Violences sexuelles dans le périscolaire : nous demandons l’ouverture d’une enquête administrative

Violences sexuelles dans le périscolaire : nous demandons l’ouverture d’une enquête administrative

Avec ma collègue Inès de Raguenel, nous avons rappelé que ce drame n’est pas isolé : depuis 2019, plusieurs affaires similaires ont éclaté.
Nous soulignons que la Ville, en tant qu’employeur, a le devoir absolu de protéger les enfants.
Nous avons demandé à Anne Hidalgo de saisir l’Inspection générale de la Ville afin d’ouvrir une enquête administrative sur les violences sexistes et sexuelles dans le périscolaire parisien.
Objectif : identifier les failles et proposer des solutions concrètes.
Vous trouverez ci-joint le courrier adressé à la Maire de Paris cet été.

Sport à Paris : entre rêves olympiques et réalité du quotidien

Sport à Paris : entre rêves olympiques et réalité du quotidien

Mes chers collègues, le sport n’est pas qu’un loisir, c’est un pilier de la santé publique, un facteur de cohésion sociale et un rempart contre la sédentarité. Ses bienfaits sont nombreux et reconnus, vous le savez : ils réduisent les risques de maladies chroniques, renforcent l’immunité, améliorent le sommeil et préservent l’autonomie à tout âge. Le sport est aussi un allié de santé mentale, il aide à lutter contre le stress, l’anxiété, la dépression et renforce l’estime de soi.

Dans un monde saturé d’écrans, il offre une alternative concrète et humaine. Enfin, le sport crée du lien, du lien social, il rassemble, inclut et construit des ponts entre générations, milieux et cultures.

A Paris, il y a la communication et la réalité. Les Jeux olympiques et paralympiques ont fait rêver. Pendant un mois, les images, les promesses, les paillettes, mais une fois la fête terminée, c’est le dur retour au quotidien du sport de proximité pour les Parisiennes et les Parisiens. La réalité, ce sont : des créneaux sportifs saturés, des associations contraintes de refuser des inscriptions faute de place, et notamment dans le rugby, des équipements et des terrains insuffisamment entretenus, des parcours pas assez sécurisés qui découragent la pratique, notamment celle des femmes, et des piscines vieillissantes, souvent fermées.

Je voulais faire un focus particulier sur les piscines. Prenons l’exemple du 12e arrondissement, avec 140.000 habitants et seulement deux piscines. L’une d’elles, la piscine Jean Boiteux, est régulièrement fermée, que ce soit pour travaux, pour problèmes techniques ou pour grèves. Elle était d’ailleurs encore fermée ce week-end. Les usagers sont à bout. Pour couronner le tout, souvent, ces fermetures inopinées ne sont pas signalées sur le site, si bien qu’il y a des déplacements pour rien, encore et encore.

Créer une nouvelle piscine dans le 12e, c’est une promesse de campagne de 2001. Nous sommes aujourd’hui en 2025, soit un quart de siècle, et la promesse de campagne a été oubliée au fond du bassin. Quel manque total de vision ! Cela devient criant en période de canicule, où les piscines peuvent apporter de la fraîcheur aux Parisiens. Les températures ont baissé aujourd’hui, mais nous risquons d’autres vagues de chaleur dans les semaines à venir, et toujours plus fortes au fil des années, et vous le savez.

Nous voyons venir les canicules, mais comment anticipez-vous ? Huit piscines fermées sur les 41 municipales, aucune extension des horaires classiques. C’est pourtant censé être prévu dans votre stratégie « Paris Frais ». Avec mes collègues du groupe Changer Paris, nous avons écrit à la Maire de Paris pour organiser une réponse adaptée et au plus vite.

Ce manque de vision se retrouve d’ailleurs dans Paris, mais sur d’autres sujets que les piscines. Prenons le débat de la petite ceinture. Vous avez toujours eu une vision fragmentée et parcellaire de son potentiel. Pourquoi ? Parce que vos partenaires communistes veulent à tout prix conserver une réversibilité ferroviaire, au cas où, vous allez me dire, nous relancerions des trains. La petite ceinture pourrait pourtant devenir, dans sa totalité, un véritable espace sportif de proximité, mais, faute d’ambition, elle reste sous-utilisée.

