Rétablir la vérité sur Bercy Charenton

Rétablir la vérité sur Bercy Charenton

Monsieur le Maire. Mes chers collègues, c’est une délibération qui traite du bilan de concertation sur la Z.A.C. Bercy Charenton, suite à la remise à plat du projet.

On aurait pu penser que c’était une délibération qui allait simplement retraduire la consultation faite auprès des habitants, mais la majorité en a profité pour réécrire l’histoire, pourquoi pas. Je comprends que vous ayez besoin de gommer un passé douloureux, parce que c’est un dossier qui remonte à 2011. On a perdu beaucoup de temps, beaucoup d’argent du contribuable parisien.

Voilà peut-être la raison du pourquoi vous décidez de réécrire l’histoire. Pourquoi ? Parce que je vais vous citer une phrase qui revient plusieurs fois, une notion qui revient plusieurs fois dans le bilan : « La modification du projet urbain Bercy Charenton s’est imposée avec la révision du plan local d’urbanisme lancée en 2020. Il s’agissait de traduire sur ce vaste territoire les ambitions du futur P.L.U. bioclimatique pour en faire un démonstrateur de la ville de demain ».

Toute personne qui était là la mandature précédente ou qui s’intéressait déjà à ce projet sait pertinemment que la révision du projet n’a pas été faite en raison du P.L.U. bioclimatique. Elle est bien antérieure.

Dès 2011, nous avions déjà dit que ce projet était obsolète. Obsolète, car vouloir faire des tours de 180 mètres de haut enclavées entre le périphérique, les voies ferrées, et l’échangeur de Bercy était un non-sens historique et écologique bien sûr.

Il vous aura fallu beaucoup de temps. Je voulais rappeler que dès 2018, lorsqu’il y a eu le vote dans cet hémicycle, à bulletin secret, de la délibération cadre, elle a été adoptée à simplement 3 voix près.

En effet, avec le groupe Les Ecologistes, nous avions demandé un scrutin public, parce que nous savions que ce projet était loin d’être accepté. Vous voyez bien qu’à 3 voix près, ce projet avait déjà du plomb dans l’aile.

Je voulais vous rappeler ce petit point historique. Et si le projet a été remis à plat, c’est surtout parce que notre groupe, de façon constante, s’est opposé à un projet qui était obsolète.

Je voulais aussi revenir sur l’enquête publique qui a eu lieu en 2016. Cette enquête publique, certes, était sur un projet qui a été remis à plat, mais beaucoup d’objectifs avaient été maintenus. Tout d’abord, celui, par exemple, des logements sociaux. Je vous rappelle que vous projetez 57 % de logements sociaux. Pourtant, lors de cette enquête publique, il y a eu une très forte mobilisation des Parisiens et habitants qui ont dit que la concentration de logements était trop importante.

Cette forte mobilisation a conduit notamment le commissaire enquêteur à faire une recommandation. Je la cite : « La commission d’enquête recommande de plafonner le pourcentage des logements sociaux imposés au profit de logements disponibles à la vente et au logement en accession de propriété, à un taux de 50 % ».

Vous êtes largement au-dessus. Là encore, bien sûr dans le bilan de concertation, il n’y a rien qui fait référence aux logements sociaux. Je suis assez étonnée qu’une observation qui a été très fortement portée lors de la commission d’enquête, large au public en 2016 pendant plus d’un mois, n’ait pas été soi-disant énoncée dans la consultation nouvelle que vous avez faite.

Je voulais aussi revenir sur la forme de cette concertation. Vous avez choisi et annoncé sur le site de la Ville, « proposer des ateliers de concertation en non-mixité ».

Je voulais vous dire que j’avais écrit à la Maire de Paris, le 26 septembre 2022, pour l’alerter que ces pratiques étaient pour nous contraires aux valeurs de la République, et à l’article 1er de la constitution du 4 octobre 1958 qui dispose : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens, sans distinction d’origine, de race ou de religion ».

Aucun habitant ne doit être discriminé, y compris en raison de son sexe ou de son genre, plus encore dans le cadre d’une procédure de concertation par principe ouverte à tous, de surcroît organisée par une collectivité territoriale.

Je regrette que la Maire de Paris n’ait pas répondu et qu’elle ait cautionné finalement ces formes d’ateliers qui créent une assignation identitaire, tout le contraire de l’universalisme que nous défendons, nous, au groupe Changer Paris.

