Comme vous le savez, en 2024, nous avons conduit la M.I.E. des bois de Boulogne et de Vincennes. C’était un travail collectif. Nous avons réussi à établir 68 préconisations. Parmi celles-ci, je vous en conviens, certaines demandent des budgets ou des moyens et nécessitent donc des délais pour les mettre en application. Il y a aussi des préconisations qui ne coûtent rien et qui auraient dû être lancées très rapidement.
Je pense notamment à la préconisation n° 68, qui demandait la mise en place d’un récapitulatif dans les comptes administratifs, avec les recettes, les dépenses et les investissements qui sont inhérents aux bois de Boulogne et de Vincennes. Au dernier budget, j’étais assez surprise de ne pas voir cette préconisation simple, qui ne coûte rien, dans les comptes administratifs.
Ce vœu a justement pour objet de vous demander que cet engagement soit pris en compte. Pourquoi ? Déjà, cela permettrait d’améliorer la visibilité des engagements financiers dans les bois, et de faciliter le pilotage stratégique de ces deux poumons verts parisiens.
Je vous le rappelle, vous le savez très bien, pendant la M.I.E., et pendant les débats que nous avons dans ce Conseil de Paris, nous savons à quel point il est difficile de concilier les différents usages, qu’ils soient sportifs, de loisir, ou culturels, avec l’enjeu de la préservation de la biodiversité. Un des préalables, c’est bien de connaître en effet les dépenses, les investissements, qui sont faits dans ces bois.
J’espère que ce vœu consensuel, et je le rappelle, qui ne coûte rien, qui est préalable à toutes nos décisions stratégiques dans ces poumons verts, sera adopté, c’est-à-dire la mise en place d’un encadré avec les recettes, les dépenses, et les investissements engagés. Bien sûr, il s’agirait que cet encadré soit présenté lors du budget chaque année, lors du Conseil de Paris.
Je me suis exprimée sur les conséquences du PLU bioclimatique concernant l’immobilier parisien et, plus largement, sur ses impacts économiques, tant au niveau local que national. Les contraintes urbanistiques qui pèsent sur le secteur tertiaire affectent non seulement l’activité économique, mais aussi l’épargne des ménages et des entreprises.
Sans compter que ces mesures seront contre-productives également sur le plan environnemental, en freinant les rénovations thermiques pourtant si nécessaires
Alors que la crise de l’immobilier persiste et que l’instabilité politique de notre pays exacerbe l’incertitude économique, la ville de Paris a intégré dans son plan d’urbanisme des contraintes qui semblent déconnectées des réalités conjoncturelles, techniques et environnementales. Ces choix risquent de renforcer l’attentisme et d’accentuer les fragilités du tissu économique, en mettant sous pression un secteur déjà éprouvé.
La Cigale, en son Hôtel de Ville,
Chantait, guidée par des ambitions futiles,
Pas d’économies, mais des dépenses folles,
Bétonnant les rues et creusant son sol.
Quand vint la saison des recettes amoindries,
La Fourmi, lucide, prédit la faillite à l’horizon flétri :
« Vos recettes surestimées ne suffiront pas,
Et votre dette explose, déjà 10 milliards en fracas. »
« Que faisiez-vous ces vingt-trois dernières années ? »
Dit-elle à la Cigale, en sa tour dorée.
« de 27% dépenses de fonctionnement j’augmentais
Et des Parisiens, leur argent je saignais. »
« Vous dépensiez ? J’en suis fort aise.
Eh bien, réparez à présent vos fadaises. »
Mais la Cigale, dans l’effort bien trop absente,
Accusa l’État d’être seule cause des absences.
Aux Parisiens, elle dit : « Encore un effort !
Payez plus de taxes, videz votre trésor. »
Leur cadre de vie ? Délaissé, oublié,
Propreté, rénovation, écoles : budgets sacrifiés.
La Fourmi proposa : « Auditez vos comptes,
Cessez les excès, et redressez vos monts.
Stoppez les subventions biaisées,
Réduisez l’apparat, et sécurisez nos quartiers
Mais la Cigale, obstinée dans son chant,
Continue d’accuser et d’ignorer l’instant.
Et Paris s’efface : 132 000 âmes ont fui,
Désertant une ville qui délaisse sa vie.
Moralité :
Paris, vous dépensez un argent que vous n’avez pas,
Et toujours les Parisiens subissent vos faux pas.
Votre dette, multipliée par quatre en vingt ans,
Est une bombe à retardement pour les habitants.
Paris doit retrouver propreté, sécurité et durabilité,
Des espaces apaisés, mieux partagés, et de vraies priorités.
Il est temps de tourner la page d’une gestion affaiblie,
Indubitablement, il est temps de Changer Paris.
