par vm2017 | Juil 13, 2022 | urbanisme
Depuis plus de 10 ans, nous avons dénoncé avec force et constance l’ancien projet de Bercy Charenton, ses tours, sa minéralité.
Ce dernier était obsolète dès son lancement.
Des divergences persistent sur le nouveau projet, comme la densité et la concentration des constructions notamment aux abords du périphérique, l’absence d’étude de couverture d’une partie du faisceau ferroviaire, et le déséquilibre de la programmation de logements.
Ce projet manque terriblement de souffle et d’ambition.
Un de mes amendements intégrant la notion de sobriété foncière et de lutte contre les îlots de chaleur urbains a été intégré à la délibération. J’ai aussi interpellé l’exécutif pour que la Ville demande une reconnaissance de l’intérêt métropolitain de cette ZAC à la Métropole du Grand Paris afin qu’elle puisse y apporter son soutien et son expertise en matière d’aménagement.
Retrouvez mes interventions en séances du Conseil, dans la presse ainsi que ma lettre ouverte :
Mes chers collègues, nous nous réjouissons de l’abandon de l’ancien projet de Bercy-Charenton, que nous dénonçons depuis plus de 10 ans. Je rappelle que ce projet de 6 tours – dont la majorité cumulait à 180 mètres de haut – entourées et enclavées par le périphérique, l’échangeur de Bercy ainsi que le rail, étaient pour nous un projet obsolète dès son lancement. D’ailleurs, c’est bien dommage que vous n’ayez pas écouté les bancs de l’opposition. Nous aurions gagné 10 ans et beaucoup d’argent.
Permettez-moi de rappeler aux élus écologistes de notre hémicycle que la droite a toujours dénoncé ce projet et a maintenu la pression. Aujourd’hui, s’il y a refonte et remise à plat, ce n’est pas que du seul fait des écologistes, mais bien sûr aussi de la droite. Je le rappelle, et c’est arithmétique : vous êtes 22, nous sommes 55.
Si je peux me permettre aussi, dans les négociations internes que vous avez pu avoir – mes chers amis écologistes – avec vos partenaires de la majorité, vous avez quand même perdu le bras de fer, parce que le projet reste très dense, notamment aux abords du périphérique.
En ce qui concerne la nouvelle délibération, nous partageons une grande partie des objectifs de désenclavement, d’avoir un écoquartier, une mixité de programmations, de logements, de bureaux, d’usages, de logistique, et bien sûr, d’avoir aussi des trames vertes et la préservation du patrimoine.
Mais nous avons aussi, hélas, des points de vigilance et des divergences, que nous avons d’ailleurs matérialisés par 4 amendements. L’un demande la préservation de l’existant, notamment au niveau des tunnels Baron-Le-Roy. Je sais que vous vous êtes engagés oralement, mais, pour l’instant, nous ne voyons rien par écrit. Préservation des tunnels au niveau patrimonial, mais aussi de leur destination artisanale. Préservation également des emprises terrestres lors de la rénovation du secteur Léo-Lagrange, car, là aussi, aux premières moutures, il y avait eu menace de constructions à cet endroit.
Enfin, il y a aussi toute une divergence sur la proportion de logements sociaux. Vous continuez et maintenez, comme au premier projet, 57 % de logements sociaux et un total d’environ 80 % de logements aidés. Il n’y a pas que la droite qui le dénonce. Je vais me permettre de lire le rapport du commissaire enquêteur de l’enquête publique qui a eu lieu en 2016 et l’exprime encore mieux. Je cite : « Si la commission d’enquête reconnaît les besoins importants en matière de logement social à l’échelle de la Ville de Paris, elle estime toutefois que le pourcentage de 60 % imposé aux opérations d’aménagement de la ZAC Bercy-Charenton n’apporte pas toutes les garanties en matière de diversité de produits immobiliers et de mixité sociale. La commission d’enquête recommande en conséquence de plafonner le pourcentage de logements sociaux imposé à 50 %, au profit de logements intermédiaires disponibles à la vente ou de logements en accession à la propriété ». Dont acte.
Il y a aussi un quatrième point de vigilance sur lequel j’aimerais attirer votre attention, en ce qui concerne ce que j’appelle « la sobriété foncière ». C’est la lutte contre les îlots de chaleur urbains. J’apprécie le fait que vous ayez amendé l’un de mes amendements pour intégrer ces deux notions, que je pense très importantes. Mais, là, nous avons encore un point de divergence : c’est sur les différents facteurs qui produisent les îlots de chaleur urbains. Vous insistez énormément sur les matériaux biosourcés. Certes, ils sont importants. Mais ce n’est pas qu’eux. L’un des premiers facteurs de la création d’îlot de chaleur, c’est le condensé, le bâti et les gabarits des bâtiments. Je trouve dommage que vous n’ayez pas mis ces notions au sein de ces objectifs dès la première mouture.
