixité fonctionnelle (obligation de créer du logement social lors de restructurations de bâtiments tertiaires de plus de 5 000 m²) ou le pastillage (emplacements réservés à du logement social), introduisent une incertitude forte pour les investisseurs, les promoteurs et les épargnants. Elles freinent les rénovations thermiques pourtant essentielles à la transition environnementale, en ignorant la réalité de la restructuration des bâtiments existants.

Avec notre groupe « Changer Paris », je défends une vision alternative : celle d’une capitale attractive, capable de soutenir ses acteurs économiques tout en répondant aux défis sociaux et écologiques avec pragmatisme et cohérence.

le PLU n’a de climatique que son nom!

le PLU n’a de climatique que son nom!

Madame la Maire, mes chers collègues,

A la gauche de l’hémicycle, vous aimez souvent parler de déconstruction. Permettez-moi, à mon tour, de déconstruire le mythe du P.L.U. bioclimatique.

Commençons par les fameux 300 hectares d’espaces verts, les P300. Une promesse à l’ambition irréalisable qui finit par se réduire au recyclage d’espaces verts existants. Même les cimetières, ces lieux où reposent nos défunts, sont convoqués pour ressusciter cette mesure-phare. En bref, un enterrement de première classe pour une promesse qui n’a jamais vécu.

Les servitudes de mixité fonctionnelle et sociale imposées aux immeubles tertiaires, combinées au pastillage, illustrent un malus déguisé en vertu. Ces contraintes bloquent la modernisation et la rénovation thermique des bâtiments, allant à l’encontre de la transition écologique ainsi que de l’attractivité économique. A cela s’ajoute une dévalorisation de 30 %, voire 50 %, voire parfois 80 % des biens immobiliers. Ce n’est pas le grand capital qui trinque, comme pourrait le fantasmer la gauche, mais le propriétaire particulier et les organismes qui gèrent l’épargne des petits épargnants. Quant au pastillage, transformé de mesures exceptionnelles en armes de densification, il remet en cause le droit de propriété. Ironiquement, la ville, déjà ruinée, n’a même pas les moyens de garantir le droit de délaissement qu’elle impose à ses biens.

Que dire de la pleine terre ? Vous inscrivez la protection de la pleine terre dans ce P.L.U. comme une confession tardive. La réalité de vos actes, c’est que, la pleine terre, vous l’avez déjà toute « cramée ». Après l’acte 1 de Jean-Louis MISSIKA – soutenu par les écologistes, je le précise – qui a séché tous les terrains disponibles, voici l’acte 2 : densifier le bâti existant et surélever les dents creuses au détriment des espaces respirables, un véritable programme d’asphyxie urbaine.

Plutôt que de multiplier les règles contre-productives, nous proposons une vision d’un Paris aéré, vert et viable. Nos amendements visent à limiter les surélévations, notamment dans les rues étroites, et à interdire les dérogations pour les immeubles dépassant 37 mètres. Nous voulons protéger les habitants en évitant la transformation des rues en canyons urbains, que je qualifierais même de « canyons de béton ».

Nous proposons la protection de nouveaux espaces verts, comme les 7,5 hectares de l’héliport de Paris-Issy-les-Moulineaux, ainsi que le renforcement de la biodiversité sur la petite ceinture. Nous souhaitons aussi limiter les permis de construire autour du périphérique, qui fleurissent plus vite que les arbres, et utiliser des outils comme l’indice M.D.V.I., qui permet de suivre, de façon objective, la création des espaces verts. Loin de l’approche punitive du P.L.U. actuel, nous privilégions la coopération avec les acteurs économiques pour transformer l’existant : inciter plutôt que contraindre, encourager plutôt que stigmatiser.

Vous pouvez repeindre votre communication en vert, mais la réalité est implacable. Ce P.L.U. n’a qu’un seul objectif : la course effrénée aux logements sociaux à tout prix. L’environnement, lui, n’est qu’un faire-valoir. Pourquoi cette obsession ? Parce que le logement social est devenu l’assurance-vie électorale d’une municipalité qui a abandonné l’idée d’améliorer le cadre de vie des Parisiens.

Avec le groupe Changer Paris, nous proposons une alternative ambitieuse : un Paris qui respire, qui protège ses habitants et qui prépare un avenir réellement durable.