La mission d’information et d’évaluation des bois de Boulogne et de Vincennes a fait un travail sérieux sur le sujet du sport, puisque c’est un usage important dans le bois, notamment en auditionnant les acteurs du terrain. Ses préconisations étaient claires : la mise en valeur de terrains sportifs, avec des expérimentations sur des titres de pelouse, qui permettrait de mieux accueillir les sportifs ; la mise en place d’un éclairage intelligent, respectueux de la biodiversité, afin d’étendre les horaires d’accès aux équipements sportifs ; et, enfin, développer dans les bois des parcours sportifs.

Pourtant, un an après, aucune de ces recommandations ne semble aujourd’hui mise en œuvre.

Pendant ce temps, notre groupe Changer Paris, autour de Rachida DATI, n’a pas attendu pour être force de proposition.

Voici les vœux que nous avons portés et qui ont été rejetés.

  • En octobre 2024, création de partenariat entre les écoles et les clubs sportifs, rejeté.
  • En décembre 2020, lutte contre le prosélytisme religieux dans le sport, rejeté.
  • En juin 2025, création de la maison « Sport Santé », rejeté.
  • En novembre 2024, généralisation des parcours « Handi-rando » et adaptation P.M.R. pour toutes les courses à pied, rejeté.
  • Demande de créneaux réservés aux personnes en situation de handicap, rejetée.
  • Même vœu pour proposer, dans les E.H.P.A.D., des consoles de jeux, notamment « e-sport », adaptées aux seniors, rejeté.

A défaut d’un véritable plan d’investissement sportif qui aurait dû être lancé en début de mandature, nous avons donc une belle communication en fin de mandature. Le sport, ce n’est pas que la lumière une fois tous les quatre ans. C’est un effort constant, quotidien, pour rendre la Ville plus juste, plus saine, plus viable. Cet effort, mes chers collègues, vous l’avez trop souvent laissé sur le banc.

 

L’école, lieu d’unité, pas d’idéologie


À Paris, la majorité municipale ne cherche plus à convaincre par des résultats concrets — propreté, sécurité, cadre de vie — mais préfère afficher des symboles. C’est le cas à l’école Lamoricière, dont le nom sera remplacé par celui de Léonie Wanner et Robert-Jean Longuet.

Il est légitime d’interroger certaines figures du passé. Le général Lamoricière joua un rôle central dans la conquête coloniale, marquée par la répression et la brutalité. Il ne s’agit pas d’occulter les violences de cette époque. Il servit son pays dans le contexte de son temps, avec ses contradictions. On ne peut pas en dire autant du duo choisi, dont les engagements furent idéologiques, parfois hostiles à la nation. Wanner, militante communiste, subordonna les intérêts français aux causes révolutionnaires internationales. Longuet, intellectuel d’extrême gauche, exprima souvent sa défiance envers la France.
Ce ne sont pas des choix qui rassemblent. Ce sont des marqueurs partisans projetés sur deécoles dédiées à l’éducation, au civisme, à l’universel.
Ce que nous dénonçons également, ce n’est pas le changement de nom en soi, mais le prisme de la repentance. À ne voir que l’ombre, on efface aussi la lumière, et avec elle, la fierté, la transmission, le désir d’appartenance à la France.
Nous appelons à des choix de noms qui unissent, qui inspirent, qui parlent à tous. L’école mérite mieux qu’un champ idéologique. Des figures plus fédératrices, porteuses de valeurs partagées, auraient reflété l’universalité que l’école doit incarner.

Valérie Montandon

Affectation scolaire à Paris : «Il faut réformer le logiciel Affelnet, dont les critères défient la logique et le mérite

À Paris, la rentrée scolaire ne se prépare plus seulement dans les salles de classe, mais aussi dans les tribunaux. Loin d’un débat technique ou secondaire, la récente suspension par la justice administrative d’une circulaire clé du rectorat met en lumière un malaise croissant : celui d’un système d’affectation des élèves devenu, aux yeux de nombreux parents, à la fois opaque, injuste et décourageant. Le 7 mai dernier, le tribunal administratif de Paris a suspendu en référé la circulaire rectorale du 10 avril 2025. Ce texte, pourtant central, fixe les règles d’affectation des élèves de troisième vers les lycées publics parisiens via la plateforme Affelnet. Sa suspension, bien que provisoire, marque une étape importante dans le combat mené par les familles pour une affectation plus juste. Car la mobilisation est massive et inédite : la PEEP et la FCPE, souvent opposées, sont aujourd’hui unies pour dénoncer un système devenu opaque, inéquitable et anxiogène. Ensemble, elles pointent une réforme qui, sous couvert de mixité sociale, a introduit des critères qui défient à la fois la logique et le mérite.