Si je reviens aux objectifs qui sont énoncés au bilan de cette concertation, les quatre objectifs sont très larges. Un des objectifs est écologique, de recoudre Paris avec la banlieue. Bien sûr que nous adhérons à ces objectifs. J’ai envie de vous dire, ce sont ceux que nous soutenons depuis 2011. Nous avons donc perdu beaucoup de temps et de concertations pour en arriver finalement à quelque chose d’évident.

Ces objectifs sont très généraux, mais ont au moins le mérite de porter un projet qui est un peu plus raisonnable que celui que vous aviez fait précédemment.

Je voulais quand même revenir sur un point dans un des objectifs, le premier énoncé, c’est l’enjeu métropolitain, qui est vu dans ce projet. Je suis très étonnée que récemment, lorsque j’ai fait une demande aussi bien par courrier que par vœu, au premier adjoint, en demandant que soit porté l’intérêt métropolitain pour ce projet, cette demande ait été rejetée.

Je ne comprends pas, avec les caractéristiques d’un projet qui a tout pour être métropolitain, qu’on ne demande ni l’expertise ni les aides financières à la Métropole. C’est totalement incohérent, mais peut-être que vous allez évoluer sur le sujet dans le futur.

Je vais rapidement commenter l’amendement déposé par Les Ecologistes. Monsieur MEUNIER, si vous faites cet amendement, c’est parce que je sens que vous êtes très mal à l’aise. C’est une sorte de mea culpa. Avec tout ce que vous défendez à la porte de Montreuil ou autour du périphérique, vous dites qu’il ne faut plus construire.

Là, il se trouve que le projet de Bercy Charenton, vous avez validé un projet qui construit fortement tout le long du périphérique, et vous le savez. Forcément, vous commencez à faire une sorte de mea culpa avec cet amendement qui dit, attention à la santé environnementale. En effet, les gens qui vont travailler ou vivre à côté vont avoir des problèmes.

Je trouve que vous musclez, vous bombez du torse beaucoup lorsqu’il s’agit de défendre des projets sur lesquels vous n’avez pas forcément la main. Mais dans le 12e arrondissement, vous avez une mairie écologique, et là vous avez plutôt tendance à mettre tout sous le paillasson.

Un rapport de la CRC inspirant

Un rapport de la CRC inspirant

Dans la continuité des échanges que nous venons d’avoir pendant ce Conseil, il est vrai que le rapport de la Chambre régionale des comptes relatif à la ZAC Rive Gauche, met la lumière et accentue le fait que le territoire de Bercy-Charenton correspond aux orientations de la Métropole du Grand Paris.

L’une des préconisations est la reconnaissance de l’intérêt métropolitain pour cette ZAC. Il était pour moi important de le rappeler. De rappeler également que la Métropole du Grand Paris s’est toujours engagée, lorsqu’elle soutient des ZAC, lorsqu’elle s’implique dans des ZAC, à respecter le choix programmatique des communes. Elle est là, bien sûr, aussi bien en soutien financier qu’en expertise. C’était aussi l’occasion pour moi, puisque, tout à l’heure, le temps m’a manqué lorsque l’on a évoqué la ZAC de Bercy-Charenton, de faire un parallèle entre Paris Rive Gauche et la ZAC Bercy-Charenton en ce qui concerne les couvertures qui ont été réalisées sur le réseau ferré.

Lancé en 1991 par Jacques Chirac, le quartier Paris Rive Gauche, qui se structure entre la gare d’Austerlitz, la Bibliothèque François-Mitterrand et les boulevards des Maréchaux, a démontré que construire en recouvrant les voies de chemin de fer était possible et pouvait donner naissance à un quartier aux qualités urbaines avérées. Bien sûr, il y a des coûts et des délais, mais Jacques Chirac avait de l’ambition pour Paris, et il l’a fait. Ce projet ambitieux a montré une qualité de cadre de vie.

