par vm2017 | Mai 23, 2025 | Conseil de Paris Education et Culture
À Paris, la rentrée scolaire ne se prépare plus seulement dans les salles de classe, mais aussi dans les tribunaux. Loin d’un débat technique ou secondaire, la récente suspension par la justice administrative d’une circulaire clé du rectorat met en lumière un malaise croissant : celui d’un système d’affectation des élèves devenu, aux yeux de nombreux parents, à la fois opaque, injuste et décourageant. Le 7 mai dernier, le tribunal administratif de Paris a suspendu en référé la circulaire rectorale du 10 avril 2025. Ce texte, pourtant central, fixe les règles d’affectation des élèves de troisième vers les lycées publics parisiens via la plateforme Affelnet. Sa suspension, bien que provisoire, marque une étape importante dans le combat mené par les familles pour une affectation plus juste. Car la mobilisation est massive et inédite : la PEEP et la FCPE, souvent opposées, sont aujourd’hui unies pour dénoncer un système devenu opaque, inéquitable et anxiogène. Ensemble, elles pointent une réforme qui, sous couvert de mixité sociale, a introduit des critères qui défient à la fois la logique et le mérite.
Au cœur du dispositif, les bonus IPS, attribués selon l’indice de position sociale du collège d’origine. Plus le collège est jugé «défavorisé», plus l’élève reçoit de points bonus, jusqu’à 1 200. Résultat : les résultats scolaires comptent souvent moins que l’origine géographique ou sociale de l’élève. À dossiers équivalents, deux élèves peuvent se voir offrir des perspectives radicalement différentes pour l’accès aux lycées les plus demandés. Prenons l’exemple du lycée Condorcet, dans le 9e arrondissement. Considéré comme l’un des meilleurs établissements publics de la capitale, il est désormais pratiquement inaccessible aux meilleurs élèves de son propre secteur. Un élève avec 15 dans toutes les matières et une «maîtrise satisfaisante» des compétences peut être refusé. À l’inverse, un autre élève, aux résultats moyens mais issu d’un collège à IPS faible, y sera admis grâce aux points supplémentaires. Le mérite est ainsi sacrifié sur l’autel d’un égalitarisme algorithmique.
L’étude de la Fondation pour l’innovation politique «La réforme Affelnet à Paris : un voyage au pays où 15 = 20» (2023) dévoile aussi une autre absurdité : les notes sont arrondies par tranches (15 = 20, 10 = 14.9 etc.), rendant illisibles les bulletins et démotivant les élèves. Par ailleurs, l’évaluation du «socle commun» – très floue – pèse davantage dans le calcul final que les résultats eux-mêmes. Un effet collatéral préoccupant est déjà visible : la fuite croissante d’élèves vers l’enseignement privé. Face à l’incertitude, à l’assignation géographique et à l’arbitraire de l’algorithme, de nombreuses familles renoncent à l’école publique. Cette tendance menace directement la mixité sociale que la réforme prétend promouvoir.
L’objectif de mixité sociale ne peut se faire au prix de la transparence, de l’équité et de la confiance
La suspension de la circulaire est un signal d’alarme. Elle rappelle à l’administration que l’objectif de mixité sociale ne peut se faire au prix de la transparence, de l’équité et de la confiance. Oui, la mixité est une nécessité. Mais elle ne doit pas être synonyme d’assignation, ni se construire en sacrifiant les efforts des élèves. Il est temps de repenser Affelnet, de rétablir la clarté et le mérite, et de garantir à chaque famille une véritable liberté de choix dans le service public de l’éducation.
par vm2017 | Fév 23, 2022 | Conseil de Paris Economie
Merci, Madame la Maire. J’avais déposé ce vœu en novembre dernier et c’est vrai que je l’avais retiré, parce que M. BLOCHE m’avait dit qu’un comité de suivi avait été mis en place, mais c’était avant de savoir que ce comité de suivi ne s’était réuni que deux fois, dans un cadre où il y avait simplement des présentations sans échanges, sans dialogue avec le rectorat, et surtout il n’y a pas de suivi.
Donc, vu que c’est une cause qui me tient à cœur, je me suis permise, pour accélérer les choses, de redéposer ce vœu. Je voulais vous dire, je l’avais précisé la dernière fois, que je ne voulais pas rouvrir le débat de fond sur Affelnet et sur l’utilisation de l’indice I.P.S., l’indice de position sociale.
Sur le fond, notre groupe a réitéré notre volonté de trouver un juste équilibre entre mixité sociale et méritocratie, car en effet, sur le système actuel, nous considérons que le mérite des élèves n’est pas assez pris en compte. Mais là encore, je ne souhaite pas rouvrir ce débat.
Le point sur lequel je focalise en ce moment, c’est sur le calcul de l’I.P.S. L’I.P.S. prend un tableau de pondération avec des points qui sont attribués selon les métiers des parents. Et là où cela ne va pas, c’est qu’à postes égaux, on retrouve des points différents entre les hommes et les femmes.
Dans cet hémicycle, je crois que nous nous retrouvons régulièrement et collectivement sur la lutte contre les différences entre les hommes et les femmes, et notamment pour une meilleure prise en compte et une égalité salariale entre les hommes et les femmes. Et là, nous utilisons un indice qui fait tout à fait le contraire.
Je ne vous prendrai que deux exemples dans la grille. Pour un chef d’entreprise de plus de 10 salariés, le nombre de points pour une mère subit une décote de quasiment 10 % par rapport à celui qu’il serait si jamais c’était un père.
Pareil, je prends deux extrêmes, entre chômeur et chômeuse, ils n’ont pas le même nombre de points. Là encore, une mère chômeuse subit une décote de 6 % par rapport à s’il s’agissait d’un père.