Certes, il y a des divergences d’urbanisme. J’ai eu l’occasion de le dire. Nous portons un projet avec des constructions à taille humaine, qui sont possibles grâce à la couverture d’une partie du réseau ferré. Pour nous, c’est possible. Nous nous fondons sur une étude de l’APUR qui a été faite en 2008. Je trouve regrettable que vous, qui portez souvent et utilisez comme référentiel les études de l’APUR, ayez complètement balayé cette étude. On pense qu’une couverture partielle est possible et permettrait un étalement, plus d’espaces végétalisés, et d’éviter votre verticalité concentrée sur le peu d’emprises terrestres qui existent.
En guise de conclusion, je voulais attirer votre attention et vous faire notamment une demande officielle : que la Ville de Paris demande à la Métropole du Grand Paris la reconnaissance d’un intérêt métropolitain pour cette ZAC. Cela permettrait d’avoir le soutien financier de la Métropole ainsi qu’un soutien d’expertise. Cela permettrait d’améliorer et d’avoir peut-être un peu plus de souffle sur ce projet qui, pour moi, manque un peu d’ambition.
J’espère que vous serez à même de répondre à cette sollicitation. Je pense que ce serait dans l’intérêt de l’ensemble des Parisiens et des métropolitains d’avoir ce rééquilibrage entre l’est et l’ouest, et d’avoir aussi cette continuité entre Paris et sa banlieue.
Je vous remercie.

par vm2017 | Juil 12, 2022 | urbanisme
Le vœu relatif au recours au sursis à statuer (qui consiste à temporiser la délivrance d’un permis de construire) aura eu pour mérite de relancer le débat et de faire adopter le principe d’étudier son utilisation pour les projets actuellement en cours de dépôt ou d’instruction, qui seraient de nature à compromettre le futur PLU Bioclimatique.

par vm2017 | Juil 7, 2022 | urbanisme
Monsieur Emmanuel GREGOIRE
Premier Adjoint à la Maire de Paris
Paris, le 6 juillet 2022
Monsieur le Premier Adjoint, Cher Emmanuel,
Le territoire de la ZAC Bercy-Charenton représente 80 hectares ce qui en fait le projet urbain le plus ambitieux depuis la construction du quartier de la Défense dans les années 60 et de Paris Rive Gauche dans le 13eme.
La Métropole du Grand Paris doit s’incarner par des projets conçus pour être des ponts entre Paris et les communes qui l’entourent. Plus que partout ailleurs, il devrait en être ainsi du territoire exceptionnel qui se déploie entre le quartier de Bercy, dans le 12eme, et la commune de Charenton-le-Pont.
L’implication de la Métropole du Grand Paris dans la ZAC de Bercy-Charenton serait en phase avec les récentes orientations qu’elle a prise en matière d’aménagement. En effet, le 8 décembre 2017, le conseil métropolitain a défini les actions de restructuration urbaine d’intérêt métropolitain, qui peuvent concerner des opérations existantes ou futures qui
contribuent à la cohérence du territoire métropolitain notamment sous l’angle de la lutte contre les coupures urbaines ou de la connexion des réseaux de mobilité douce ou de la continuité de grandes entités paysagères telles qu’identifiées dans le SCOT, notamment les trames vertes ». De même, le 8 février 2019, le conseil de la MGP a élargi la définition de l’intérêt métropolitain en l’étendant aux actions futures de restructuration urbaine, dont il n’a pas forcément décidé la réalisation, mais auxquelles il apporte un soutien financier.
Les nouveaux objectifs fixés dans le cadre de la ZAC de Bercy-Charenton s’inscrivent dans les orientations portées par la Métropole comme :
- le désenclavement du territoire et son développement dans une logique métropolitaine en renforçant les liens avec le projet urbain limitrophe de Charenton-le-Pont ;
- l’amélioration de la fonctionnalité écologique de ce territoire entre la Seine et le Bois de Vincennes, proche du Parc de Bercy ;
- l’inscription de ce territoire dans son histoire et la conception d’un quartier durable et résilient.
La Métropole du Grand Paris met à disposition des communes toute son expertise en respectant les aspects programmatiques choisis. Elle y apporte son soutien afin d’accélérer le rééquilibrage entre les territoires qui la composent et afin d’améliorer le cadre de vie de ses habitants.
A la vue de tous ces éléments et des caractéristiques de ce territoire, Monsieur le Premier adjoint, Cher Emmanuel, je vous propose solennellement que la Ville de Paris demande à la Métropole du Grand Paris la reconnaissance d’intérêt métropolitain pour la Zac de Bercy-Charenton.
Je vous remercie de l’attention que vous porterez à cette demande et vous prie d’agréer, Monsieur Grégoire, l’expression de mes sentiments les meilleurs.
Valérie MONTANDON
par vm2017 | Juil 7, 2022 | Conseil de Paris Urbanisme, urbanisme
Mobilité : Périphérique, la fable du boulevard urbain
Les propositions radicales d’Anne Hidalgo et de David Belliard qui visent la transformation du périphérique en un boulevard urbain, sont toutes déconnectées des réalités socio-économiques de Paris, de l’Ile-de-France et des besoins des Parisiens et Franciliens.