Effacer les infrastructures ferroviaires devrait être une exigence en forme d’évidence. L’Atelier Parisien d’Urbanisme – l’APUR – en 2008, avait fait une série d’études concernant l’avenir du site complexe de Bercy-Charenton, qu’elle qualifiait d’ailleurs de « chaînon manquant » entre Paris et les communes le long de la Seine en amont. L’APUR proposait de réaliser une couverture intégrale des voies de chemin de fer, seul moyen de mettre fin à l’enclavement du quartier Cour-Saint-Emilion et de créer le lien avec Charenton-le-Pont. Un choix ambitieux, exigeant et bon sens qui permettrait de créer plus de 1 million de mètres carrés. Les enjeux sont multiples. En effet, il s’agit à la fois de recoudre les quartiers sud-est du 12e arrondissement et de donner aux habitants du quartier Picpus un accès au parc de Bercy et à la Seine.

Aujourd’hui, je voulais alerter, en faisant ce parallèle avec la Rive Gauche, sur le fait que le programme prévu par la Ville sur Bercy-Charenton consiste à ne construire que sur les emprises en pleine terre rapidement libérables. Du fait des différents niveaux asymétriques de référence dans le secteur, ce schéma obère la capacité ultérieure de réaliser des couvertures du faisceau ferroviaire. Il s’agit donc d’un choix largement irréversible et lourd de conséquences.

Aujourd’hui, nous observons et analysons le rapport de la Chambre régionale des comptes. Je voulais vraiment alerter sur le fait que ce que nous nous apprêtons à faire à Bercy-Charenton, nous ne pourrons pas faire ce qui a été fait en termes de couverture du réseau ferré dans Paris Rive Gauche.

Je voulais aussi ajouter, au nom de mes collègues Jean-Baptiste OLIVIER et Anne BIRABEN, que la programmation de la ZAC Rive Gauche a changé, surtout à partir de 2001. La Ville a augmenté petit à petit la part de logements sociaux et a déséquilibré en partie l’équilibre financier. Comment cela se traduit-il aujourd’hui ? Les conséquences sont un projet très dense, trop dense, qui, justement, se densifie d’année en année, à l’encontre de l’attente des riverains – notamment sur la gare d’Austerlitz – et des enjeux climatiques. J’attire votre attention sur le fait de continuer à retravailler sur cette partie de la ZAC qui n’est pas achevée, sur la gare d’Austerlitz, pour avoir un projet qui soit en adéquation avec le P.L.U. bioclimatique que nous nous apprêtons à élaborer et en attente avec les attentes des riverains.

Bercy Charenton : un projet qui manque encore de souffle

Bercy Charenton : un projet qui manque encore de souffle

Depuis plus de 10 ans, nous avons dénoncé avec force et constance l’ancien projet de Bercy Charenton, ses tours, sa minéralité.Ce dernier était obsolète dès son lancement.Des divergences persistent sur le nouveau projet, comme la densité et la concentration des constructions notamment aux abords du périphérique, l’absence d’étude de couverture d’une partie du faisceau ferroviaire, et le déséquilibre de la programmation de logements.Ce projet manque terriblement de souffle et d’ambition.Un de mes amendements intégrant la notion de sobriété foncière et de lutte contre les îlots de chaleur urbains a été intégré à la délibération. J’ai aussi interpellé l’exécutif pour que la Ville demande une reconnaissance de l’intérêt métropolitain de cette ZAC à la Métropole du Grand Paris afin qu’elle puisse y apporter son soutien et son expertise en matière d’aménagement. Retrouvez mes interventions en séances du Conseil, dans la presse ainsi que ma lettre ouverte :

Mes chers collègues, nous nous réjouissons de l’abandon de l’ancien projet de Bercy-Charenton, que nous dénonçons depuis plus de 10 ans. Je rappelle que ce projet de 6 tours – dont la majorité cumulait à 180 mètres de haut – entourées et enclavées par le périphérique, l’échangeur de Bercy ainsi que le rail, étaient pour nous un projet obsolète dès son lancement. D’ailleurs, c’est bien dommage que vous n’ayez pas écouté les bancs de l’opposition. Nous aurions gagné 10 ans et beaucoup d’argent.

Permettez-moi de rappeler aux élus écologistes de notre hémicycle que la droite a toujours dénoncé ce projet et a maintenu la pression. Aujourd’hui, s’il y a refonte et remise à plat, ce n’est pas que du seul fait des écologistes, mais bien sûr aussi de la droite. Je le rappelle, et c’est arithmétique : vous êtes 22, nous sommes 55.

Si je peux me permettre aussi, dans les négociations internes que vous avez pu avoir – mes chers amis écologistes – avec vos partenaires de la majorité, vous avez quand même perdu le bras de fer, parce que le projet reste très dense, notamment aux abords du périphérique.