Au cœur du dispositif, les bonus IPS, attribués selon l’indice de position sociale du collège d’origine. Plus le collège est jugé «défavorisé», plus l’élève reçoit de points bonus, jusqu’à 1 200. Résultat : les résultats scolaires comptent souvent moins que l’origine géographique ou sociale de l’élève. À dossiers équivalents, deux élèves peuvent se voir offrir des perspectives radicalement différentes pour l’accès aux lycées les plus demandés. Prenons l’exemple du lycée Condorcet, dans le 9e arrondissement. Considéré comme l’un des meilleurs établissements publics de la capitale, il est désormais pratiquement inaccessible aux meilleurs élèves de son propre secteur. Un élève avec 15 dans toutes les matières et une «maîtrise satisfaisante» des compétences peut être refusé. À l’inverse, un autre élève, aux résultats moyens mais issu d’un collège à IPS faible, y sera admis grâce aux points supplémentaires. Le mérite est ainsi sacrifié sur l’autel d’un égalitarisme algorithmique.

L’étude de la Fondation pour l’innovation politique «La réforme Affelnet à Paris : un voyage au pays où 15 = 20» (2023) dévoile aussi une autre absurdité : les notes sont arrondies par tranches (15 = 20, 10 = 14.9 etc.), rendant illisibles les bulletins et démotivant les élèves. Par ailleurs, l’évaluation du «socle commun» – très floue – pèse davantage dans le calcul final que les résultats eux-mêmes. Un effet collatéral préoccupant est déjà visible : la fuite croissante d’élèves vers l’enseignement privé. Face à l’incertitude, à l’assignation géographique et à l’arbitraire de l’algorithme, de nombreuses familles renoncent à l’école publique. Cette tendance menace directement la mixité sociale que la réforme prétend promouvoir.

L’objectif de mixité sociale ne peut se faire au prix de la transparence, de l’équité et de la confiance

La suspension de la circulaire est un signal d’alarme. Elle rappelle à l’administration que l’objectif de mixité sociale ne peut se faire au prix de la transparence, de l’équité et de la confiance. Oui, la mixité est une nécessité. Mais elle ne doit pas être synonyme d’assignation, ni se construire en sacrifiant les efforts des élèves. Il est temps de repenser Affelnet, de rétablir la clarté et le mérite, et de garantir à chaque famille une véritable liberté de choix dans le service public de l’éducation.

 

Les JOP et le sport de proximité

Les JOP et le sport de proximité

Retrouvez mon intervention lors du débat sur l’héritage des Jeux Olympiques et paralympiques

Monsieur le Maire. Mes chers collègues, les Jeux Olympiques ont été un véritable succès, que ce soit sur le plan de l’organisation, de la créativité, ou de la collaboration entre les collectivités et l’Etat. A cet égard, je tiens à remercier chaleureusement M. le Préfet, Laurent NUÑEZ, ainsi que l’ensemble des agents et des volontaires. Ce succès a également été celui de l’excellence sportive, notamment française.

Cependant, il ne faudrait pas que ces Jeux Olympiques ne deviennent qu’une carte postale éphémère, une sorte d' »Émilie in the Olympic Games ». Permettez-moi d’exprimer une certaine inquiétude face à l’aveuglement de certains membres de la majorité qui semblent nier les réalités quotidiennes des Parisiens en les abordant avec une certaine condescendance que je trouve préoccupante. L’héritage de ces Jeux doit être bien plus qu’une parenthèse, notamment sur le plan sportif.

Chers collègues de la majorité, je vous ai écoutés avec beaucoup d’attention et je trouve que vous parlez très peu de sport, notamment de sport de proximité. Pourtant, pour beaucoup de Parisiens, faire du sport à Paris est un véritable parcours du combattant. Pourquoi ? C’est déjà à cause de l’accessibilité. Les créneaux disponibles pour les associations sportives sont rares et difficiles à obtenir, créant une pression constante sur les associations et les usagers. Puis, il y a le coût. Les tarifs sont souvent trop élevés pour les familles, rendant la pratique régulière du sport difficile pour un grand nombre de Parisiens.

