Urgent : refonte de la propreté

Urgent : refonte de la propreté

Mes chers collègues,

je tiens à commencer cette intervention en insistant clairement sur un point : il ne s’agit en aucun cas de remettre en cause le travail des agents de la Ville. Je sais leur engagement et leur présence sur le terrain, souvent dans des conditions difficiles. Ce que je remets en cause, ce n’est pas leur implication, mais bien les choix politiques qui les encadrent. Trop souvent, dès que l’on parle de dysfonctionnement en matière de propreté, on nous répond que nous stigmatisons les agents. C’est une posture facile, injuste et contre-productive, car dans toute organisation, même avec des personnels de bonne volonté, si le management est défaillant, s’il n’existe ni plan de carrière, ni politique de reconnaissance, ni évaluation objective, alors, les services manquent d’efficacité. Ce n’est pas une critique envers les agents, c’est une exigence envers nous, élus, qui devons leur donner les moyens de réussir.

Aujourd’hui, dans le 12e arrondissement, la situation de la propreté est très préoccupante. Les habitants nous alertent quotidiennement : dépôts sauvages, encombrements, présence accrue de rats, poubelles débordantes ou absentes. Pourtant, nous savons qu’avec une vraie volonté, un haut niveau de propreté est possible. Nous l’avons vu lors des Jeux Olympiques et Paralympiques. Il est temps que la Ville engage une vraie introspection, que l’on arrête de se satisfaire d’outils comme « DansMaRue », certes utiles, je le précise, mais qui ne suffisent plus. Nous devons franchir une étape supplémentaire, passer à une gestion réellement territorialisée dans la pratique, modernisée, avec des capteurs, des dispositifs connectés, un suivi en temps réel, bref, mettre la technologie au service du service public.

Ce vœu que nous portons vise à enclencher une refonte indispensable pour redonner aux agents les moyens d’agir et aux Parisiens la qualité de vie qu’ils méritent.

Compensation ou spéculation ? Le vrai visage des droits de commercialité

Compensation ou spéculation ? Le vrai visage des droits de commercialité

Nous débattons souvent, dans cet hémicycle, de la politique du logement, des tensions sur le marché immobilier et, bien sûr, aussi, de la rareté de l’offre. Il y a, il faut le dire, au niveau national, mais également au niveau local, un consensus sur le fait de vouloir réguler les locations de meublés touristiques.

Cependant, il y a un angle mort, qui s’appelle les droits de commercialité. C’est un mécanisme de compensation, qui permet la transformation d’un logement en local à usage commercial, à condition qu’un autre bien soit simultanément transformé en logement. Initialement destiné à préserver l’équilibre du parc de logement parisien, ce système fait aujourd’hui l’objet de dérives, notamment dans les arrondissements centraux, dans lesquels des titres de compensation sont acquis pour permettre la création de meublés touristiques.

Nous vous demandons que ces pratiques cessent lorsqu’elles sont dévoyées et utilisées pour transformer du logement en logement de meublés touristiques, c’est-à-dire à un usage commercial. La Ville ne peut plus fermer les yeux sur ces pratiques, et c’est pour cela que nous avons demandé qu’un moratoire soit immédiatement appliqué sur la revente, par les bailleurs sociaux de la Ville de Paris, de titres de compensation de commercialité à des acteurs privés, à des fins d’usage, de meublés touristiques.

En attendant, nous vous demandons de mettre une clause, afin de pallier cette dérive. Nous vous demandons aussi que les services de la Ville soient chargés d’établir un rapport public annuel sur les opérations de rachat et de revente de commercialités afin qu’il y ait toute la transparence et que les élus de notre hémicycle soient au courant des différents droits de commercialité et de leur utilisation.

Débat organisé par le MEDEF Paris à l’AMIF

Débat organisé par le MEDEF Paris à l’AMIF

Je remercie le Medef Paris pour son invitation à débattre sur les stratégies de collaboration entre collectivités et acteurs privés au salon de l’AMIF ( Association des Maires d’Ile-de-France). J’ai eu l’occasion de confronter nos points de vue  avec des collègues du Conseil de Paris et candidats aux prochaines municipales de 2026 : Maud Gatel, Pierre-Yves Bournazel et Emmanuel Grégoire.

Avec le Groupe Changer Paris au Conseil de Paris, nous portons une volonté politique claire : renforcer les partenariats entre acteurs publics et privés. Ce n’est pas seulement une ambition, c’est une exigence. L’attractivité économique est essentielle pour l’avenir de notre capitale.
J’ai eu l’occasion de partager plusieurs propositions concrètes :

🔹 La création d’un Conseil d’évaluation économique des politiques publiques, indépendant, réunissant économistes, entrepreneurs, syndicats. Objectif : chiffrer, anticiper et évaluer les effets des politiques sur l’emploi, l’investissement et l’attractivité de Paris.

🔹 La création de comités d’experts publics/privés – réunissant acteurs économiques, institutionnels et techniques – est une démarche essentielle pour enrichir la décision publique grâce à une expertise concrète issue du terrain.
La Région Ile-de-France a été très active  en la matière, avec la mise en place de conseils stratégiques qui guident l’élaboration des politiques publiques.
Je peux en témoigner à travers mon expérience au sein du Conseil stratégique du design. La région accompagne aussi l’innovation des entreprises avec des dispositifs d’accompagnement financier et d’expertise. Ceux sont 130 PME industrielles qui en ont bénéficié depuis 2024.