Retrouvez mon intervention lors du débat budgétaire 2025
Madame la Maire, mes chers collègues,
Lors de la mission d’information et d’évaluation sur les bois de Boulogne et de Vincennes, les membres ont formulé une préconisation claire et simple : créer un encadré spécifique dans la comptabilité administrative permettant d’identifier pour chaque bois l’ensemble des recettes, des dépenses et des investissements engagés. Force est de constater qu’aucune mesure de ce type n’apparaît dans le budget que nous examinons aujourd’hui.
Cette préconisation, qui a été acceptée par l’ensemble des groupes politiques de notre Assemblée et qui ne nécessitait aucun coût supplémentaire, aurait permis de donner une véritable visibilité sur la gestion de ces espaces boisés et sur les enjeux climatiques. Mais, une fois de plus, la Ville semble s’abstenir de prendre des mesures transparentes et structurées.
La réalité, c’est que les bois sont surtout des « cash machines », dont les recettes sont noyées dans le budget global de la Ville. Les 23 concessions dans les deux bois rapportent 22,4 millions d’euros, auxquels s’ajoutent les nombreuses recettes de tous les événements liés, par exemple « We Love Green », et d’autres redevances lucratives.
Face à ces recettes substantielles, le budget que vous allouez à l’entretien et à la valorisation des bois, lui, est beaucoup plus faible. Cette année, la Ville prévoyait un budget annuel de 9,77 millions d’euros, répartis entre le fonctionnement pour 4,45 millions d’euros et l’investissement pour 5,32 millions d’euros. Ces chiffres de recettes et de dépenses, bien qu’ils ne soient pas exhaustifs, mettent en lumière un écart abyssal entre les recettes que génèrent les bois et les montants investis pour leur entretien et leur valorisation.
Parallèlement, ce budget manque cruellement de stratégie et de méthodologie pour répondre aux ambitions affichées au travers des multiples plans : plan Arbre, plan Climat, P.L.U. bioclimatique, dont la création de 300 hectares d’espaces verts. Le dépôt d’un amendement relatif à un budget supplémentaire pour la plantation d’arbres par le groupe PEC « bricolé à la va-vite » illustre parfaitement cette impréparation et cette désinvolture face aux enjeux environnementaux.
Il est tout de même frappant de constater que, après le plan Climat, après le plan Arbre et après le P.L.U. bioclimatique, vous en êtes réduits à improviser, et même à gager les plantations d’arbres sur les dépenses dites imprévues. Oui, « imprévues », mes chers collègues.
La Ville communique beaucoup sur les plans ambitieux, mais, dans les faits, elle bricole des solutions au fil de l’eau, et ce budget ne respire ni la stratégie ni l’ambition, il transpire l’improvisation et l’absence de vision en matière environnementale.
Invitée par le Medef Paris, j’ai participé à un débat au Salon de l’Immobilier d’Entreprise (SIMI), aux côtés de mes collègues du Conseil de Paris : Fatoumata Koné, présidente du groupe Les Écologistes, Geoffroy Boulard, maire du 17ᵉ arrondissement, et Emmanuel Grégoire, député de Paris et principal artisan du nouveau Plan Local d’Urbanisme (PLU) bioclimatique de la capitale.
Face à Emmanuel Grégoire, j’ai exprimé une opposition claire à ce PLU, dont je dénonce les effets contre-productifs sur l’attractivité de Paris et sur l’environnement. J’ai plaidé pour une politique du logement plus équilibrée, en faveur des classes moyennes, avec un effort accru pour développer le logement intermédiaire – un enjeu majeur aujourd’hui ignoré par la majorité municipale.
Alors que 60 % des salariés travaillant à Paris vivent en dehors de la ville, la pénurie de logements intermédiaires pousse les jeunes actifs et les familles à revenus moyens vers la périphérie. Le logement intermédiaire est devenu l’angle mort du PLU conçu sous la responsabilité d’Emmanuel Grégoire.
Les contraintes imposées par ce PLU bioclimatique, telles que la servitude de mixité fonctionnelle (obligation de créer du logement social lors de restructurations de bâtiments tertiaires de plus de 5 000 m²) ou le pastillage (emplacements réservés à du logement social), introduisent une incertitude forte pour les investisseurs, les promoteurs et les épargnants. Elles freinent les rénovations thermiques pourtant essentielles à la transition environnementale, en ignorant la réalité de la restructuration des bâtiments existants.
Avec notre groupe « Changer Paris », je défends une vision alternative : celle d’une capitale attractive, capable de soutenir ses acteurs économiques tout en répondant aux défis sociaux et écologiques avec pragmatisme et cohérence.
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