En ce qui concerne la nouvelle délibération, nous partageons une grande partie des objectifs de désenclavement, d’avoir un écoquartier, une mixité de programmations, de logements, de bureaux, d’usages, de logistique, et bien sûr, d’avoir aussi des trames vertes et la préservation du patrimoine.

Mais nous avons aussi, hélas, des points de vigilance et des divergences, que nous avons d’ailleurs matérialisés par 4 amendements. L’un demande la préservation de l’existant, notamment au niveau des tunnels Baron-Le-Roy. Je sais que vous vous êtes engagés oralement, mais, pour l’instant, nous ne voyons rien par écrit. Préservation des tunnels au niveau patrimonial, mais aussi de leur destination artisanale. Préservation également des emprises terrestres lors de la rénovation du secteur Léo-Lagrange, car, là aussi, aux premières moutures, il y avait eu menace de constructions à cet endroit.

Enfin, il y a aussi toute une divergence sur la proportion de logements sociaux. Vous continuez et maintenez, comme au premier projet, 57 % de logements sociaux et un total d’environ 80 % de logements aidés. Il n’y a pas que la droite qui le dénonce. Je vais me permettre de lire le rapport du commissaire enquêteur de l’enquête publique qui a eu lieu en 2016 et l’exprime encore mieux. Je cite : « Si la commission d’enquête reconnaît les besoins importants en matière de logement social à l’échelle de la Ville de Paris, elle estime toutefois que le pourcentage de 60 % imposé aux opérations d’aménagement de la ZAC Bercy-Charenton n’apporte pas toutes les garanties en matière de diversité de produits immobiliers et de mixité sociale. La commission d’enquête recommande en conséquence de plafonner le pourcentage de logements sociaux imposé à 50 %, au profit de logements intermédiaires disponibles à la vente ou de logements en accession à la propriété ». Dont acte.

Il y a aussi un quatrième point de vigilance sur lequel j’aimerais attirer votre attention, en ce qui concerne ce que j’appelle « la sobriété foncière ». C’est la lutte contre les îlots de chaleur urbains. J’apprécie le fait que vous ayez amendé l’un de mes amendements pour intégrer ces deux notions, que je pense très importantes. Mais, là, nous avons encore un point de divergence : c’est sur les différents facteurs qui produisent les îlots de chaleur urbains. Vous insistez énormément sur les matériaux biosourcés. Certes, ils sont importants. Mais ce n’est pas qu’eux. L’un des premiers facteurs de la création d’îlot de chaleur, c’est le condensé, le bâti et les gabarits des bâtiments. Je trouve dommage que vous n’ayez pas mis ces notions au sein de ces objectifs dès la première mouture.

Certes, il y a des divergences d’urbanisme. J’ai eu l’occasion de le dire. Nous portons un projet avec des constructions à taille humaine, qui sont possibles grâce à la couverture d’une partie du réseau ferré. Pour nous, c’est possible. Nous nous fondons sur une étude de l’APUR qui a été faite en 2008. Je trouve regrettable que vous, qui portez souvent et utilisez comme référentiel les études de l’APUR, ayez complètement balayé cette étude. On pense qu’une couverture partielle est possible et permettrait un étalement, plus d’espaces végétalisés, et d’éviter votre verticalité concentrée sur le peu d’emprises terrestres qui existent.

En guise de conclusion, je voulais attirer votre attention et vous faire notamment une demande officielle : que la Ville de Paris demande à la Métropole du Grand Paris la reconnaissance d’un intérêt métropolitain pour cette ZAC. Cela permettrait d’avoir le soutien financier de la Métropole ainsi qu’un soutien d’expertise. Cela permettrait d’améliorer et d’avoir peut-être un peu plus de souffle sur ce projet qui, pour moi, manque un peu d’ambition.

J’espère que vous serez à même de répondre à cette sollicitation. Je pense que ce serait dans l’intérêt de l’ensemble des Parisiens et des métropolitains d’avoir ce rééquilibrage entre l’est et l’ouest, et d’avoir aussi cette continuité entre Paris et sa banlieue.

Je vous remercie.

Le sursis à statuer sera étudié.

Le sursis à statuer sera étudié.

Le vœu relatif au recours au sursis à statuer (qui consiste à temporiser la délivrance d’un permis de construire) aura eu pour mérite de relancer le débat et de faire adopter le principe d’étudier son utilisation pour les projets actuellement en cours de dépôt ou d’instruction, qui seraient de nature à compromettre le futur PLU Bioclimatique.