🔹 La promotion des SCIC – Sociétés Coopératives d’Intérêt Collectif, un outil de gouvernance partagée. Elles fédèrent partenaires publics, privés et citoyens autour de projets à fort impact local ou sectoriel, dans la durée.

Enfin, nous avons réaffirmé deux priorités fortes :

✅ La mise en place d’un plan de mobilité spécifique pour Paris, dans une logique de co-construction avec les acteurs concernés.
✅ Une refonte ambitieuse de la politique du logement, pour permettre à celles et ceux qui travaillent à Paris – notamment la classe moyenne et les apprentis – de ne plus être contraints de vivre loin de leur lieu de travail. Aujourd’hui, 60 % des salariés qui travaillent à Paris n’y résident pas.

Affectation scolaire à Paris : «Il faut réformer le logiciel Affelnet, dont les critères défient la logique et le mérite

À Paris, la rentrée scolaire ne se prépare plus seulement dans les salles de classe, mais aussi dans les tribunaux. Loin d’un débat technique ou secondaire, la récente suspension par la justice administrative d’une circulaire clé du rectorat met en lumière un malaise croissant : celui d’un système d’affectation des élèves devenu, aux yeux de nombreux parents, à la fois opaque, injuste et décourageant. Le 7 mai dernier, le tribunal administratif de Paris a suspendu en référé la circulaire rectorale du 10 avril 2025. Ce texte, pourtant central, fixe les règles d’affectation des élèves de troisième vers les lycées publics parisiens via la plateforme Affelnet. Sa suspension, bien que provisoire, marque une étape importante dans le combat mené par les familles pour une affectation plus juste. Car la mobilisation est massive et inédite : la PEEP et la FCPE, souvent opposées, sont aujourd’hui unies pour dénoncer un système devenu opaque, inéquitable et anxiogène. Ensemble, elles pointent une réforme qui, sous couvert de mixité sociale, a introduit des critères qui défient à la fois la logique et le mérite.

Au cœur du dispositif, les bonus IPS, attribués selon l’indice de position sociale du collège d’origine. Plus le collège est jugé «défavorisé», plus l’élève reçoit de points bonus, jusqu’à 1 200. Résultat : les résultats scolaires comptent souvent moins que l’origine géographique ou sociale de l’élève. À dossiers équivalents, deux élèves peuvent se voir offrir des perspectives radicalement différentes pour l’accès aux lycées les plus demandés. Prenons l’exemple du lycée Condorcet, dans le 9e arrondissement. Considéré comme l’un des meilleurs établissements publics de la capitale, il est désormais pratiquement inaccessible aux meilleurs élèves de son propre secteur. Un élève avec 15 dans toutes les matières et une «maîtrise satisfaisante» des compétences peut être refusé. À l’inverse, un autre élève, aux résultats moyens mais issu d’un collège à IPS faible, y sera admis grâce aux points supplémentaires. Le mérite est ainsi sacrifié sur l’autel d’un égalitarisme algorithmique.

L’étude de la Fondation pour l’innovation politique «La réforme Affelnet à Paris : un voyage au pays où 15 = 20» (2023) dévoile aussi une autre absurdité : les notes sont arrondies par tranches (15 = 20, 10 = 14.9 etc.), rendant illisibles les bulletins et démotivant les élèves. Par ailleurs, l’évaluation du «socle commun» – très floue – pèse davantage dans le calcul final que les résultats eux-mêmes. Un effet collatéral préoccupant est déjà visible : la fuite croissante d’élèves vers l’enseignement privé. Face à l’incertitude, à l’assignation géographique et à l’arbitraire de l’algorithme, de nombreuses familles renoncent à l’école publique. Cette tendance menace directement la mixité sociale que la réforme prétend promouvoir.

L’objectif de mixité sociale ne peut se faire au prix de la transparence, de l’équité et de la confiance

La suspension de la circulaire est un signal d’alarme. Elle rappelle à l’administration que l’objectif de mixité sociale ne peut se faire au prix de la transparence, de l’équité et de la confiance. Oui, la mixité est une nécessité. Mais elle ne doit pas être synonyme d’assignation, ni se construire en sacrifiant les efforts des élèves. Il est temps de repenser Affelnet, de rétablir la clarté et le mérite, et de garantir à chaque famille une véritable liberté de choix dans le service public de l’éducation.

 

Pour une police municipale à la hauteur des enjeux

Pour une police municipale à la hauteur des enjeux

La police municipale de Paris, encore récente, peine à répondre aux attentes. Les effectifs restent largement insuffisants (2 300 agents contre les 5 000 promis), entraînant un fort turn-over lié à des primes peu attractives, à l’absence de pérennité des incitations et aux difficultés de logement. Non armés, les agents voient leur capacité d’intervention limitée. Par ailleurs, l’action est trop centrée sur la mobilité : 94 % des PV concernent la circulation, au détriment de la lutte contre les incivilités. Les Parisiens expriment un fort besoin de présence sur le terrain.
Avec le groupe Changer Paris, nous proposons : l’armement des agents, de meilleurs équipements, la séparation des missions de circulation et de tranquillité publique, la revalorisation des primes intégrées à la retraite, et un accès prioritaire au logement social pour les agents à horaires décalés. Il est temps de faire monter en puissance les compétences de la police municipale au niveau législatif et nous soutiendrons tous ceux qui en auront la volonté politique au niveau national !