Dans la réalité, ce sont les permis de construire qui fleurissent sur les talus du périphérique et non les arbres comme le déclare la majorité.
Je suis intervenue pour formuler des propositions concrètes – notamment un calendrier cohérent – pour améliorer la vie des habitants et des usagers et pour demander que tous les acteurs, notamment État, Région et Métropole, soient associés.
Retrouvez mes interventions en séances du Conseil de Paris:

Mes chers collègues,
l’exercice est assez périlleux pour l’Exécutif, parce qu’il s’agit de faire croire que vous allez verdir un territoire, alors que vous avez souvent tendance à le rendre plus gris. La réalité actuelle sur le périphérique, c’est que, pour l’instant, sur les talus, ce sont les permis de construire qui fleurissent plutôt que les arbres. Aujourd’hui, les espaces verts sur le bord du périphérique représentent 11 % de la surface totale des espaces verts parisiens. Nous sommes entièrement d’accord sur le fait qu’il faille les revaloriser, les pérenniser, notamment afin de créer une véritable trame de biodiversité.
C’est dans le cadre du P.L.U. bioclimatique que, j’espère, vous vous engagerez à corriger toutes les erreurs du P.L.U. 2016 qui ont permis, justement, tous les permis de construire et les constructions aux abords et sur les bretelles du périphérique. Mais, pour l’instant, ce sont les constructions que vous avez choisies.
Tout dépend de la possibilité et de la volonté de la Ville de bien vouloir changer son braquet. Pourrez-vous le faire en raison des finances de la Ville ? C’est une question que je pose : est-ce que la Ville sera prête à faire table rase de toutes les mannes financières que représentent les abords du périphérique pour essayer de développer les trames vertes auxquelles elle aspire dans cette communication ?
Pour l’instant, il est assez cocasse de voir le vœu des verts demandant un moratoire, parce que, pour un moratoire, déjà, c’est très excessif, cela met de côté toutes les possibilités d’équipements publics. Je pense à la création d’un gymnase pont entre le 12e arrondissement et Saint-Mandé, qui est pour nous un équipement utile et va être abandonné pour des raisons financières. Mais, vous voyez, votre moratoire est trop excessif. Et surtout, je trouve cela assez cocasse que vous parliez de moratoire quand vous êtes en train de co-construire sur Bercy-Charenton un projet où se profilent des constructions tout le long du périphérique ainsi que de l’échangeur.
Il y a un vœu de l’Exécutif pour lequel nous allons souscrire parce qu’il est beaucoup plus mesuré, parce qu’il demande qu’il y ait des études au cas par cas, éventuellement aussi actionner le sursis à statuer selon les cas de figure. Mais, là encore, même si nous allons voter favorablement ce vœu, nous ne demandons qu’à y croire. Quand on voit simplement la tour Triangle, on peut avoir des doutes.
Madame la Maire, Paris n’est pas une île. Notre périphérique n’est pas la barrière de corail. Je vous ai entendu tout à l’heure très attentionnée sur votre volonté d’ouverture avec les différents acteurs, notamment la Région et la Métropole. Mais, permettez-moi quand même de douter parfois de cette volonté. Je vais prendre un exemple très factuel. Lors de la mandature précédente, la Région Ile-de-France a lancé un plan anti-bouchons, acte 1 et acte 2. Elle a mobilisé plus de 140 millions d’euros pour toute l’Ile-de-France, pour essayer de réguler des points noirs. Cet argent, ces 140 millions d’euros, était mobilisable aussi bien pour des revêtements antibruit que pour améliorer l’insonorisation du périphérique.
J’avais déposé un vœu en juin 2019, qui demandait non seulement de solliciter ces fonds pour pouvoir expérimenter un axe à ultra-basses émissions sur les quais de Bercy, mais aussi pour expérimenter des véhicules propres et autonomes sur le périphérique. Vous avez bien sûr refusé ce vœu, mais vous n’avez jamais mobilisé les fonds régionaux qui allaient dans le sens de ce que vous prônez aujourd’hui.
Donc, voilà, encore des doutes qui s’installent en nous. Mais, bien sûr, vous ne pourrez pas vous priver d’un débat métropolitain et régional afin d’avoir une véritable réflexion sur le périphérique et aussi sur les autoroutes qui s’y déversent, parce que, là encore, c’est un véritable sujet que vous ne prenez pas à bras-le-corps.
Enfin, un débat métropolitain également afin d’avoir un plan de financement avec l’Etat, avec des fonds structurels européens, que vous devez mobiliser pour de telles envergures, pour de telles modifications, notamment sur les couvertures, sur les portes de Paris, que nous appelons aussi de nos vœux. Un travail sur lequel nous sommes prêts à travailler avec vous. Oui, au devenir du périphérique. Mais à condition que cette communication ne soit pas simplement un affichage qui permettrait d’obtenir l’absolution des Parisiens face à tout ce que vous êtes en train de faire aujourd’hui. Quoi qu’il en soit, je leur fais confiance parce qu’ils ne sont pas dupes et parce que, tout simplement, ils ont des yeux pour voir.