Lettre ouverte à Emmanuel Grégoire

Lettre ouverte à Emmanuel Grégoire

Monsieur Emmanuel GREGOIRE
Premier Adjoint à la Maire de Paris

 Paris, le 6 juillet 2022

Monsieur le Premier Adjoint, Cher Emmanuel,

Le territoire de la ZAC Bercy-Charenton représente 80 hectares ce qui en fait le projet urbain le plus ambitieux depuis la construction du quartier de la Défense dans les années 60 et de Paris Rive Gauche dans le 13eme.

La Métropole du Grand Paris doit s’incarner par des projets conçus pour être des ponts entre Paris et les communes qui l’entourent. Plus que partout ailleurs, il devrait en être ainsi du territoire exceptionnel qui se déploie entre le quartier de Bercy, dans le 12eme, et la commune de Charenton-le-Pont.

L’implication de la Métropole du Grand Paris dans la ZAC de Bercy-Charenton serait en phase avec les récentes orientations qu’elle a prise en matière d’aménagement. En effet, le 8 décembre 2017, le conseil métropolitain a défini les actions de restructuration urbaine d’intérêt métropolitain, qui peuvent concerner des opérations existantes ou futures qui

contribuent à la cohérence du territoire métropolitain notamment sous l’angle de la lutte contre les coupures urbaines ou de la connexion des réseaux de mobilité douce ou de la continuité de grandes entités paysagères telles qu’identifiées dans le SCOT, notamment les trames vertes ». De même, le  8 février 2019, le conseil de la MGP a élargi la définition de l’intérêt métropolitain en l’étendant aux actions futures de restructuration urbaine, dont il n’a pas forcément décidé la réalisation, mais auxquelles il apporte un soutien financier.

Les nouveaux objectifs fixés dans le cadre de la ZAC de Bercy-Charenton s’inscrivent dans les orientations portées par la Métropole comme :

  • le désenclavement du territoire et son développement dans une logique métropolitaine en renforçant les liens avec le projet urbain limitrophe de Charenton-le-Pont ;
  • l’amélioration de la fonctionnalité écologique de ce territoire entre la Seine et le Bois de Vincennes, proche du Parc de Bercy ;
  • l’inscription de ce territoire dans son histoire et la conception d’un quartier durable et résilient.

La Métropole du Grand Paris met à disposition des communes toute son expertise en respectant les aspects programmatiques choisis. Elle y apporte son soutien afin d’accélérer le rééquilibrage entre les territoires  qui la composent et afin d’améliorer le cadre de vie de ses habitants.

A la vue de tous ces éléments et des caractéristiques de ce territoire, Monsieur le Premier adjoint, Cher Emmanuel, je vous propose solennellement que la Ville de Paris demande à la Métropole du Grand Paris la reconnaissance d’intérêt métropolitain pour la Zac de Bercy-Charenton.

Je vous remercie de l’attention que vous porterez à cette demande et vous prie d’agréer, Monsieur Grégoire, l’expression de mes sentiments les meilleurs.

Valérie MONTANDON

 

Le Périphérique et la fable du boulevard urbain

Le Périphérique et la fable du boulevard urbain

Mobilité : Périphérique, la fable du boulevard urbain

Les propositions radicales d’Anne Hidalgo et de David Belliard qui visent la transformation du périphérique en un boulevard urbain, sont toutes déconnectées des réalités socio-économiques de Paris, de l’Ile-de-France et des besoins des Parisiens et Franciliens.

Dans la réalité, ce sont les permis de construire qui fleurissent sur les talus du périphérique et non les arbres comme le déclare la majorité.

Je suis intervenue pour formuler des propositions concrètes – notamment un calendrier cohérent –  pour améliorer la vie des habitants et des usagers et pour demander que tous les acteurs, notamment État, Région et Métropole, soient associés.

Retrouvez mes interventions en séances du Conseil de Paris:

 

 

 

Mes chers collègues,

l’exercice est assez périlleux pour l’Exécutif, parce qu’il s’agit de faire croire que vous allez verdir un territoire, alors que vous avez souvent tendance à le rendre plus gris. La réalité actuelle sur le périphérique, c’est que, pour l’instant, sur les talus, ce sont les permis de construire qui fleurissent plutôt que les arbres. Aujourd’hui, les espaces verts sur le bord du périphérique représentent 11 % de la surface totale des espaces verts parisiens. Nous sommes entièrement d’accord sur le fait qu’il faille les revaloriser, les pérenniser, notamment afin de créer une véritable trame de biodiversité.