Si vous voulez continuer à utiliser une telle référence, sans rien dire, qui est contraire à toutes nos luttes communes, continuons, mais je ne suis pas d’accord. C’est donc pour cela que je vous demande de nouveau de saisir le ministère de l’Education, afin de demander une réforme d’Affelnet et de ne plus utiliser l’I.P.S. sous sa forme actuelle, qui est un indice sexiste.

par vm2017 | Mai 9, 2019 | Conseil de Paris Education et Culture
Valérie Montandon
Conseillère de Paris du 12ème arrondissement
Conseillère régionale d’Ile-de-France
Monsieur Jean-Michel BLANQUER
Ministre de l’Education Nationale et de la Jeunesse
110, rue de Grenelle
75357 Paris
Paris, le 15 mars 2019
Monsieur le Ministre,
Depuis 2008, les collégiens parisiens sont affectés dans les lycées à l’appui du logiciel Affelnet. L’objectif des algorithmes utilisés par le logiciel est de favoriser la mixité scolaire et de lutter contre la ségrégation des lycées publics de la capitale.
La mise en place de ce logiciel s’est accompagnée du découpage de Paris en quatre districts : Nord, Sud, Ouest et Est.
Ce dernier district fait cependant l’objet d’un certain nombre de dysfonctionnements.
Regroupant 9 arrondissements (1er, 2ème, 3ème, 4ème, 10ème, 11ème, 12ème, 19ème et 20ème), alors que les trois autres districts n’en couvrent que trois ou quatre, le district EST sectorise à lui seul près de 40% de tous les collégiens parisiens. A titre de comparaison, 23% des collégiens parisiens dépendent du District Nord, 20% du district Sud et 18% du district Ouest.
Par ailleurs, le district Est concentre aussi plus d’élèves issus de collèges en éducation prioritaire (REP/REP+) ou faisant l’objet d’une Convention académique pluriannuelle de priorité éducative (CAPPE): 62% contre 25% dans le district Nord ou 13% dans le district Sud.
Face à ces déséquilibres, les familles se prêtent légitimement à des stratégies de contournement dans l’espoir d’obtenir l’établissement de leur choix et la procédure actuelle n’est pas parvenue à mettre fin à la ségrégation scolaire.
La mise en place récente d’un bonus d’affectation pour les élèves ayant fait toute leur scolarité en REP, en plus du bonus existant déjà pour les boursiers, amplifie encore ce phénomène, en même temps que le sentiment d’injustice et d’incompréhension des élèves.
Sans remettre en cause le principe de donner les mêmes chances à tous les collégiens, leur affectation au lycée ne doit pas aboutir à les décourager. Qu’ils viennent d’éducation prioritaire ou non, tous les élèves méritants et volontaires doivent pourvoir s’y retrouver. La révision du système de pondération en vue d’encourager le travail scolaire pour tous les élèves et du périmètre des districts mérite pleine réflexion.
Je souhaitais par conséquent appeler votre attention sur cette situation qui contribue au sentiment de défiance des familles à l’égard de l’Éducation Nationale et qui les amène souvent à déserter l’enseignement public.
Dans l’attente des orientations que le Ministère envisage pour améliorer le système d’affectation au lycée, je vous prie de recevoir, Monsieur le Ministre, l’expression de ma haute considération.
Valérie Montandon
par vm2017 | Juin 30, 2017 | Conseil de Paris Education et Culture
Les collégiens sont actuellement affectés dans les lycées par l’intermédiaire d’un logiciel, Affelnet, qui a été créé pour favoriser la mixité scolaire dans les lycées publics.
L’académie de Paris est ainsi divisée en quatre districts géographiques : Nord ; Sud ; Ouest et Est.
L’année dernière l’Académie a dû faire face à des dysfonctionnements du système dans le district Est comprenant quatorze lycées répartis dans les 1er, 2ème, 3ème, 4ème, 10ème, 11ème, 12ème, 19ème et 20ème arrondissements, abritant 31,3% de boursiers.
Nous sommes arrivés à des situations telles que le lycée Turgot, situé dans le 3ème arrondissement, s’est vu affecter 83% d’élèves boursiers par le logiciel ; en effet, de nombreux collégiens du district avaient formulé le vœu d’intégrer cet établissement en 2016, au regard, notamment, de ses excellents résultats au Baccalauréat – 98% de réussite en 2015 – et des très bons résultats en terme de progression des élèves ;
Ma collègue Deborah Pawlik, élue du 10ème arrondissement et moi-même avons été saisies par des parents d’élèves et plusieurs associations de parent d’élèves qui sont très inquiets sur le processus d’affectation dans les lycées ; Ils se mobilisent pour une amélioration des conditions d’accueil des futurs lycéens et du système Affelnet ;
Tout le monde s’accorde sur la nécessité de soutenir les élèves boursiers tout en en continuant de récompenser le fruit du travail scolaire de tous les élèves ; Or la situation est telle que des élèves non boursiers commencent à ressentir une injustice et le manque d’information sur le calcul amplifie ce malaise.
C’est pour ces raisons et parce que les familles des collégiens parisiens ne voient pas d’évolution favorable à cette situation qu’avec Deborah Pawlik nous avons demandé que Madame la Maire de Paris :
* Coordonne avec l’Académie de Paris une meilleure information des collégiens et de leur famille sur le processus d’affectation dans les lycées, notamment en la rendant plus transparente s’agissant des modalités et des critères retenus.
* S’engage à relancer la réflexion sur le système d’affectation dans les lycées, si les mesures prises par le Rectorat cette année se révèlent inefficaces et si de nouveaux dysfonctionnements interviennent à la rentrée 2017/2018.
Retrouvez le détail de mon voeu relatif aux Affectations lycées
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