Comment expliquer aux jeunes Parisiens émerveillés par les Jeux Olympiques et Paralympiques, les yeux encore pleins d’étoiles, qu’ils ne pourront pas pratiquer le sport au quotidien près de chez eux ? Le sport ne peut avoir deux vitesses : d’un côté, la grandeur des Jeux Olympiques et Paralympiques, de l’autre, la réalité d’un sport difficilement accessible au quotidien. Cela créerait une fracture profondément injuste, décourageante pour de nombreux Parisiens.

A Paris, nous manquons cruellement d’espaces pour la pratique sportive. Le bois de Vincennes peut être un levier essentiel pour améliorer l’offre sportive. Pourtant, de nombreux terrains sont impraticables, en raison, et vous le savez, de l’état déplorable des pelouses, ou encore du manque d’éclairage et des dégradations fréquentes des installations comme les filets, les poteaux, ou les vestiaires.

C’est précisément pour répondre à ces enjeux que nous avons formulé des propositions, afin que les préconisations émises à l’unanimité de nos groupes au Conseil de Paris lors de la mission d’information et d’évaluation sur les bois soient rapidement mises en œuvre. Nous avons su faire preuve de créativité pendant ces Jeux Olympiques. Faisons de même en innovant avec des éclairages innovants, adaptés, et des pelouses de nouvelle génération. Un calendrier clair et une méthodologie concertée avec les associations sportives doivent être rapidement mis en place pour garantir que l’héritage sportif des Jeux Olympiques ne soit pas une promesse vaine, mais une réalité durable au bénéfice de tous les Parisiens. Je vous remercie.

 

Restaurer la notion de mérite!

Restaurer la notion de mérite!

Chers membres de la majorité municipale,

Qu’avons-nous constaté des Jeux Olympiques et Paralympiques ? Nous avons vu des Français et des Parisiens valoriser la compétition, l’excellence, le travail et le mérite. Oui, ils aiment la compétition, la récompense, et la diversité des talents. Nous sommes bien loin du nivellement par le bas et de l’égalitarisme à tout prix. Les JO ont démontré que performance et mérite ne sont pas des gros mots, bien au contraire. C’est l’exact opposé de la pensée dont vous faites l’écho dans cet hémicycle et, plus largement, au cœur de votre politique.

Je me souviens d’une réponse que l’on m’a faite lorsque j’ai porté un vœu pour une refonte d’Affelnet, axée sur le mérite, ce qui fait la force de notre République. L’exécutif m’a alors répondu que « Vous évoquez le critère de méritocratie qui, selon vous, serait insuffisamment pris en compte dans cette réforme Affelnet. La méritocratie, pour nous, n’est pas un critère de politique éducative. Ce qui caractérise la politique éducative de cette majorité municipale, c’est la mixité sociale pour la réussite de tous les élèves. C’est la raison pour laquelle je ne peux donner qu’un avis défavorable. »

En cette rentrée scolaire, après les JOP, les membres de la majorité, seront ils enfin prêts à faire du mérite le fil conducteur de votre action ?

Je vous appelle à être les moteurs d’une refonte d’Affelnet qui mette en avant le mérite des élèves, et pas uniquement leur indice de position sociale (IPS).

Plutôt que de diminuer les subventions des établissements privés et de les stigmatiser régulièrement, il est temps de cesser d’opposer école publique et école privée. Car tous les établissements, qu’ils soient publics ou privés, abritent des équipes éducatives dévouées qui œuvrent pour le bien de nos enfants, souvent dans des conditions difficiles, et méritent notre soutien.

Posez-vous la question : pourquoi ces établissements réussissent-ils ? Pourquoi ne pas s’inspirer de ce qui fonctionne au lieu de chercher à l’affaiblir ? C’est ce que vous avez fait encore récemment en voulant transformer plusieurs parcelles d’établissements scolaires privés en logements sociaux.

J’aspire aussi à ce que la ville prenne enfin ses responsabilités pour rénover ses écoles, les rendre fonctionnelles et accessibles, au lieu de s’appuyer de plus en plus sur le budget participatif pour financer ces rénovations.

Il en est de même pour le tirage au sort des conservatoires. Cette situation n’est plus admissible. Une autre voie est possible : celle de l’évaluation à l’entrée, ainsi que du partenariat avec les associations, afin qu’elles deviennent un tremplin pour leurs élèves vers le conservatoir

Le mérite n’est ni de droite, ni de gauche. Il est le socle sur lequel nous devons bâtir une école forte, une école qui donne à chacun la possibilité de se dépasser, comme pendant les JOP que vous avez tant aimés.