C’est dans le cadre du P.L.U. bioclimatique que, j’espère, vous vous engagerez à corriger toutes les erreurs du P.L.U. 2016 qui ont permis, justement, tous les permis de construire et les constructions aux abords et sur les bretelles du périphérique. Mais, pour l’instant, ce sont les constructions que vous avez choisies.

Tout dépend de la possibilité et de la volonté de la Ville de bien vouloir changer son braquet. Pourrez-vous le faire en raison des finances de la Ville ? C’est une question que je pose : est-ce que la Ville sera prête à faire table rase de toutes les mannes financières que représentent les abords du périphérique pour essayer de développer les trames vertes auxquelles elle aspire dans cette communication ?

Pour l’instant, il est assez cocasse de voir le vœu des verts demandant un moratoire, parce que, pour un moratoire, déjà, c’est très excessif, cela met de côté toutes les possibilités d’équipements publics. Je pense à la création d’un gymnase pont entre le 12e arrondissement et Saint-Mandé, qui est pour nous un équipement utile et va être abandonné pour des raisons financières. Mais, vous voyez, votre moratoire est trop excessif. Et surtout, je trouve cela assez cocasse que vous parliez de moratoire quand vous êtes en train de co-construire sur Bercy-Charenton un projet où se profilent des constructions tout le long du périphérique ainsi que de l’échangeur.

Il y a un vœu de l’Exécutif pour lequel nous allons souscrire parce qu’il est beaucoup plus mesuré, parce qu’il demande qu’il y ait des études au cas par cas, éventuellement aussi actionner le sursis à statuer selon les cas de figure. Mais, là encore, même si nous allons voter favorablement ce vœu, nous ne demandons qu’à y croire. Quand on voit simplement la tour Triangle, on peut avoir des doutes.

Madame la Maire, Paris n’est pas une île. Notre périphérique n’est pas la barrière de corail. Je vous ai entendu tout à l’heure très attentionnée sur votre volonté d’ouverture avec les différents acteurs, notamment la Région et la Métropole. Mais, permettez-moi quand même de douter parfois de cette volonté. Je vais prendre un exemple très factuel. Lors de la mandature précédente, la Région Ile-de-France a lancé un plan anti-bouchons, acte 1 et acte 2. Elle a mobilisé plus de 140 millions d’euros pour toute l’Ile-de-France, pour essayer de réguler des points noirs. Cet argent, ces 140 millions d’euros, était mobilisable aussi bien pour des revêtements antibruit que pour améliorer l’insonorisation du périphérique.

J’avais déposé un vœu en juin 2019, qui demandait non seulement de solliciter ces fonds pour pouvoir expérimenter un axe à ultra-basses émissions sur les quais de Bercy, mais aussi pour expérimenter des véhicules propres et autonomes sur le périphérique. Vous avez bien sûr refusé ce vœu, mais vous n’avez jamais mobilisé les fonds régionaux qui allaient dans le sens de ce que vous prônez aujourd’hui.

Donc, voilà, encore des doutes qui s’installent en nous. Mais, bien sûr, vous ne pourrez pas vous priver d’un débat métropolitain et régional afin d’avoir une véritable réflexion sur le périphérique et aussi sur les autoroutes qui s’y déversent, parce que, là encore, c’est un véritable sujet que vous ne prenez pas à bras-le-corps.

Enfin, un débat métropolitain également afin d’avoir un plan de financement avec l’Etat, avec des fonds structurels européens, que vous devez mobiliser pour de telles envergures, pour de telles modifications, notamment sur les couvertures, sur les portes de Paris, que nous appelons aussi de nos vœux. Un travail sur lequel nous sommes prêts à travailler avec vous. Oui, au devenir du périphérique. Mais à condition que cette communication ne soit pas simplement un affichage qui permettrait d’obtenir l’absolution des Parisiens face à tout ce que vous êtes en train de faire aujourd’hui. Quoi qu’il en soit, je leur fais confiance parce qu’ils ne sont pas dupes et parce que, tout simplement, ils ont des yeux pour voir.